deLéna De Firmas
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Rythmiques fluides, accords jazzy, arrangements ultra soignés et voix somptueuses : la City Pop possède une identité sonore immédiatement reconnaissable. Mais quels synthés se cachent derrière ces classiques japonais ? Voici cinq machines qui ont largement contribué à façonner le genre.

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Les synthés de la City Pop

À la fin des années 1970, la pop japonaise connaît une période de profonde transformation. Les influences américaines et britanniques restent bien présentes, avec du jazz, de la soul, du funk, de l’AOR ou encore du disco, mais elles se mélangent à une production japonaise de plus en plus sophistiquée.

Ajoute à ça des studios particulièrement bien équipés et l’arrivée régulière de nouvelles technologies musicales venues de Yamaha, Roland ou KORG, et tu obtiens le terrain idéal pour l’émergence de ce qu’on appelle aujourd’hui la City Pop.

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Bien sûr, « Plastic Love » de Mariya Takeuchi est devenu l’un des morceaux emblématiques du genre à l’international. Mais ce serait dommage de s’arrêter là. « Sparkle » de Tatsuro Yamashita ou encore « Kimi wa Tennenshoku » d’Eiichi Ohtaki montrent à quel point cette scène pouvait être riche.

Alors aujourd’hui, on s’intéresse à cinq synthés qui ont marqué la City Pop, des imposants polyphoniques analogiques de la fin des années 70 aux workstations numériques de la décennie suivante.

Yamaha CS-80

Dans les années 1970, les synthétiseurs japonais n’avaient pas encore la domination internationale qu’ils allaient connaître quelques années plus tard. Mais le Yamaha CS-80, sorti en 1977, faisait déjà figure d’exception.

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Avec ses huit voix de polyphonie, ses deux couches de synthèse complètes, son contrôleur à ruban et surtout son aftertouch polyphonique, le CS-80 était une véritable machine d’expression. Il a séduit des musiciens comme Stevie Wonder ou Vangelis, mais aussi les claviéristes japonais de l’époque.

Tu peux retrouver plus en détail son histoire dans notre dossier sur les synthétiseurs Yamaha.

Yamaha CS-80
Yamaha CS-80

On retrouve notamment cette ampleur caractéristique dans les productions liées au Yellow Magic Orchestra. Leur musique tire davantage vers la techno-pop que vers la City Pop pure et dure, mais Ryuichi Sakamoto et Haruomi Hosono faisaient partie d’un réseau de musiciens, arrangeurs et producteurs qui circulaient énormément entre les disques japonais de l’époque.

Sakamoto participe par exemple à Spacy de Tatsuro Yamashita en 1977, un album qui rassemble une bonne partie de la crème des musiciens de studio japonais de l’époque.

Si tu veux retrouver aujourd’hui une partie de l’expressivité et du caractère du CS-80, plusieurs options existent. Côté hardware, Black Corporation Deckard’s Dream s’en inspire très largement. En logiciel, Arturia CS-80 V, Cherry Audio GX-80 ou encore XILS-lab The Eighty explorent eux aussi ce territoire sonore.

Le Black Corporation Deckard’s Dream MKII est disponible chez Thomann*.

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Roland Jupiter-8

Au début des années 1980, les attentes envers les synthés analogiques polyphoniques avaient complètement changé. Depuis l’arrivée du Prophet-5 de Sequential Circuits, un gros polysynth devait non seulement proposer plusieurs voix, mais aussi permettre de mémoriser ses sons.

Roland répond à ces attentes en 1981 avec le Jupiter-8, qui va rapidement devenir l’un des synthés les plus emblématiques de la décennie.

How To Use Roland Jupiter-8 Plugins in your DAW
Comment utiliser les plugins Roland Jupiter-8 dans ton DAW

Le Jupiter-8 occupe notamment une place importante sur Awakening de Hiroshi Sato, aux côtés du Prophet-5, du Pro-One, du Moog Source et du Fender Rhodes. Sato expliquait lui-même utiliser le Jupiter-8 pour ses accords et pour l’arpège principal de « Say Goodbye ».

Si tu veux te plonger dans son approche du synthé et de la production, cette interview réalisée par P-Thugg de Chromeo vaut vraiment le détour.

Roland n’a toujours pas proposé de véritable réédition analogique du Jupiter-8, mais la marque l’a recréé sous différentes formes numériques. La plus récente est le Roland Jupiter-08, qui reprend l’esprit du classique dans un format Boutique moderne.

Le Roland Jupiter-08 est disponible chez Thomann*.

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Yamaha DX7

Et forcément, on finit par arriver au Yamaha DX7.

Lorsqu’il débarque en 1983, la synthèse FM bouleverse autant les studios japonais que ceux du reste du monde. Les gros polysynthés analogiques ne disparaissent évidemment pas du jour au lendemain, mais les sons numériques deviennent soudain incontournables.

Pianos électriques précis, cloches brillantes, accords cristallins, basses percutantes : toute une nouvelle palette entre dans la pop des années 80.

Yamaha DX7
Yamaha DX7

Écoute par exemple « I Can’t Stop the Loneliness » d’Anri pour entendre cette esthétique FM s’installer dans la City Pop du début des années 80.

Yamaha propose d’ailleurs une discussion passionnante avec plusieurs claviéristes et programmeurs japonais, dont Yasushi Mori, qui a travaillé avec Ryuichi Sakamoto, et Shigeaki Hashimoto, programmeur de synthés pour Tatsuro Yamashita.

Ils évoquent notamment le TX802, déclinaison rack de la deuxième génération du DX7, ainsi que l’impressionnant TX816, qui regroupait l’équivalent de huit moteurs de DX7 dans un même rack. Autant dire qu’en superposant les sons, on pouvait rapidement construire des textures énormes.

Aujourd’hui, pas besoin de remplir ton studio de racks Yamaha pour retrouver ce type de son. On trouve notamment le KORG Volca FM2, Arturia DX7 V, Dexed ou encore Plogue chipsynth OPS7.

On a d’ailleurs consacré tout un guide aux meilleures alternatives modernes au Yamaha DX7.

Le KORG Volca FM2 est disponible chez Thomann*.

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Korg Volca FM2
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Roland D-50

Retour en 1987. La bulle économique japonaise bat son plein, la production pop devient toujours plus sophistiquée et les musiciens cherchent des sons numériques encore plus riches et spectaculaires.

C’est précisément à ce moment que Roland lance le D-50.

Plutôt que de suivre directement Yamaha sur le terrain de la FM, Roland développe sa synthèse LA, pour Linear Arithmetic. Le principe consiste notamment à combiner de courtes attaques PCM avec des formes d’onde synthétisées, le tout accompagné d’effets numériques intégrés.

Roland D-50
Roland D-50

Le résultat correspond parfaitement à la seconde moitié des années 80 : des sons brillants, larges, très produits et immédiatement reconnaissables.

On retrouve le D-50 sur des productions japonaises de cette période comme Before the Daylight de Toshiki Kadomatsu ou Thanks Giving de RA MU, mais aussi dans la J-pop qui commence progressivement à prendre le relais de la City Pop dans les classements.

Le Roland D-05 Boutique, qui recréait le D-50 en hardware, n’est malheureusement plus fabriqué. En revanche, le D-50 logiciel de Roland Cloud reste disponible et reprend l’architecture LA ainsi que les sons emblématiques de l’original.

Le Roland Cloud D-50 est disponible chez Thomann*.

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KORG M1

À la toute fin des années 1980, la frontière entre City Pop et J-pop devient de plus en plus floue. Mais les productions japonaises continuent évidemment d’adopter les dernières technologies, et peu de machines incarnent mieux cette période que le KORG M1, sorti en 1988.

Le M1 est l’une des machines qui ont véritablement popularisé le concept de workstation. Son moteur AI, basé sur des formes d’onde PCM, est associé à des effets numériques, une section rythmique et un séquenceur huit pistes. On pouvait donc composer une grande partie d’un morceau directement depuis le clavier.

Tu peux retrouver toute son histoire dans notre dossier sur les synthétiseurs KORG.

KORG M1
KORG M1

Pour terminer cette sélection, écoute « Sayonara Natsu no Hi » de Tatsuro Yamashita, avec ses textures extrêmement riches et nostalgiques. On retrouve également le M1 dans « Obasan ni Nattemo » de Chisato Moritaka.

Et si on quitte franchement la City Pop pour aller du côté de la house japonaise, Soichi Terada a lui aussi parfaitement exploité le fameux son d’orgue du M1 sur « Do It Again ».

Aujourd’hui, KORG propose toujours une version logicielle officielle du M1, qui reprend les sons de la machine originale et de ses nombreuses cartes d’extension. De quoi retrouver très facilement cette couleur typique de la fin des années 80 dans ton DAW.

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