de  Nico Degoube  |   Ajouter en tant que source préférée sur Google   |  Temps de lecture: 9 min
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Aujourd’hui, on s’intéresse au Memory V d’Arturia, une émulation du mythique Moog Memorymoog, enrichie de fonctionnalités pensées pour les producteur·rices actuel·les. Fidèle à la philosophie du constructeur grenoblois, ce plugin ne se contente pas de reproduire un instrument légendaire : il le réinterprète pour l’intégrer pleinement dans un environnement de production moderne.

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Disponible au prix de 149€ sur le site du constructeur.

Interface du Memory V

Introduction

En 1982, Moog sortait le légendaire Memorymoog, son premier synthé analogique polyphonique doté de voice cards dédiées, chacune contenant des oscillateurs, des filtres, des VCA et des enveloppes. Il est souvent décrit comme six Minimoogs en une seule machine, ce qui résume assez bien son approche sonore : massive, riche et très organique.

Pour se procurer ce fameux synthé aujourd’hui, il faut débourser environ 10 000 €. C’est une sacrée somme, par les temps qui courent… Pour les petits portes-monnaie donc, on va plutôt se diriger vers les émulations, qui sont assez rares, je dois l’admettre ! Ça m’a assez surpris, connaissant la notoriété du Memorymoog et de la marque Moog de manière générale. Arturia est seulement le troisième a avoir sorti une émulation de celui-ci, ce qui en fait une proposition d’autant plus intéressante dans le paysage actuel des plugins.

memorymoog
Le Memorymoog, une belle bête!

Le Memory V et ses particularités

Pour revenir donc au sujet de ce test, le Memory V est une émulation du Moog Memorymoog premier du nom, avec l’ensemble des fonctionnalités d’origine, mais aussi avec les quelques artifices ajoutés par Arturia. L’objectif est clairement double : conserver l’ADN sonore tout en ouvrant de nouvelles possibilités créatives.

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Visuellement déjà, l’interface du plugin est très similaire à la machine originale, mais avec une « lisibilité moderne » qui facilite vraiment la prise en main. Au centre, tu pourras retrouver trois oscillateurs, chacun proposant un « pulse width », avec des waveshapes en dents de scie, en triangulaire, ou une combinaison des deux formes d’onde. L’oscillateur 3 peut servir aussi de modulateur dans la section modulation. Idéal pour la modulation de fréquence, mais aussi pour des textures plus instables et vivantes.

Le bouton Sync te permettra, comme son nom l’indique, de synchroniser les oscillateurs 1 et 3. Ce type de synchronisation est particulièrement utile pour obtenir des sons plus agressifs et riches en harmoniques, très utilisés dans les leads électroniques.

Un noise est également disponible dans la partie mixer des oscillateurs. Un unison avec detune est aussi présent dans la petite partie « scope » sur la gauche du plugin, ce qui permet d’épaissir rapidement le son sans effort particulier.

Filtres et modulations

Comme souvent chez Moog, le filtre est plutôt classique mais terriblement efficace. Le petit atout appréciable est la possibilité de basculer entre le gain d’origine (24 dB) et le mode 12 dB. Ceci te permettra d’obtenir une plus grande variété de sonorités, même sans changer radicalement la structure du son. Le 24 dB reste très typé Moog, avec une réponse bien ronde et chaleureuse, tandis que le 12 dB ouvre davantage le spectre.

Tu pourras retrouver également une compensation des basses commutable, qui corrige la faiblesse du filtre en échelle avec ses hautes fréquences de résonance. C’est un détail, mais en pratique ça change vraiment la tenue des basses quand on pousse la résonance.

Dans cette section filtre, il y a également deux enveloppes ADSR, une pour le filtre et une pour le VCA, avec une réponse assez précise et réactive pour du jeu expressif.

Jusque-là, on reste fidèle à l’original, mais Arturia y a ajouté des fonctionnalités intéressantes, comme le retrait, la gestion complète de l’attaque, le suivi des touches et la durée de l’enveloppe de vélocité. Cette dernière te permet notamment d’adapter la dynamique du son en fonction de ton jeu, ce qui rend le synthé beaucoup plus vivant.

Sur la gauche des oscillateurs se trouve aussi la partie LFO, t’offrant de multiples formes d’ondes, assignables au pitch, au filtre, au volume et au pan des oscillateurs. Un avantage indéniable pour le sound design et la flexibilité de création de tes sons, surtout si tu aimes les modulations lentes et évolutives.

D’autant plus que la partie Voice modulation assurée par l’oscillateur 3 est routable vers les mêmes destinations que le LFO global. Ce qui te permettra de moduler cet oscillateur avec l’enveloppe du filtre et obtenir des effets de modulations plus complexes et plus organiques.

Le panneau Voice comprend également des commandes de volume, de pan et de saturation, ainsi que des réglages globaux comme le glide, la vélocité, le detune, etc. L’incontournable bouton « vintage » en fait évidemment partie et joue un rôle clé dans la sensation analogique globale.

Jusqu’ici, le Memory V reste fidèle à ses origines, mais les fonctionnalités ajoutées par Arturia te permettront clairement d’aller plus loin dans l’expressivité et l’exploration sonore.

Les fonctionnalités avancées

Si tu utilises les plugins Arturia depuis un certain temps, tu connais sûrement le mode avancé par cœur ! Pour le petit récap, il comprend un multi-arp, un multi-effets, une modulation multi-mode avec trois emplacements, des modulations clavier comme le MPE, la vélocité ou l’aftertouch, et quatre macros assignables.

Le multi-arp est une fonctionnalité qui te permet de superposer jusqu’à quatre arpégiateurs pour générer des mélodies hyper évolutives. La possibilité de régler indépendamment le mode, le rythme et la durée de chaque arpégiateur est un réel point fort, surtout pour créer des patterns complexes sans passer par un séquenceur externe.

Sur la partie suivante, tu découvriras le multi-effets doté de quatre emplacements configurables. Il propose 18 algorithmes des effets les plus réputés d’Arturia. Même si ça reste un bonus, pour ma part j’ai tendance à les laisser de côté : je trouve que ça noie un peu mes sons. Je préfère les traiter en parallèle, surtout si je possède les plugins d’effets en version unique… Mais bon, fermons la parenthèse.

Le côté sympa tout de même, c’est de pouvoir justement les activer ou les désactiver d’un simple clic. Il est aussi possible de moduler facilement leurs paramètres, ce qui les rend beaucoup plus dynamiques et flexibles à utiliser. Selon moi, c’est plus un avantage qu’un défaut : les goûts et les couleurs.

Les modulations du panneau avancé

Pour revenir à nos modulations, le panneau avancé du Memory V offre également une section dédiée avec trois emplacements pouvant être une enveloppe ADSR classique avec diverses options de déclenchement, un générateur de fonctions complexes, un voice modulator, un séquenceur ou encore un générateur aléatoire.

Tu l’auras compris, le choix est large et te permettra de peaufiner encore plus les sonorités contenues dans le synthé ! Pour des applications plus classiques, tu pourras utiliser l’enveloppe ou le générateur de fonctions.

Le voice modulator est plutôt sympa et recommandé pour imiter le comportement des synthèses vintage, et donc se rapprocher de notre fameux Memorymoog. Certes, ça a tendance à modifier les fonctionnalités de l’original, mais ça enrichit considérablement les possibilités de création sonore, et pour ça, c’est un grand OUI.

La banque de sons

Il va de soi qu’Arturia livre avec le Memory V une banque de sons contenant pas moins de 300 presets allant des synthés vintage, des cuivres jusqu’à des basses saturées et des pads bien planants. Les sonorités sont très sympas et globalement très inspirantes. On est rarement déçu avec Arturia de ce côté-là, et j’ai comme l’impression qu’ils ont bien mis l’accent sur les sons chauds et analogiques.

Je ne peux pas me prononcer plus que ça sur la comparaison avec la machine originale, n’ayant pas la chance d’avoir ce synthé légendaire à la maison, mais l’impression générale reste très positive.

Cependant, je peux dire que le son est vraiment beau, riche et ample, avec un caractère analogique prononcé. Ça peut être à la fois doux et brutal, et la puissance des sonorités est vraiment remarquable, surtout sur les basses et les accords.

Un petit tips pour t’en rendre encore plus compte : désactive les effets des presets lors de l’écoute. Tu pourras entendre le son de l’instrument plus brut, et c’est là qu’on se rend compte que le travail d’Arturia a été vraiment bien fait, comme d’habitude.

Conclusion

Avec le Memory V, Arturia lance clairement le compte à rebours de la V Collection 12. Le premier plugin que l’on a testé aujourd’hui est tout simplement bluffant. Un son riche avec du caractère, qui nous rappelle la générosité de l’analogique. Difficile de dire s’il est identique à l’original, forcément, mais là n’est pas le but ultime non plus d’une émulation, à mon sens.

L’ajout de modulations, d’effets et de la compatibilité MPE sont des atouts majeurs qui s’intègrent avec harmonie au son du Memory V. Grâce à ces fonctionnalités, tu peux facilement aller au-delà du son vintage et explorer ta créativité avec des sonorités plus modernes et modulables.

La seule critique que je pourrais faire, déjà énoncée précédemment, est le peu de choix d’assignation du MPE, qui auraient pu être complétés avec des assignations plus originales et nombreuses.

Outre ce mini défaut, comme d’habitude, ce plugin est une réussite de la part d’Arturia, et saura combler les envies de sonorités vintage autant que celles et ceux qui préfèrent explorer des sons plus modernes et modulables à leur guise.

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