de  Mix Jagger  |   Ajouter en tant que source préférée sur Google   | 5,0 / 5,0 |  Temps de lecture: 13 min
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Aujourd’hui, nous continuons notre série d’articles consacrée aux techniques de DJing en parcourant et en détaillant ensemble trois nouvelles méthodes dédiées aux enchaînements et aux transitions : le Foreshadowing, le Motor Stop et le Backspin. C’est parti !

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Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 3 / vignette

Introduction

Au cours de nos articles précédents, nous nous sommes concentrés sur la maîtrise du fondu enchaîné, de l’égalisation des basses fréquences, de l’utilisation du filtrage créatif et des effets temporels, tels que le délai et la réverb. D’ailleurs, avant de commencer, et si ce n’est pas déjà fait, prends le temps de lire ou de relire :

Pour ce nouvel épisode, nous analyserons dans les moindres détails trois nouvelles techniques d’enchaînement et de transition beaucoup plus virtuoses et spectaculaires. Nous commencerons par la technique du Foreshadowing, puis nous enchaînerons avec un classique parmi les classiques, à savoir le légendaire Motor-Stop. Enfin, nous terminerons par le passage obligé de tout DJ set, le fameux Backspin. Alors, accroche ta ceinture, branche tes platines (où ton contrôleur) et dégaine tes meilleurs morceaux, on y va !

Foreshadowing

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Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 3 / Foreshadowing

Le concept de Foreshadowing (ou effet d’annonce, dans la langue de Molière) puise son origine dans la littérature et le cinéma. C’est un procédé narratif grâce auquel un auteur suggère de manière très discrète ce qui va arriver dans son récit, à travers des détails en apparence anodins, qui se transformeront en véritables clefs de résolution et de compréhension de l’intrigue lors de l’épilogue final d’un roman, d’un manga ou d’un film.

En ce qui concerne le DJing, pour réussir une transition de type Foreshadowing, tout reposera sur ton habileté technique derrière la table de mixage, mais aussi sur ta parfaite connaissance de ta playlist et des attentes précises du public. Pour résumer, le Foreshadowing consiste tout simplement à annoncer le morceau suivant en insérant un bref échantillon de ce dernier dans le morceau en cours : un Hook vocal connu de tous·tes, une Top Line mélodique imparable, une partie rythmique mémorable, etc. 

Autrement dit, il s’agit de glisser un indice sonore du titre à venir bien avant d’effectuer la transition réelle. L’objectif assumé est de créer une tension et d’exciter le public qui va reconnaître (ou deviner) ce qui l’attend par la suite, alors que le morceau en cours tourne encore à plein régime. En ce qui concerne la sélection de l’échantillon, tout est possible et dépendra de la direction artistique que tu souhaites insuffler à ton DJ set. Mais une chose est sûre, plus l’échantillon que tu choisiras sera connu du public, plus l’effet sera efficace. Alors, n’hésite pas à faire appel à de véritables classiques pour satisfaire les oreilles de la foule.

Tes outils de prédilection pour réussir cette transition seront les curseurs linéaires et/ou le crossfader. Prends le temps de travailler et d’affiner ton geste en studio et de t’habituer à effectuer des Cuts quasi instantanés, afin qu’ils deviennent un réflexe inné et que tu parviennes à placer des passages du morceau suivant avec une précision chirurgicale, sans aucune hésitation. Cette méthode est fréquemment employée dans les sets electro, hip-hop et r’n’b, mais pourra convenir dans n’importe quel style musical. C’est aussi un excellent outil pour assurer un enchaînement entre deux morceaux qui ne s’associent pas facilement et qu’il serait trop difficile de superposer ensemble pendant plusieurs mesures.

Motor Stop

Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 3 / Motor Stop

La technique du Motor Stop est bien connue des DJs du monde entier, c’est probablement l’une des méthodes de transition les plus brutales qui soient, mais aussi une des plus efficaces. Le concept est enfantin, il s’agit tout simplement de couper le moteur de la platine ou du contrôleur, de laisser le titre en cours ralentir et s’arrêter complètement, puis de lancer le titre suivant. Ni plus, ni moins.

Cependant, pour affiner ce type de transition et proposer une prestation originale, de nombreuses subtilités existent. Tout d’abord, pour exécu­ter un Motor Stop de la meilleure manière, il ne suffit pas toujours d’ap­puyer bêtement sur le bouton Stop. Et pour cause, toute la musicalité de l’ef­fet réside dans la parfaite gestion de la courbe de décé­lé­ra­tion et du timing de l’arrêt du moteur. Pour faire simple, on recense trois types de Motor Stop différents.

Standard Stop

Sur une platine vinyle ou un contrô­leur doté d’un réglage dédié à la décélération du moteur, il suffit d’ap­puyer sur le bouton Stop pour lais­ser la lecture s’ar­rê­ter. Or, avec une courbe de décélération très rapide, le son s’ar­rête en un quart de seconde, mais avec une courbe de décélération très lente, la tona­lité du morceau en cours va descendre progressivement pendant deux à quatre secondes (en fonction du modèle), créant ainsi un effet sonore encore plus marquant. Il t’appartient de choisir la vitesse avec laquelle tu souhaites réaliser cette transition, et même si sur certains contrôleurs, tu pourras modifier ce réglage à la volée plusieurs fois pendant le set, nous te conseillons de choisir un temps de décélération qui correspond tout simplement à une division rythmique du tempo général de ton mix (une ronde, une blanche, une noire, etc.).

Power Down

Ce type de Motor Stop est strictement réservé aux DJs qui mixent sur platines vinyles. Dans ce cas précis, au lieu d’ap­puyer sur le bouton Start/Stop, on tourne le commu­ta­teur de mise sous tension (On/Off) pour couper l’ali­men­ta­tion du moteur. Ainsi, le plateau n’est plus entraîné, mais il n’est pas non plus freiné brusquement par le système élec­tro­nique. Il s’ar­rête de lui-même, par simple iner­tie. Parmi les trois types de Motor Stop, c’est celui qui dure le plus longtemps et qui sonne de la manière la plus natu­relle possible. Néanmoins, il faudra veiller à ne pas oublier de rallu­mer la platine avant de lancer les morceaux suivants, sous peine de casser le rythme du set.

Manual Stop

Pour réaliser ce dernier type de Motor Stop, il suffit d’exercer une pres­sion graduelle sur le rebord ou le centre du plateau, avec le bout des doigts ou la paume de la main. Cette manière de faire te permet­tra de contrô­ler la vitesse de descente de la tona­lité avec beau­coup plus de préci­sion qu’un arrêt auto­ma­tique (et tu n’auras qu’à relâcher le vinyle ou le plateau du contrôleur pour qu’il reparte de plus belle si tu le désires). Attention tout de même, en fonction des platines, du couple moteur et du type d’entraînement dont elles disposent, tu auras peut-être besoin de légèrement relancer le disque avec ta main, dans le sens de lecture, pour obtenir un départ propre qui colle parfaitement au tempo et à la tonalité du set en cours. Mais ne t’inquiète pas, la plupart du temps, tu n’auras qu’à envoyer le morceau suivant en te concentrant uniquement sur la seconde platine.

En parlant du type d’entrainement et de couple moteur, terminons en précisant qu’il te faudra également songer à configurer tes platines (ou ton contrôleur) pour atteindre un résultat optimal. Sur les platines traditionnelles, on retrouve fréquemment un potentiomètre ou une commande dédiée nommée Brake (souvent en interne, ou dissimulée sous le plateau), tandis que sur les contrôleurs ou applications, on accèdera plutôt à une option généralement intitulée Vinyl Speed Adjust. L’autre facteur à prendre en compte, c’est bien évidemment le couple moteur (Torque, dans la langue de Shakespeare). Certains modèles t’offriront la possibilité de le régler à ta guise, mais en règle générale, on retien­dra que les platines à couple élevé arrêtent le plateau bruta­le­ment, et peuvent même provoquer un léger retour en arrière, alors que sur les platines à couple plus faible, le plateau ralen­tira plus progres­si­ve­ment.

Cepen­dant, dans la plupart des cas, les réglages à dispo­si­tion (les fameux poten­tio­mètres ou boutons Brake) te permet­tront d’at­teindre le résul­tat voulu, peu importe le couple moteur du modèle en ques­tion. Enfin, dernier point à prendre en compte : certains modèles plus anciens, dotés d’un frein réglable, influen­ce­ront égale­ment le temps de démar­rage. Dans le cadre d’une transition, ce n’est pas très important, car tu enchaîneras presque toujours avec un morceau lu sur une autre platine. Mais malgré tout, il faudra rester très vigilant·e, car un frei­nage plus lent impliquera inévi­ta­ble­ment un redé­mar­rage plus lent lui aussi, ce qui risquerait encore une fois d’altérer le tempo et la tonalité du set par la suite, si tu n’y prends pas garde.

Backspin

Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 3 / Backspin

Dernière technique de transition du jour, le Backspin consiste à envoyer brutalement le disque en cours de lecture dans le sens inverse. Il en résulte une sonorité brutale et presque cacophonique : un peu comme si on relisait tout le morceau à l’envers en quelques secondes. Mais même si cette approche paraît très basique, il y a tout de même de nombreux détails à connaître qui te permettront d’exécuter tes Backspins avec brio.

Si tu mixes sur un contrôleur numérique, rien de plus facile, il te suffira de t’entraîner à effectuer un lancement inverse régulier, et en fonction du logiciel ou du firmware utilisé, tu pourras aussi sans doute paramétrer la lecture inversée avec beaucoup de liberté. Mais si tu mixes avec un système de vinyle numérique (de type DVS) ou des platines traditionnelles, un bon Backspin dépendra en priorité de l’aptitude de la feutrine (Slipmat) et du disque à tourner indépendamment l’une de l’autre, avec le moins de résistance possible. La feutrine devra donc être la plus lisse possible au verso, afin de supporter la friction inversée sans la moindre accroche. Pour y parvenir, de nombreux DJs insèrent un feuillet en plastique entre la feutrine et le disque : la fameuse Slipsheet.

Ensuite, tout sera une question de feeling et d’exécution, mais une chose est sûre : il faudra prendre le temps de pratiquer et s’exercer à donner une impulsion ferme et régulière pour lancer la rotation inversée. Garde aussi à l’esprit qu’un Backspin trop brutal peut aisément faire sauter le diamant hors du sillon. Il sera donc primordial de véri­fier la force d’ap­pui de la cellule et de bien doser l’an­ti­ska­ting pour te sentir en confiance pendant ta prestation.

Pour réussir un Backspin de haut vol, nous te suggérons de positionner ta main à midi par rapport au macaron (Label) du vinyle. Ensuite, deux options s’offriront à toi : d’une part, tu pourras choisir de relâcher le disque après un demi-tour complet afin que le vinyle tourne tout seul plusieurs fois autour de l’axe, d’autre part, tu pourras aussi choisir de laisser ta main en contact avec le disque jusqu’à la fin de la rotation inversée, afin de garder un contrôle total sur le mouvement effectué.

Naturellement, c’est une ques­tion de préfé­rence personnelle, mais nous te conseillons plutôt de favoriser la seconde méthode, car elle te permettra de mieux contrôler la vitesse du Backs­pin tout au long du mouvement, et donc de garder la main (sans mauvais jeu de mots) sur la tona­lité géné­rée. Et pour cause : plus le disque tournera rapidement, plus le rendu sonore sera aigu, avec le risque de produire une sonorité désagréable pour les oreilles du public. L’autre atout majeur de cette approche, c’est qu’en gardant la main sur le disque, tu pourras déterminer la durée du Backs­pin avec une précision quasi militaire, ce qui te permet­tra de l’al­lon­ger à volonté ou de le stop­per net si tu le souhaites. Tandis que l’effet produit par un Backs­pin basique (sans lais­ser la main sur le vinyle) sera esclave de l’iner­tie du disque, du couple moteur de la platine et du glis­se­ment de la feutrine, et ne durera pas plus d’une demi-mesure à une mesure entière dans l’écrasante majorité des cas.

Mais avant de terminer, une dernière question subsiste : au cours d’un set, quel est le meilleur moment pour envoyer un Backs­pin ? Il n’y a pas de réponse absolue, certains DJs s’en servent à outrance, sans prévenir, et notamment pour relancer un morceau très apprécié du public (le fameux Pull-Up), d’autres au contraire, utilisent exactement la même approche que pour effectuer un Motor Stop en se concentrant sur les dernières mesures d’un titre, juste avant d’envoyer le morceau suivant.

Mais en règle générale, un Backspin sonnera mieux avec des parties ryth­miques puissantes plutôt que sur des passages a cappella ou purement mélodiques. Car pour que l’effet soit réussi, et délivre l’impact tant attendu, tu remarqueras que les transitoires percussifs inversés (grosse caisse à l’envers, caisse claire à l’envers, etc.) produiront l’effet sonore le plus spectaculaire d’entres tous.

Conclusion

Nous espérons que cet article t’a plu et qu’il t’a permis de progresser encore un peu plus dans ta pratique du DJing. Lors de nos prochains épisodes, nous mettrons tout ce que nous avons appris jusqu’ici à profit pour créer un nouveau morceau en direct (ou en studio) à partir de titres existants en nous intéressant de très près aux différentes méthodes de production musicale liées au DJing : Remixes, Bootlegs, Mashups, etc. 

Puis, nous prendrons le temps de partager avec toi nos différentes sélections concernant les meilleures options de matériel disponibles sur le marché actuel (platines, contrôleurs, tables de mixage, logiciels, applications, etc.). Au final, la discipline du DJing n’aura plus aucun secret pour toi.

D’ici là, n’hésite pas à lire ou à relire notre série d’articles consacrée à cette merveilleuse discipline :

Et surtout, prends le temps de partager ton point de vue, ton expérience et tes questions avec la communauté gearnews.fr dans les commentaires. Nous serons toujours ravi·es d’y répondre et d’échanger avec toi.

La suite au prochain épisode !

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