de  Naud  |   Ajouter en tant que source préférée sur Google   |  Temps de lecture: 15 min
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Imagine une pédale fuzz qui allie le caractère chaud et organique de l’analogique à la flexibilité du numérique. Une fuzz capable de morpher en temps réel, d’un simple coup de potentiomètre, d’un son 60s ultra-saturé et filtré à une distorsion moderne et précise, en passant par toutes les nuances intermédiaires pour aller jusque vers l’expérimentation pure grâce à un ring mod débridé. Cette pédale de rêve existe, et elle s’appelle MOHO, signée Kernom — une marque française qui a su réinventer les codes de la pédale d’effets avec une approche à la fois audacieuse et méticuleuse.

Kernom, les Français qui révolutionnent les pédales analogique

Kernom, c’est l’histoire d’une marque française qui a décidé de bousculer les conventions en fusionnant l’ADN analogique avec des technologies numériques intelligentes. Leur philosophie ? Ne pas choisir entre chaleur et polyvalence, mais offrir les deux dans chacune de leur pédale. La MOHO en est l’exemple parfait : une pédale qui respire l’analogique tout en offrant une palette sonore quasi infinie pour une fuzz, le tout exécuté avec une attention aux détails assez folle, j’y reviendrai. Kernom prouve qu’il est possible d’innover sans sacrifier l’âme des pédales vintage — et ça, c’est une chose rare que je tiens à souligner d’emblée.

Jérémy Savonet, shredder de talent et fondateur de Kernom Audio



En effet, si comme moi tu es perdu·e face à la jungle de pédales disponibles, que tu n’as forcément les moyens d’investir dans une ou plusieurs pédales boutique, des pédales comme la MOHO (ou par exemple l’overdrive RIDGE et la modulation ELIPSE de Kernom) sont absolument géniales car elles te permettent d’avoir bien plus de sons qu’une pédale classique pour un budget et un encombrement réduits…

… à condition que la MOHO sonne bien sûr! Ne t’inquiète pas, on va vérifier tout ça mais petit spoiler, oui, la MOHO sonne méchant.

Construction : un vrai tank !

Désolé, je te tease les sons de la MOHO mais je te parle du boîtier en premier! Quel troll…

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Si je me permets cette petite incartade, c’est que la MOHO est une pédale qui impressionne dès qu’on la prend en main. Son boîtier en aluminium massif, robuste et bien fini, donne immédiatement confiance. Les potentiomètres solides, les interrupteurs de qualité et les connecteurs jack (un in mono, un out mono et une entrée pour pédale d’expression), MIDI (via adaptateurs mini jack non fournis) USB (oui, il y a du numérique ici) sont conçus pour résister à des années d’utilisation intensive. Rien ne bouge, notamment les potards que j’ai trouvés particulièrement rassurants et solides: la course est lente et précise.

kernom pedal family - gearnews.fr
La MOHO (à droite, en jaune) avec ses soeurs RIDGE (overdrive) et ELIPSE (modulations), qui adoptent la même philosophie que la MOHO en couvrant de nombreuses nuances d’effets en une seule pédale.

Au niveau de la taille et du poids, c’est une pédale intermédiaire qui pèse dans les 800 grammes et fait 16 x 11 x 5cm. Pas une petite pédale, mais pas un monstre non plus, surtout quand on prend en compte que les composants sont tous analogues et que la MOHO produit bien plus de sons de fuzz que ses concurrentes.

Côté design, Kernom a opté pour une esthétique sobre et élégante, à condition que tu considères le jaune comme sobre et élégant. Personnellement, j’adore cette couleur et je trouve que ça rend la pédale visible sur le pedalboard. Les LED colorées sous les boutons PRESET et ON/OFF te permettent de savoir si tu as enclenché « le » (j’y reviendrai) preset et/ou si la pédale est bypass. Bref à 349€, la MOHO a l’allure d’une pédale très premium — et elle en a aussi la solidité. Niveau finition, la MOHO n’a rien à envier à une Strymon ou une Chase Bliss.

Un son… ou plutôt DES sons très variés

Parlons enfin du son, ou plutôt des (très nombreux) sons de la MOHO. C’est ici que la MOHO révèle toute sa magie. Grâce à son moteur hybride analogique/numérique, cette pédale propose une gamme de sons fuzz d’une diversité folle. Que tu sois fan des fuzz vintage à la Big Muff, des sons plus agressifs façon Rat, ou même des distorsions modernes et précises (inspirées synthés à la Royal Blood), la Moho peut tout faire — et plus encore.

Tu trouveras bien évidemment les potards classiques des fuzzes: volume, fuzz, et tone… S’ils sont très pratiques pour faire ton étagement de gain, choisir sa quantité de fuzz et son timbre, là n’est pas l’originalité de la pédale. Il faut se tourner vers les potards Mood, Electricity et Pre-Tone à mes yeux.

Je vais être honnête dès le départ: tout sonne, tout le temps. Je ne suis jamais arrivé à prendre la MOHO en défaut (peut importe le mode de jeu), et après l’avoir faite tester en complément à 3 ami·es guitaristes plus expérimenté·es que moi en fuzz… ils ont tous acheté la MOHO par suite.

Je vais donc me concentrer sur une description détaillée des features de la bête.

Mood: le potard révolutionnaire et iconique de la MOHO

Le potentiomètre « Mood » est le cœur de cette polyvalence : en le tournant, tu passeras en continu d’un son à l’autre, sans aucune interruption ou déconnexion entre les différentes fuzzes. Ceci est rendu possible par la technologie « Analog Morphing Core » créée par Kernom. Cinq transistors différents sont contrôlés numériquement (courant et tension) par la MOHO et permettent d’avoir la souplesse du digital et le son de l’analogique!

les potards de la MOHO
Voici les potards de la MOHO: pour moi les MOOD et ELECTRICITY sont le coeur de la pédale.

Ces différentes fuzzes sont au nombre de cinq:

  • Les fuzzes vintages qui rappellent les tous premiers modèles et prototypes de fuzz: c’est crade, ça saute légèrement de manière imprévisible, c’est légèrement plus fin niveau spectre sonore mais ça sonne. Parfait pour des moments plus rock et exploratoires dans ton set.
  • Les fuzzes psychés typées 60s: le son fuzz classique, équilibré, gras et plutôt propre. Si tu veux un point de départ sûr pour explorer, je te conseille de commencer par là.
  • Les fuzzes grunge 90s-2000s: ici, le son gagne en définition, en aigus et est plus agressif et imposant. Parfait pour ceux et celles qui aiment les riffs qui cognent
  • Les fuzzes modernes à fort gain: mes petites préférées car cela sonne presque comme un synthétiseur. Ces fuzzes sont parfaites pour les projets modernes brouillant la frontière entre sound design électronique et rock.
  • La fuzz avec ring mod: attention, ici ça va croustiller! L’ajout d’un ring modulator te permet d’avoir une fréquence supplémentaire qui résonne et vient moduler le son de la fuzz. En poussant le potard Mood à fond, tu obtiendras des sons plutôt « cosmiques ».

Résultat : une seule pédale pour remplacer toute une collection de fuzz, allant des années 60 aux fuzzes modernes tout en se donnant le luxe de proposer des options de sound design très cool et plutôt barrées avec la ring modulation.

Ci-dessous, je vais laisser la parole à Tim Hazy, bien meilleur guitariste que moi, et qui propose une excellente démo des divers sons de la MOHO sur la chaîne officielle de Kernom!

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Plus d’informations

Pre Tone et Post Tone: affine ton son avec précision.

Qui a dit que la fuzz était un effet de bourrin·e? Comme tout effet à base de distorsion, contrôler les harmoniques d’entrée et de sortie est essentiel pour avoir un son qui marche ta guitare et tes envies. Selon ton matos, tu pourrais en effet vite sonner trop étouffé ou trop criard. Mais avec la MOHO, tu éviteras facilement cet écueil.

Pre Tone, comme son nom l’indique, intervient avant l’effet de la fuzz. À midi, ce potard est neutre et n’influera pas sur ton son. Si tu le tournes dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, le son va grossir et se charger en basse tout en se compressant légèrement. Super pour les riffs un peu gras, s’accommoder d’une basse ou rentrer un peu dans le mix pour laisser la place à un·e soliste.

Si au contraire, tu tournes le potard vers 15h tu, obtiendras un son plus « clair » et chargé en aigu, sans boost de basse et avec donc plus de dynamique. Super, si tu veux éviter de marcher sur les fréquences de la basse ou si tu désires percer dans le mix!

Passons maintenant au Post Tone: plus classique, ce potard va simplement ajouter ou enlever des aigus après le passage du signal dans le module de fuzz.

Electricity: le chouchou des sound designers

Sur les quatre premières couleurs de la fuzz, Electricity se comportera comme un octaver analogique et monophonique. À midi, il n’est pas enclenché. Tourné vers 9h, il enclenchera et augmentera le mix d’une octave basse. À l’inverse, tourner vers 15h, il rajoutera une octave aiguë.

Très sympa! Mais, là où Electricity devient un outil très puissant, c’est dans le cinquième mode (Ring Mode). En effet, dans ce cas-là, Electricity contrôle la fréquence du ring modulator. Combiné à la pédale d’expression, ce potard là est très intéressant pour créer des textures dissonantes.

Si je te parle un dialecte cryptique depuis tout à l’heure, tu peux te référer au manuel utilisateur en français, qui propose de très bonnes idées et présets pour apprendre à découvrir les contrôles de la pédale! Voici quelques exemples ci-dessous:

kernom moho presets utilisateurs

Une pédale qui s’accommodera de bien des sources!

Les fuzzes, et surtout les anciennes, peuvent parfois être capricieuses quant au signal entrant. Ici, ce n’est pas le cas: la MOHO se comporte très bien avec diverses pièces de matériel. Je l’ai testée en direct avec des guitares, basses et synthés et la pédale ne bronche jamais, même lorsque les polyphonies sont généreuses.

Couplée à un préamplificateur (le génial MP-10 de Franklin Audio: testé chez gearnews.fr), la MOHO se comporte également très bien avec des microphones pour traiter divers instruments, des voix ou des percussions. Je n’ai eu aucun problème pour la faire fonctionner avec diverses sources.

Des comportements difficiles à prévoir : entre happy accidents et frustration ?

Avec une telle liberté sonore, la MOHO peut parfois surprendre — et c’est à la fois son plus grand atout et son défi. En effet, certaines combinaisons de réglages peuvent donner des résultats inattendus, voire chaotiques. Pour les expérimentateur·rices, c’est une mine d’or : des sons uniques, déjantés ou carrés peuvent émerger de manière imprévue, offrant une source d’inspiration infinie.

kernom fuzz workstation
Le surnom de « Fuzz Workstation » est très bien choisi, tant la pédale peut faire de choses!

En revanche, si tu es du genre à vouloir un son précis et reproductible à chaque fois, il faudra peut-être prendre le temps de bien comprendre comment interagissent les différents paramètres. Le potard MOOD peut induire quelques variations de volume lorsqu’il parcourt les différentes couleurs de fuzzes, il faut bien se rappeler qu’ELECTRICITY réagira différemment pour contrôler le mode RING MOD et que le PRE TONE peut avoir un très gros impact sur la couleur des sons, ce qui peut être utile pour rattraper les écarts de volume du potard MOOD.

J’ai trouvé cela un peu déstabilisant au début. Mais une fois que, comme moi, tu auras dompté la bête et consulté 2-3 ressources en ligne, les possibilités seront quasi illimitées et le workflow facilité!

Une connectivité et une gestion des presets « surprenantes »

La MOHO ne se contente pas d’être une fuzz ultra-polyvalente : elle va encore plus loin avec des fonctionnalités modernes qui la rendent encore plus pratique.

  • Gestion des presets : La pédale permet de sauvegarder et rappeler « tes » sons préférés en un clin d’œil.
  • Connectivité USB : La MOHO peut se connecter à votre ordinateur pour éditer tes presets via un logiciel dédié, sorti après la pédale ou même recevoir des mises à jour firmware pour de nouvelles fonctionnalités. Un fait assez, rare pour une pédale fuzz, me semble-t-il?
  • Connectique riche: En plus des jack classiques mono en entrée et sortie, la MOHO propose des entrées (MIDI IN) et sorties (MIDI OUT ou THRU) en mini-jack et un port pour pédale d’expression .

Un succès sur tous les plans, donc? Oui, mais il faut savoir, qu’il y a quelques subtilités par rapport à tous ces points.

La MOHO ne te permet d’accéder, via son switch PRESET, qu’à un seul preset. C’est déjà une chouette possibilité et pour une fuzz, on n’aura pas forcément besoin de 500 sons différents… mais il est dommage que la navigation entre les 128 présets soit réservée à des contrôleurs MIDI externes. On aurait aimé avoir 3 à 5 sons accessibles pour profiter des superbes palettes de couleurs de la MOHO.

kernom Moho back panel gearnews
Le fameux panneau arrière de la MOHO et sa connectique plutôt complète.

Idem, la pédale expression ne permet « que » de basculer entre l’état actuel de la pédale (avec la position de tous les potards) vers le préset favori. C’est à la fois génial, car ce switch fait office de macro géante qui permet de tourner « tous les potards en même temps » et vraiment morpher entre deux sons différents. Mais en même temps, on aurait aimé pouvoir affecter la pédale d’expression à un seul contrôle donné (FUZZ, MOOD ou POST TONE par exemple).

Rien de bien grave, la pédale reste fabuleuse… mais je tenais quand même à le mentionner, que tu aies toutes les infos en main.

Conclusion : la meilleure fuzz sur tous les terrains

La Kernom MOHO est une pédale révolutionnaire qui repousse les limites de ce qu’une fuzz (et de manière plus large une pédale) peut faire. Grâce à son moteur hybride entre numérique et analogue, sa construction solide et sa connectivité moderne, elle offre une flexibilité inégalée tout en conservant l’âme analogique qui fait le charme des pédales vintage. On aimerait bien un peu plus d’options de contrôle pour les présets (sans passer par la case MIDI) et la pédale d’expression, mais rien de rhédibitoire, d’autant plus que ce sont des features en général absentes des autres fuzzes du marché!

Si tu es prêt·e à plonger dans l’expérimentation et à explorer de nouveaux horizons sonores, la Kernom MOHO est la fuzz qu’il te faut. Une pédale audacieuse, inspirante et ultra-polyvalente, qui prouve que l’innovation et la tradition peuvent parfaitement coexister. Je n’hésite donc pas une seule seconde et donne un « gearnews.fr award » pour l’approche de Kernom qui change totalement la manière dont on voit les pédales analo et étend à l’infini leurs capacités de design sonore.

Pour qui ?

  • Les guitaristes et bassistes en quête d’originalité qui veulent explorer des sons uniques.
  • Les expérimentateur·rices qui aiment jouer avec les paramètres pour découvrir de nouvelles textures sonores.
  • Les musicien·nes en studio ou en live qui recherchent une pédale polyvalente capable de s’adapter à tous les styles de fuzz et ont besoin d’options supplémentaires (expression, presets, MIDI).

Points forts :

Une palette sonore incroyablement large et toujours qualitative.
Une construction robuste et premium.
Des fonctionnalités modernes (presets, USB, logiciel compagnon).

Points à considérer :

Peut dérouter ceux et celles qui cherchent un son fuzz classique et simple.
Fonctionnement surprenant de la pédale d’expression et de la gestion des presets.
Certains réglages peuvent demander un peu de temps pour être maîtrisés.

kernom moho gearnews fr

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