Studiologic Numa X Piano GT: un super piano de scène au toucher fabuleux pour 1700€!
Un rapport qualité prix imbattable: super toucher et super sons!
Possesseur du Studiologic SL88 MK1, un super contrôleur MIDI au convaincant toucher « lourd léger » , je cherchais un piano de scène au toucher lourd pour le remplacer et compléter mon Nord Stage 3 Compact (touché semi-lesté), mais aussi travailler ma technique tout en ayant un piano de scène transportable et avec de nombreux sons et options live (playlist, splits). Sans broncher, le Numa X Piano GT est arrivé à répondre à presque toutes ces demandes.

Gros sommaire bien dense
Un piano idéal ceux/celles qui veulent du simple qui sonne!
Niché au sein de la gamme florissante de Studiologic (une réduction du nombre de modèles et une simplification des noms ne serait d’ailleurs pas de refus, on s’y perd!), le Numa X Piano GT se pose, malgré un tarif attractif de 1799€, comme représentant du haut de gamme de la marque, aux côtés du Numa X Piano GTse (un coloris alternatif plus onéreux mais similaire sous le capot, à part la mémoire qui passe de 2 à 4GB sur la version GTse).
Cela reste un budget mais chez la concurrence, on peut monter jusqu’à 3700€ ou plus avec le Nord Grand 2. La différence de prix plus de 100% est-elle vraiment justifiée au niveau du son, de la construction et des features?

Si tu n’as pas le temps de lire tout l’article, voici un rapide tour du propriétaire du Numa X Piano GT:
- Ergonomie géniale simplifiée et basée autour de quatre zones de split indépendantes, d’un code couleur efficace et de playlists de concert
- Haute qualité de construction made in Italy en métal/bois pour le châssis
- 88 touches pondérées à toucher lourd de haute volée (TP/400 de Fatar)
- 200 sons basés sur de la modélisation maison (pianos et e-pianos) et du sample (synthés, orchestre…)
- FX dédiés (deux effets masters et deux effets applicables aux zones de splits)
- Connectique classique mais complète: sortie stéréo, casques, MIDI IN/OUT, trois entrées pédales…
- Interface audio autonome avec quatre entrées jack
- Triple pédalier inclus
- Poids un peu imposant de 22kg
Le toucher est juste exceptionnel et doit pour moi être mentionné dès le départ, tant il est au coeur de l’expérience. Il t’invite à travailler ta technique et tes morceaux avec dynamique avec bienveillance. J’étais avant sur un SL88 Mk1 à 250€ et c’est le jour et la nuit. Je me suis replongé dans la technique jazz et prends énormément de plaisir à travailler plus en profondeur des pianos-voix, car les nuances sont folles. Et le toucher n’est pas du tout fatigant, malgré sa qualité.
Maintenant qu’on sait grosso modo à qui on a à faire, rentrons dans le détail du Numa X Piano GT.
Moteur sonore et toucher: une symbiose absolument parfaite
Un superbe toucher, à comparer avec la concurrence?
Ah, que les marques aiment le marketing! Le toucher du Numa X Piano GT est présenté comme « Grand Touch Superior Keyboard ». Wow, amazing! Cela explique donc le nom de GT, qui n’a rien à voir avec les Grand Tours automobiles mais veut dire « Grand Touch » ou toucher de piano de concert ou à queue.
Il est basé sur le modèle TP/400 de Fatar, en bois pour les touches blanches et en matière synthétique pour les touches noires. Le toucher est lesté et pondéré, ce qui signifie que les touches graves/basses offrent plus de résistance que les touches aiguës. C’est très agréable au ressenti car le clavier répond plus naturellement à la manière différenciée que nous avons d’attaquer les graves et les aigus. Un régal pour les arpèges!

Par contre… même si l’aftertouch est présent sur le piano, il ne semble pas trop utilisé dans les présets. Il est disponible en MIDI pour du contrôle externe de logiciel ou hardware. Mais bon, si la feature n’a pas été développée pour interagir avec le moteur interne, c’est peut-être par manque de sens: l’aftertouch a en effet tendance à perturber le jeu sur toucher lourd, à mes yeux. D’autant que sur mes Nord avec aftertouch, activer le son enfoncement avec un toucher dur était laborieux et finalement assez dangereux car il fallait pas mal forcer avec les doigts, au risque de se blesser!
Mais peu importe, car j’ai trouvé le toucher largement meilleur que les pianos de scène et contrôleur MIDI que j’ai pu tester jusque-là:
- J’ai possédé un M-Audio Hammer 88 et un Arturia KeyLab 88 mk2 qui avaient des touchers très lourds: intéressants au quotidien avec une belle réserve de dynamique mais finalement trop fatigants pour beaucoup de tâches. En plus de peser dix tonnes, ils étaient également peu pratiques lorsqu’une personne peu habituée à les jouer les utilisait. En effet, il faut plusieurs mois de pratique sur ces touchers rigides pour jouer « normalement » et en tirer pleinement partie.
- Côté Nord, je n’ai pas encore testé la génération Stage 4 mais le toucher du Numa X Piano GT est largement meilleur que ceux des Stage 3 HP76 et 88, que je trouvais trop mous et imprévisibles pour les passages rapides.
- Chez Studiologic, j’avais testé le SL88 première génération, que je n’ai subjectivement jamais grandement apprécié. C’est un excellent entrée de gamme portable, mais on se retrouve vite bloqué dans notre progression car le toucher est assez léger et manque de nuance par rapport à des touchers plus hauts de gamme. Super pour débuter, avoir une configuration « portable » ou pour un second piano, mais je ne le prendrais pas en machine principale pour un·e pianiste confirmé.
Sur Internet, le toucher du Numa X Piano GT semble encensé même si certain·es pianistes pros semblent préférer des références éprouvées comme le P-525 de Yamaha. Celui-ci semble avoir un toucher encore plus exceptionnel et j’ai hâte de faire la comparaison moi-même.
Ce que je peux t’assurer dans tous les cas, c’est que même si tu es très exigeant·e, le toucher du Numa X Piano GT sera à la hauteur, peu importe ton niveau et ton style. Il est à la fois très facile à jouer (pour un toucher pondéré) mais offre une énorme réserve de dynamique, tout en étant très réactif. Tu ne peux pas te tromper avec ce piano de scène!
Des modélisations au sommet, surtout sur les pianos acoustiques et électriques
Désolé, le passage sur le toucher était un peu long. Mais c’est quand même le coeur d’un piano de scène non? Et c’est qui te connecte au moteur sonore, non?
Parlons-en tiens, de ce fameux moteur, ou plutôt de ces moteurs. Basé sur de la modélisation, qui fait fi des samples et réplique le son de divers pianos… mais aussi toutes les résonances et interactions entre les différentes cordes, les étouffoirs. Le son d’un piano (et de tout instrument acoustique d’ailleurs) est régi par de très nombreuses variables, que la modélisation tente de restituer pour une expérience plus authentique que via le sampling. Le vrai plus, c’est qu’avec la modélisation, tu peux ajuster le degré de résonances et la manière dont réagit le piano en temps réel.

La modélisation est une épée à double-tranchant: bien exécutée (spoiler: c’est le cas sur le Numa X Piano GT, ouf!), elle te connecte à l’instrument comme ja-ja. Mal exécutée, elle peut sonner fin et paradoxalement ne pas répondre comme un vrai piano. J’ai malheureusement eu ce problème avec Piano V d’Arturia, ce qui m’a empêché d’utiliser le plugin, malgré toutes ces autres qualités.
Mais sur le Numa X Piano GT, les sons de piano (à queue, droit,…) sont excellents et très naturels. J’ai quand même noté quelques différences de qualité dans l’émulation selon les modèles, mais dans l’ensemble le résultat est solide et répond très bien à la dynamique de jeu.
Tu trouveras dix pianos à queue, trois pianos droits et trois pianos à queue électrique (j’adore leur son très années 1980). Pour ces modèles, tu pourras ajuster quatre paramètres: le timbre (plus ou moins d’aigus), les résonances entre cordes, les résonances sympathiques et le staccato. Même « au minimum » ou « à fond », ces quatre paramètres sonnent toujours très naturels. Bravo, la modélisation!
Côté piano électrique, on est aussi gâté, avec un deuxième moteur de modélisation dédié. Nous avons à disposition cinq Rhodes (dont un avec drive intégrée qui grooooogne bien), quatre Wurly, deux Pianet et plus original neuf « sortes de pianos électriques » basés sur de la FM. Tu as également quatre paramètres modifiables: pré-gain, post-gain, la vibration de la tine, et le décalage entre le micro et la tine, qui va changer le timbre selon sa distance.
Des sons additionnels classiques et efficaces
Côté claviers samplés, on trouve de tout: clavinets, clavinets version DX7, Harpsichords, Solina, Mellotron(s)… C’est très éclectique, de plutôt bonne facture et cela couvrira la plupart de tes besoins en live.
Pour tous ces sons, encore quatre petits paramètres à disposition: fréquence de coupure du filtre, résonance, attaque de volume et release du volume. Contrairement aux pianos et e-pianos, le manque de paramètres commence ici à plus se faire sentir, on n’a même pas une ADSR complète. Mais bon, les sons ont le mérite d’être là et d’être bien échantillonnés.
Côté basses et guitares, plus de trente références qui couvrent de nombreux styles et variations de jeu (mediator, slap, doigt, vintage, moderne,…). Ça n’aura jamais l’expressivité des vrais instruments, mais encore une fois les samples sont de bonne qualité, même si le fait de ne rien pouvoir sculpter en profondeur est un poil frustrant.
Mention spéciale pour les orgues, au nombre d’environ vingt-cinq (jazz, rock, pop, Farfisa, synthétisés,…). S’ils n’ont pas les nuances qu’une partie de la concurrence (les moteurs de Nord par exemple), vu qu’ils sont samplés, ils ont quand même un super timbre. D’autant plus qu’on peut leur affecter une pédale de rotary speaker. Après, vu le clavier, qui n’est pas du tout un clavier d’orgue, ainsi que l’absence de tirettes, il faut considérer cette section comme un « bonus de qualité », pas plus. Studiologic ont quand même fait l’effort de faire plusieurs présets qui correspondent à divers réglages de tirettes.
Les vingt synthés, eux, sonnent bien mais restent un peu décevants. On trouve des leads, pads, brass ainsi que tous les classiques attendus avec en prime quelques formes d’ondes pures. Rien de bien transcendant et de toute façon, vu que c’est samplé, on ne pourra pas vraiment ajuster au besoin.
Quant aux instruments orchestraux et « divers », ont de tout: batterie, timbales, cordes, cuivres, accordéon, steel drums. Ils ont le mérite d’être là, la qualité de sample est bonne et cela peut dépanner selon le contexte.
Quid des changements de présets: fluides ou pas?
Un point très important pour les joueur·ses en live: peut-on changer les présets sans latence/clic, voire même obtenir une transition fluide à la Nord, où le son précédent meurt naturellement?
Pour les changements de présets, heureusement pas de clic ou d’arrêt brusque avec latence comme sur Analog Lab (software) ou l’AstroLab d’Arturia (hardware). Le changement se fait rapidement et l’arrêt est clean. Malheureusement, la transition n’est pas aussi fluide que sur un Nord, l’arrêt du préset précédent reste net et la coupure sonore avant de rejouer une note sera audible.
Des effets simples mais qui sonnent
Côté FX, on est bien servi! Il y a huits effets insert à distribuer sur deux slots, que tu peux distribuer comme tu le souhaites sur les quatre zones de split du Nam X Piano GT. Génial et bien plus fluide que la concurrence!
La qualité sonore est globalement excellente et est basée sur une echnologie propriétaire « modélisée sur du hardware ». Pas plus de détails donnés par la marque, mais si ça sonne… c’est le principal. On trouve une distorsion, un overdrive, une drive vintage plus douce, une auto wah, une wha assignable à une pédale d’expression, un trémolo, un vibrato, une EQ, un compresseur et trois amplis guitare, très pratiques pour les e-pianos ou le sound design.
Chaque effet possède trois paramètres spécifiques pour ajuster son son. Un bon compromis entre adaptabilité à tes besoins et simplicité d’usage.
En effets d’envoi, uniquement applicables au master on trouve une réverb et un delay. Ils sonnent bien! On a par contre uniquement deux delays (un « normal » moderne et un ping pong stéréo). Les réverbs sont elles mieux achalandées avec diverses catégories classiques (room, hall, cathédrale, spring et plate). Il n’y a également que trois moyens de contrôle par effet. C’est un peu plus dommageable dans le cas d’effets delay/réverb que pour des inserts, car ce genre d’effet peu vite « embourber » un préset si on ne le sculpte pas comme il faut (diffusion, pré-delay, decay, EQ,…).
Construction, bundle et connectique au top
Parlons du châssis: 22kg ce n’est pas rien, et j’avoue que j’aurais préféré rester sous les 20kg pour un transport facilité. Mais, en même temps, la finition est impeccable et le Numa X Piano GT possède des composants d’excellente qualité:
- Le clavier/keybed, dont j’ai parlé plus haut.
- Le châssis en métal brossé et très rassurant.
- Les côtés renforcés en bois, de largement meilleure qualité que les finitions un peu cheap de certaines marques (Arturia par exemple).
- La connectique, bien vissée et sans aucun jeu.
Pour moi, le seul point en deçà serait du côté des potards et des joysticks. Ils sont de bonne qualité et avec un jeu minime mais sont légèrement moins « premium » que le reste du clavier. Ce n’est pas du tout un défaut ou un point faible, mais je voulais le signaler.

La connectique est elle assez riche pour un piano de scène:
- Une sortie jack stéréo (deux jacks séparés) utilisable en mono. Je n’aurais pas dit non à des sorties supplémentaires pour les différents splits/sons du piano.
- MIDI et OUT (pas de THRU)
- USB-A (on aurait bien aimé de l’USB-C)
- Trois prises pour les pédales, configurables (j’en parlerai plus loin dans le test)
- Quatre entrées jack pour l’interface audio (idem, ce sera abordé plus bas)
Le bundle fourni est quant à lui classique mais efficace:
- Le piano et son alimentation
- Une boîte de transport en carton très renforcé: je mentionne cela car si tu n’as pas de housse ou qu’un jour tu dois revendre la bête (sacrilège!), c’est très pratique d’avoir ça pour dépanner
- Bonne surprise: un triple pédalier Studiologic SLP3-D bien fini (sustain, sostenuto et una corda aux fonctionnalités ajustables) est inclus.
J’aurais adoré qu’un stand pour partitions ou iPad soit inclus mais à ce prix-là, vu la qualité de construction et de son, je comprends. D’autant que ledit stand-pupitre est disponible en accessoire aux côtés d’un support pour ordinateur et d’une housse à roulettes.
Une ergonomie presqu’imbattable
Mets des couleurs dans ta vie, 4 exactement.
Tu le sais, j’adore les couleurs vestimentaires… mais je les aime encore plus dans le domaine de la musique car elles permettent rapidement d’ordonner des outils et workflows parfois un peu complexe.
Très intelligemment, le Numa X Piano GT met la couleur au centre de l’expérience. Chaque zone de split (j’y reviens juste après, tu en as quatre dans le piano), où tu peux charger quatre instruments au total (un par zone), se voit affecter une couleur différente.
C’est très pratique car, comme tu le vois sur la photo ci-dessous, les potards et l’écran couleurs arborent les mêmes « pigments ». Touche le potard lié à une couleur sur l’écran pour ajuster la couche/le split liée à cette couleur. En jouant sur les appuis, tu pourras muter, mettre en solo, rentrer dans les paramètres (quatre par type d’instruments), ajuster le volume, etc… Simple mais très puissant.
Ce système vaut aussi aux FX, qui prennent le même code couleur et peuvent se voir affecter à des couches particulières.

Une leçon en matière de split (Nord, vous devriez lire ceci).
J’adore mon Nord Stage 3, mais je n’ai jamais aimé que les points de split soient fixes (fa ou do uniquement, distribué sur diverses octaves). Sur ce point, le Numa X Piano GT lui donne une leçon!
Mais qu’est-ce qu’un point de split au juste? C’est une fonctionnalité simple qui te permet d’avoir quatre sons indépendants joué par le Numa X Piano sur un même préset et des les distribuer sur le clavier. Il peuvent se superposer sur les 88 touches, être répartis sur différentes zones, se chevaucher sur certaines, avoir un niveau et des pans différents. Pratique pour avoir des présets fat ou accomplir deux rôles à la fois (basse + synthé lead ou autre).
Pour configurer un point de split, c’est super simple: tu vas dans le menu dédié (bouton SPLIT) et tu ajustes le point de split entre tes sons. Si tu as besoin de plus de deux sons (trois ou quatre), tu cliques sur MULTI SPLIT et tu pourras avoir quatre zones séparées avec chacune leur propre volume, pan, octave et transposition.
Un point faible quant aux produits Nord et à d’autres marques, c’est qu’il n’y a pas de leds sur le châssis pour montrer où sont les splits. Mais ce n’est pas bien grave, l’écran couleur les affiches en permanence et pour être honnête… il vaut mieux savoir où sont tes points de split en live, sans avoir à vérifier avec les yeux.
Une multiplication d’opérations aux potards parfois confusante
Comparé à d’autres pianos ou workstations plus complexes, avoir peu de potards sur le Numa X Piano GT fait vraiment du bien. On se concentre sur le jeu et on se perd moins dans les détails. Mais il est vrai qu’on n’aurait pas refusé quelques boutons dédiés en plus!
En effet, la profusion de boutons cliquables, de joysticks (qui peuvent déclencher d’autres fonctionnalités avec les axes X et Y), de boutons spécifiques aux effets surimposés à des boutons valider/refuser en plus des boutons spécifiques au mixer et à l’interface audio font qu’on se mélange parfois les pinceaux malgré la simplicité du workflow. Avoir moins de boutons ne veut pas forcément dire qu’on est plus simple à utiliser, bien au contraire!
On prend vite le pli mais c’est vrai que le choix d’ergonomie de Studiologic est un peu contestable, face à des interfaces avec plus de boutons mais qui offrent paradoxalement moins de sources d’erreurs. L’absence d’un bouton SHIFT est laissée à l’appréciation de chacun·e: ce genre de touche rajoute des features mais demande de mémoriser toutes les features secondaires. Chacun·e sa préférence!
Et sur scène, tout roule?
Le Numa X Piano GT propose un mode Favorites (sorte de Song mode), activable en cliquant sur « Favorites » à côtes des catégories de son et à droite du bouton « Soundbanks ».
Une fois dans ce mode, des playlists avec plusieurs pages (chaque page comprenant huit présets), permettent de stocker différents patches et d’y accéder rapidement via les huit boutons de catégories de son.
Dans les faits, tout fonctionne bien mais j’avoue préférer l’édition des noms de playlists et présets via le Numa Manager (application Windows/Mac), que j’ai trouvée bien plus ergonomique que via le combo boutons/joystick, qui m’a une nouvelle fois un peu perdu dans sa logique d’organisation.
Un sound design assez limité…
Peu d’édition sur la machine et pas du tout sur ordinateur
Chaque son individuel (sachant que chaque préset peut avoir quatre sons, si tu suis toujours) possède des paramètres fixés pour chaque son, et que tu peux modifier via l’encodeur de la même couleur. On peut déjà aller loin pour créer des patches complexes.
Comme détaillé plus haut, les pianos et pianos électriques possèdent quatre paramètres ajustables. Les synthés samplés, les samples orchestraux, les orgues ont eux aussi quelques paramètres modifiables.
C’est déjà bien, mais il est vrai que par rapport à mon Nord Stage 3 ou à mes plugins de choix (la Collection par hasard), je me sens un peu à l’étroit pour vraiment sculpter mon son. Je n’attendais pas une exhaustivité totale mais quelques contrôles additionnels pour tous les instruments et surtout en synthése auraient été un vrai atout pour lutter contre la concurrence et ne pas frustrer les fans de sound design.
Autre point à noter, il n’y pas non plus d’application pour triturer ton son sur ordinateur. Le Numa Manager (j’en parle plus bas), fourni avec le Numa X Piano GT, est uniquement un gestionnaire de présets.
…mais qui va à l’essentiel!
C’est sûr que face à une workstation ou à un Nord Stage, l’édition des sons du Numa X Piano GT paraît légère. Mais est-ce vraiment un défaut? Le Numa X Piano GT a fait le parti pris de proposer des sons de très grande qualité, un toucher de très grande qualité et une ergonomie permettant de rapidement agencer divers sons et effets.
Si tu veux aller vite pour tes lives ou ta composition, sans te perdre dans du sound design et que tu veux toujours avoir de super sons, le Numa X Piano GT est fait pour toi. Si par contre, tu aimes rentrer sous le capot et éditer tes sons en profondeur, ce piano de scène risque d’être un peu limité pour toi.
Réfléchis juste à tes besoins et le choix se fera naturellement.
Des fonctionnalités avancées surprenamment riches

Si tu t’aventures dans le manuel utilisateur·rice, disponible en français, tu trouveras plein de fonctionnalités avancées, si tu as des besoins spécifiques en studio ou sur scène.
Une interface audio 4 entrées: un bonus inattendu!
Alors, je sais que de plus en plus d’instruments commencent à intégrer des interfaces audio mais ça continuera de me faire plaisir, à chaque fois que c’est le cas! Quel plaisir de ne pas avoir à se trimballer une mixette ou un combo ordinateur/interface audio pour connecter du matériel.
Le Numa X Piano GT offre quatre entrées jack pour instruments ou micros dynamiques. Pas d’entrée XLR, quel dommage! Le GT étant vraiment excellent en piano-voix grâce à son toucher fabuleux, on aimerait vraiment avoir un port XLR avec des effets voix pour une version future.
L’interface offre plusieurs configurations (mono x4, stéréo x1 + mono x2, stéréo x2), une noise gate par entrée, un gain par entrée et une EQ trois bandes par entrée. Sympa et plutôt complet! Les deux effets master (réverb et delay) sont disponibles en envoi/send pour chaque piste. Cool, même si on aurait adoré que les inserts du Piano GT soient aussi de la partie.
USB audio in/out
Autre chouette point, le X Piano GT te donne la possibilité d’enregistrer le son du piano vers ton DAW en USB mais aussi de recevoir sur ton piano le son de ton ordinateur ou autre source (backing tracks). Super pratique pour encore une fois réduire le matériel sur scène.
Dommage par contre que la connectivité soit en USB-A, à l’ancienne. On aimerait que l’USB-C se standardise pour enfin avoir moins de câbles et d’adaptateurs.
Des options MIDI solides en firmware 3.0.1
Le Numa X Piano GT s’intègre bien à d’autres pièces de matos, en tant que contrôleur MIDI. Le MIDI channel du MIDI out peut être sélectionné (1 à 16). Chaque zone de split peut recevoir un canal différent.
La transposition globale et l’accordage (en Hz) sont disponibles. On peut aussi désactiver le moteur pour que le piano soit un simple contrôleur MIDI et configurer comment les PROGRAM et CONTROL CHANGES sont envoyés et reçus.
L’aftertouch peut être envoyé ou reçu, désactivé, ajusté en sensibilité mais ne possède pas sa propre courbe de réponse… on n’est pas sur un Osmose, mais c’est déjà top.
La sensibilité globale du synthé, la vélocité fixe, les bruits d’étouffoir, la fonction des pédales et joysticks sont aussi configurables. On peut vraiment tout adapter à sa sauce. Génial pour les utilisateur·rices avancés.
Chaque préset possède d’ailleurs son propre ensemble de contrôles:
- Envoi du MIDI par USB ou DIN à 5 broches
- Canal MIDI sélectionné
- Program Change et Bank MSB + LSB (ça devient technique mais ceux et celles qui ont besoin d’envoyer ou recevoir des changements de présets comprendront et seront aux anges)
De nombreuses courbes de vélocité sont disponibles même si je n’ai pas eu le besoin de les changer, vu que le piano répond déjà merveilleusement bien.
Un Numa Manager un peu sous exploité

Le Numa X Piano GT propose un utilitaire Windows/Mac pour gérer tes sons: le Numa Manager: il permet de faire des backups de tes présets, de les transférer vers un autre Numa X Piano GT, de mettre à jour ton unité, d’organiser tes favoris/playlists de concerts, et également de gérer l’espace disponible sur ton piano (2GB au total, 4GB sur l’édition limitée GTse). Tu peux aussi enlever ou rajouter des banques de sons gratuitement selon tes préférences.
L’interface est très clean et le Numa Manager est un plaisir à utiliser. On aurait donc aimé faire un peu plus avec et pourquoi pas éditer les sons du Numa X Piano GT avec. Numa Manager est donc une app compagnon très simple mais pratique et efficace à avoir.
Verdict: un piano de scène de grande qualité pour les gens qui ne veulent pas de sound design
Au prix de 1799€, je ne peux que te recommander chaudement le Numa X Piano GT de Studiologic. En alternatives, si tu recherches du « plus simple » avec un accès encore plus facilité aux sons et peu/pas d’édition, le SV-2 de Korg a un toucher Kawai fantastique (200€ plus cher) et le CP88 de Yamaha est aussi une référence du marché que j’adore (plus de 500€ plus cher tout de même) mais avec une philosophie différente. Mais à mes yeux le Numa X Piano GT représente un rapport qualité-prix imbattable pour les personnes qui n’ont pas besoin d’éditer leurs sons en profondeur à la Nord (le budget est également presque multiplié par trois!).
Malgré cette concurrence de qualité, je ne vois absolument aucun équivalent qui puisse rivaliser avec le Numa X Piano GT à ce prix. Que ce soit en terme de features , de qualité et variété de son, de finition… C’est un superbe rapport-qualité prix, si l’ergonomie très spécifique de Studiologic et l’absence d’édition poussée des sons ne sont pas un frein pour toi. Un futur classique?
La suite: d’autres tests de piano de scène et un comparatif à venir!
Contrairement à d’autres langues et pays, la Francophonie a assez peu de contenus et tests détaillés sur l’ensemble des pianos de scène disponibles sur le marché.
On va donc tenter de réparer ce mal-là et t’aider à choisir en continuant les tests de piano de scène. Ce test du Numa X Piano GT manque encore un peu de base de comparaison car c’était le premier piano de scène que nous testions pour gearnews.fr. Mais n’aie crainte: au fil des tests, un comparatif et un guide d’achat seront rédigés et les tests seront mis à jour pour faire des comparaisons entre les modèles.
Merci à B4 Distribution et Studiologic pour leur envoi du Studiologic Numa X Piano GT!
