deMix Jagger
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Depuis sa sortie à la mi-octobre, la nouvelle interprétation virtuelle du légendaire ampli Tone King Imperial MKII, éditée par les studios Neural DSP, fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause, la marque est désormais reconnue par les musicien·nes du monde entier comme l’un des poids lourds du secteur des amplis In the Box. Alors, cette nouvelle mouture sera-t-elle à la hauteur de nos attentes ? C’est parti pour le test !

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Test de l'ampli virtuel Neural DSP Tone King Imperial MKII X / Vignette

Un mot sur la série d’amplis originaux

Test de l'ampli virtuel Neural DSP Tone King Imperial MKII X / Modèle original
Modèle original

Pour la petite histoire, l’ampli Imperial est le premier ampli combo à lampes conçu et distribué par le fabricant américain Tone King, sorti en 1993. Dans le cœur des musicien·nes, ce modèle boutique est très rapidement devenu une référence incontournable, reconnue pour sa capacité à combiner les sonorités caractéristiques des plus belles séries d’amplis fabriquées par la marque californienne Fender, entre les années 50 et 60. La bête, entièrement fabriquée à la main aux USA, délivre 20 watts de puissance pure, et s’appuie sur une conception irréprochable, avec un étage de préamplification composé de quatre lampes 12AX7 et d’une lampe 12AT7, un étage de puissance équipé de deux lampes 6V6, et un étage de redressement qui s’appuie sur une référence 5AR4.

Sur l’ampli original, on retrouve deux canaux distincts (Rythm et Lead) et, à l’oreille, on perçoit d’office que ce petit bijou réalise l’exploit d’effectuer la synthèse parfaite entre les sonorités pures et cristallines des amplis Blackface (canal Rythm), et les sonorités granuleuses et riches en harmoniques des amplis Tweed ou de leurs nombreux dérivés britanniques, comme les premiers amplis Marshall, par exemple (canal Lead). Cerise sur le gâteau, ce modèle intégré également un circuit de trémolo à l’ancienne et une magnifique réverb à ressorts. Pour ne rien gâcher, le cabinet construit en contreplaqué de bouleau baltique intègre un unique haut-parleur de 12 pouces fabriqué par Eminence, qui permet d’obtenir un son à la fois puissant et détaillé.

En résumé, cet ampli regroupe le meilleur des deux mondes et propulse la tradition des amplis américains boutique dans le nouveau millénaire. Enfin, sur la version MKII sortie en 2015, un nouvel atténuateur de puissance fait son apparition et permet à tous·tes les utilisateur·ices de pousser l’ampli à fond, sans pour autant déclencher la colère de leurs voisin·es.

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Présentation du plug-in

Disponible aux formats VST2, VST3, AU, AAX et Standalone pour la modique somme de 119 €, la simulation développée par Neural DSP reprend à la lettre l’architecture de l’ampli hardware présenté plus haut, mais apporte aussi un lot de nouveautés très conséquent. Ainsi, outre l’accès direct aux deux canaux Rythm et Lead, la possibilité d’utiliser trémolo, la réverb et même l’atténuateur de puissance, tu pourras choisir d’alterner ici entre deux modèles de haut-parleurs : un premier haut-parleur, baptisé E33, directement inspiré du haut-parleur Tone King 33 fabriqué sur mesure par Eminence pour l’ampli original, et un second haut-parleur, nommé H30, directement inspiré des sonorités proposées par les combos Marshall du début des années 60.

Test de l'ampli virtuel Neural DSP Tone King Imperial MKII X / Cab
Cab

Naturellement, grâce aux possibilités infinies des simulations numériques, tu pourras aussi profiter de plusieurs centaines de réponses impulsionnelles capturées par l’équipe 5×5 Studios, et même charger celles que tu possèdes si tu le souhaites (fonction compatible avec les fichiers WAV). Autre atout de taille concernant le simulateur de baffle intégré : huit modèles de micros sont disponibles (Dynamic 57 / Shure SM57, Dynamix 409 / Sennheiser MD 409, Dynamic 421 / Sennheiser MD 421, Condenser 184 / Neumann KM 184, Condenser 414 / AKG c414, Condenser U47 / Neumann U47, Ribbon 121 / Royer R-121 et Ribbon 160 / Beyerdynamic M160). Et, en bonus, tu pourras choisir d’en associer deux en simultané, puis choisir leur position face au haut-parleur avec une grande liberté, afin de trouver la combinaison parfaite. Tu pourras, par exemple, combiner une prise de proximité et une capture d’ambiance, ou mixer deux prises de proximité ensemble, etc.

Les sections d’effets

Test de l'ampli virtuel Neural DSP Tone King Imperial MKII X / Wah Wah
Wah Wah

En ce qui concerne les effets, en supplément du trémolo et de la réverb à ressorts qui équipent l’ampli, tu auras accès à un ensemble de huit pédales, réparties en trois blocs distincts : Pre FX, EQ et Post FX. Ainsi, avant que le signal attaque l’ampli (section Pre FX), tu pourras profiter d’une simulation de Wah Wah vintage entièrement paramétrable et agrémentée d’un mode automatique qui suivra la dynamique de ton jeu (Auto-Wah).

Test de l'ampli virtuel Neural DSP Tone King Imperial MKII X / Pre FX
Pre FX

Ensuite, tu découvriras un compresseur parallèle simplifié, conçu pour ajouter une belle touche de sustain à chaque note jouée tout en offrant la capacité de mélanger les signaux traité et non traité, puis deux overdrive différents. Le premier overdrive (sobrement baptisé Overdrive 1) a été pensé pour proposer une saturation relativement transparente, caractérisée par un boost de niveau (capable de monter jusqu’à 20 dB) et un léger surplus d’harmoniques. Le second overdrive (Overdrive 2), quant à lui, s’apparente plutôt à une pédale de type Tube Screamer, et mettra les fréquences médiums en exergue tout en délivrant une saturation plus épaisse, capable de se muer d’un crunch crépitant à une distorsion beaucoup plus appuyée.

Test de l'ampli virtuel Neural DSP Tone King Imperial MKII X / EQ
EQ

Ensuite, comme son nom l’indique, la section EQ mettra à ta disposition un égaliseur graphique à neuf bandes, dotées d’une plage d’accentuation / atténuation de +/-12dB. En bonus, l’égaliseur propose aussi une paire de filtres coupe-bas (HPF) et coupe-haut (LPF).

Test de l'ampli virtuel Neural DSP Tone King Imperial MKII X / Post FX
Post FX

Enfin, la troisième et dernière section, située cette fois à la toute fin du trajet du signal, te permettra de retrouver un ensemble d’effets temporels classiques et néanmoins indispensables. D’abord, une simulation de chorus stéréo analogique pour ajouter une touche de mouvement et d’épaisseur au signal, puis un délai vintage au sein duquel chaque répétition s’assombrit progressivement, et enfin une réverb de type Hall librement inspirée des racks numériques de studio des années 80 et 90.

Les nouveautés de la version X

Et ce n’est pas tout, car les développeurs ont aussi eu la très bonne idée d’intégrer un ensemble de fonctions inédites sur cette version X, à commencer par l’option Transpose qui t’offrira la possibilité de transposer le signal sur une plage de +/- 12 demi-tons, sans être contraint·e de devoir réaccorder ta guitare en permanence.

Ensuite, outre un noise gate, un accordeur et un métronome (uniquement disponible au format Standalone), tu pourras t’amuser avec le nouveau module Doubler (actif uniquement si le signal d’entrée reste en mono) qui te permettra de réaliser un effet de Double Tracking à l’ancienne afin d’élargir l’image stéréo et de densifier le mix, exactement comme si une piste de guitare avait été jouée et enregistrée deux fois en studio. 

Enfin, tu pourras naviguer à travers les cent-vingt nouveaux présets proposés (signés par des guitaristes de la trempe de Rabea Massaad, Jack Gardiner, Joshua De La Victoria, etc.) en toute tranquillité grâce à la nouvelle fonction Global Lock, qui te permettra de verrouiller le niveau de gain d’entrée, les réglages du noise gate, de l’option Transpose, du module Doubler et aussi le niveau de sortie quand tu changeras de préset. Pratique !

Sensations de jeu

Encore une fois, Neural DSP frappe fort et propose un outil capable de délivrer une palette de sonorités très vaste. Sur le canal Rythm, les sons clairs sont à la fois aériens et très solides dans les médiums, avec une richesse harmonique indéniable qui transforme n’importe quelle guitare en véritable arme de guerre rythmique. Le Tone Stack à deux bandes (Bass / Treble) permet de peaufiner la réponse en fréquences globale avec précision, et chaque note jouée révèle beaucoup d’impact, avec une attaque claire, précise et parfaitement articulée, mais surtout une réponse dynamique qui mettra en valeur toutes les nuances de jeu que tu pourras développer.

D’autre part, dès que l’on pousse un peu le gain et que l’on fait rugir le canal Lead de l’ampli, on se retrouve instantanément propulsé sur un territoire à la fois épais et saturé, sans jamais tomber dans l’agressivité pour autant. Les sons produits sont crémeux et extrêmement satisfaisants à l’oreille, et surtout toujours très agréables à jouer. Mention spéciale pour le commutateur Mid Bite qui permet vraiment à la guitare de sortir la tête de l’eau dans un mix, et de chanter sans jamais se faire éclipser par le reste des instruments qui composent le morceau.

Au niveau du baffle, le haut-parleur E33 délivre un son très équilibré, avec des aigus précis et doux, tandis que le haut-parleur H30 est plus violent (sans être agressif non plus), avec une extension dans les fréquences graves qui donne beaucoup de corps au son. Les effets sont aussi très bons, avec un coup de cœur particulier pour la simulation de réverb à ressorts, qui tire son épingle du jeu en étant à la fois capable de se comporter de manière très naturelle, voire discrète, ou d’offrir des textures beaucoup plus oniriques, avec une plage de  temps de déclin remarquable qui te permettra de créer des atmosphères planantes inédites si tu le désires.

Une simulation pas comme les autres

En résumé, c’est vraiment l’ampli idéal pour celles et ceux qui aiment jouer avec le potentiomètre de volume de leur guitare pour passer tour à tour d’un son clair, à un léger drive de type « Edge of Breakup », puis à une distorsion appuyée sans concession. À ce titre, il faut saluer la cohérence des deux canaux et souligner le fait que, contrairement à de nombreux amplis virtuels disponibles sur le marché à l’heure actuelle, le passage du canal Rythm au canal Lead (ou inversement) s’effectue de manière très progressive et harmonieuse. Au final, fondamentalement, les deux canaux possèdent le même ADN sonore, mais se distinguent par un taux d’harmoniques plus ou moins élevé, tout en gardant une très belle cohérence en termes de volume perçu.

Ce qui reste tout de même assez remarquable ici, c’est la capacité de ce plug-in à sublimer les qualités intrinsèques d’une guitare et de ses micros : les micros à simple bobinage réagissent merveilleusement bien, avec un twang bluesy caractéristique et très appréciable, tout comme les micros à double bobinage qui viennent chatouiller l’ampli pour produire une myriade de saturations toutes plus veloutées les unes que les autres, avec une belle présence toujours très homogène sur l’ensemble du spectre de fréquences.

Le seul bémol que nous pourrions éventuellement trouver sur ce plug-in, c’est qu’il propose un cadre stylistique clairement délimité : idéal pour le Blues et le Rock, mais peut-être un peu trop rutilant pour le Funk ou le Jazz, et, a contrario, beaucoup trop sage pour les styles musicaux plus violents, comme le Metal et consorts.

Conclusion

Dernier coup de maître en date de l’équipe Neural DSP, cette petite merveille nous a convaincus d’un bout à l’autre. Et pour cause, trop rares sont les amplis virtuels qui déploient autant de personnalité que le Tone King Imperial MKII X, tout en offrant une telle liberté de réglages et donc une myriade d’options créatives. Les sonorités générées par les deux canaux sont sublimes, les effets sont excellents et les différentes options liées à la capture du baffle (notamment le positionnement de deux micros indépendants) permettent d’adapter parfaitement chaque prise dans à peu près n’importe quel contexte mix. De plus, les nouvelles fonctions de la version X valent vraiment le coup, en particulier le commutateur Global Lock, qui permet de naviguer à loisir entre chaque préset tout en gardant un niveau de jeu constant. Au final, comme tous les instruments de caractère, le seul défaut du Tone King Imperial MKII X sera peut-être son léger manque de polyvalence stylistique, mais, après tout, Neural DSP a déjà édité de nombreux autres modèles spécialement conçus pour des genres musicaux très éloignés du Blues ou du Rock. En tous cas, une chose est sûre, si tu appréciées le son d’artistes tels que B.B. King, Stevie Ray Vaughan, ou encore ZZ Gibbons, tu seras comblé·e.

La suite au prochain épisode !

Les +

  • Caractère sonore inimitable
  • Respect de l’instrument et de la dynamique de jeu
  • Effets embarqués et fonctions additionnelles très réussis

Les –

  • Ne fait pas le café

Notre note : 10 / 10

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–> Découvrir le plug-in Neural DSP Tone King Imperial MKII X

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