DJing : le top des meilleures platines vinyles
Comment construire un DJ set de A à Z ?
Comme promis, aujourd’hui nous poursuivons notre série d’articles dédiés à la discipline du DJing en nous intéressant de près aux meilleures platines vinyles disponibles sur le marché à l’heure actuelle. Que tu sois un·e pratiquant·e débutant·e ou confirmé·e, un ensemble de questions se posent : face à une offre conséquente, comment faire le bon choix ? Quelle marque privilégier et pourquoi ? Et surtout, comment choisir le matériel qui correspond le mieux à tes besoins personnels ? C’est parti !

Sommaire
Introduction
Après plusieurs décennies d’existence, le marché des platines vinyles pour DJ est particulièrement mature. Néanmoins, il a connu de superbes innovations durant ces dernières années, notamment en ce qui concerne la fusion du mix Old School purement analogique et des nouvelles approches numériques comme le DVS (Digital Vinyl System).
Avant de commencer, rappelons que pour qu’une platine puisse mériter sa place dans notre top, elle doit obligatoirement posséder trois qualités non négociables. Ainsi, elle doit absolument intégrer un moteur à entraînement direct (Direct Drive), mais aussi disposer d’un couple très puissant (High Torque) pour t’aider à effectuer des démarrages quasi instantanés, et enfin offrir une excellente isolation contre les vibrations engendrées par les systèmes de sonorisation surpuissants des clubs et des scènes de festivals.
Technics SL-1200MK7 : un classique intemporel

Considérée comme le standard absolu de l’industrie du DJing, la série 1200 continue d’écrire les plus belles pages de la discipline. Et pour cause, sortie pour moderniser le mythe après plusieurs années d’absence de la marque Technics sur le segment DJ, cette version MK7 a été conçue pour redonner une nouvelle vie à ce monument du DJing.
Ainsi, outre un nouveau moteur à entraînement direct « Coreless », pensé pour éliminer définitivement les micro-saccades lors de la rotation du plateau, cette platine développe un couple de démarrage de 1,8 kg/cm qui lui permet d’atteindre sa vitesse cible en seulement 0,7 seconde. La rotation est d’une stabilité et d’une fluidité irréprochables, avec un taux de fluctuation inférieur à 0,025%.

Ce modèle propose trois vitesses de lecture (33, 45 et 78 tours/min), accessibles via une simple combinaison de touches, et intègre un contrôle de Pitch entièrement numérique, avec une plage commutable entre +/-8% et +/-16%, mais aussi une fonction Reset pour réinitialiser instantanément le Pitch à 0%. Son bras de lecture en forme de « S », d’une longueur effective de 230mm, offre des réglages dédiés à la hauteur (de 0 à 6mm) et à la force d’appui du diamant (de 0 à 4g).
Le plateau, d’un diamètre de 332mm, est fabriqué en aluminium moulé sous pression et les connexions sont exemplaires, avec des embases plaquées or pour les prises phono RCA et le bornier de Terre, accompagnées d’un câble d’alimentation sur secteur détachable, qui faisait défaut aux anciennes générations (sur lesquelles il fallait, très péniblement, démonter la platine pour remplacer un câble défectueux). Enfin, les fonctions cachées sous le plateau ne sont pas en reste, avec la présence de trois interrupteurs qui permettent de régler la force du couple moteur et la vitesse de freinage sur quatre niveaux, mais aussi d’activer la lecture inversée.

Bien que certain·es puristes regrettent que le châssis soit devenu un poil plus léger que celui qui équipait les légendaires MK2 (9,6kg au lieu de 12kg), et donc inévitablement plus sensible aux vibrations parasites, cette nouvelle version reste la reine incontestée des cabines de club du monde entier. On pourra aussi questionner le choix d’un capot de protection non articulé (le couvercle anti-poussière transparent fourni se pose simplement sur la platine) mais après tout, ce fut sans aucun doute une décision délibérée de la part des ingénieurs de la firme, afin d’éviter que les charnières du capot ne produisent, elles aussi, des vibrations indésirables. Dernier petit bémol, malgré un prix constructeur élevé (949€), la platine est livrée sans cellule ni diamant. Il faudra donc prendre en compte cette dépense supplémentaire lors de l’achat.
AlphaTheta PLX-CRSS12 : un hybride ultime

Lancée sous pavillon Pioneer (désormais AlphaTheta), cette platine propose sans aucun doute la plus grande innovation technologique du secteur depuis de nombreuses années, en apportant une solution inédite au risque de décrochage du diamant en cas de vibrations parasites trop importantes. Mais avant d’aller plus loin, une précision d’impose, car, contrairement au modèle précédent, il s’agit ici d’une platine vinyle hybride, aussi à l’aise en lecture analogique classique qu’en lecture numérique DVS.
En premier lieu, ce modèle dispose d’un moteur à entraînement direct doté d’un couple de démarrage ajustable directement sur l’écran intégré, via trois modes distincts (Low / High / Mid) qui oscillent entre 2 kg/cm et plus de 4,5 kg/cm, et atteint sa vitesse cible en 0,3 seconde (donc plus de deux fois plus rapidement que le modèle Technics). En termes de sensations de jeu, c’est un régal pour exécuter des relances quasi instantanées.
Outre un bras de lecture en forme de « S », la première particularité de cette platine est de proposer un mode DVS intégré, compatible avec Serato DJ Pro et Recordbox, qui utilise un système de pince magnétique vissée sur l’axe central. De cette façon, la platine détecte la rotation du disque en toute autonomie, sans jamais utiliser le bras de lecture et encore moins la cellule. Ainsi, le diamant ne s’use pas, la poussière n’entrave jamais le bon déroulé du Timecode, et, même si tu enchaînes les heures de scratch sans concession, le son ne sautera jamais !

De plus, la molette située sur la pince magnétique permet de régler physiquement la résistance du vinyle en cours de lecture. Tu peux donc choisir d’alterner entre une sensation de disque très glissant, idéale pour le scratch et les pirouettes techniques en tout genre, ou une sensation de disque beaucoup plus lourd, souvent préférée pour le mix classique et le Beatmatching traditionnel. Ici encore, le contrôle du Pitch est totalement numérique, avec trois plages commutables de +/-8%, +/-16% et +/-50%, et la bête dispose, elle aussi, d’une fonction Reset pour réinitialiser instantanément le Pitch à 0%.
Mais ce n’est pas tout, l’écran OLED, situé en haut à gauche de la machine, permet d’afficher la valeur du tempo en cours, la tonalité du morceau et le pourcentage de variation du Pitch. Ensuite, la seconde particularité de ce modèle est de proposer quatre pads de performance rétroéclairés qui te permettront de déclencher des Hot Cues, des échantillons, des boucles audio ou bien encore d’isoler et de jouer les Stems de ton choix, directement sur la platine, sans jamais faire appel à un contrôleur externe additionnel.

Naturellement, en plus des sorties phono/ligne commutables sur embases RCA, du bornier de Terre et d’un cordon d’alimentation détachable, ce modèle est également équipé d’un port USB (audio + MIDI). En ce qui concerne les points faibles, on ne peut pas ignorer son prix prohibitif (1349€). Et pour cause, cette platine coûte près de 40% plus cher qu’une Technics SL-1200 MK7. C’est un investissement absolument colossal, qui paraît encore plus vertigineux quand on souhaite en acheter deux pour obtenir un set-up complet.
L’autre inconvénient majeur, c’est bel et bien sa dépendance logicielle, car, si tu souhaites exploiter la majeure partie des capacités de l’engin (pads de performance, DVS, etc.), tu devras inévitablement le connecter à un ordinateur équipé de Serato ou de Rekordbox, mais aussi utiliser une table de mixage compatible. Donc, au final, dans le cadre d’une utilisation seule avec un vieux vinyle chiné en brocante ou dans les bacs d’un disquaire, ce modèle perd une grande partie de ses avantages technologiques.
Reloop RP-8000 MK2 : un ovni créatif

Second modèle hybride de notre top, cette platine représente probablement l’instrument rêvé par les amoureux·ses de Tunrtablism pur et dur, toutes générations confondues. Et à juste titre, car si on peut considérer que Technics incarne la tradition, et qu’AlphaTheta incarne l’innovation, Reloop a définitivement choisi d’incarner la musicalité en faisant de ce modèle un véritable instrument à part entière, taillé pour composer de manière inédite mais aussi et surtout pour écraser ton adversaire en cas de Battle.
Mais rappelons d’abord qu’il s’agit avant tout d’une platine vinyle dotée d’un moteur à entraînement direct, piloté par quartz, accompagné d’un système de correction numérique du signal et d’une section de contrôle MIDI. Elle dispose d’un couple ajustable en continu de 2,8 kg/cm à 4,5kg/cm, et offre la meilleure performance du marché en termes de vitesse de démarrage, avec un record affiché à moins de 0,2 seconde pour atteindre sa vitesse cible.
Ce moteur de compétition te permettra donc de créer des transitions ultras rapides, presque impossibles à effectuer sur d’autres modèles. Le temps de freinage est, lui aussi, variable en continu de 0,2 à 6 secondes via un potentiomètre dédié en façade. Ici encore, tu retrouveras trois vitesses de lecture (33, 45 et 78 tours) et un contrôle de Pitch entièrement numérique avec trois plages commutables : +/-8%, +/-16% et +/-50%.
La section MIDI propose huit pads de performance rétroéclairés sur la partie gauche du châssis, capables de contrôler sept modes Serato DJ Pro différents : Cue, Sampler, Saved Loops, Pitch Play, Loop Roll, Slicer et Transport. D’ailleurs, en ce qui concerne l’intégration de Serato, on a vraiment affaire ici à un système Plug & Play : le mapping MIDI est d’une fluidité parfaite, et le fait d’avoir accès aux commandes de transport et de navigation directement sur la platine (pour parcourir et charger les morceaux de la bibliothèque) permet d’exécuter un DJ set complet sans jamais avoir à utiliser la souris ou le trackpad d’un ordinateur.

Mais ce qui différencie cette platine du reste de la concurrence, reste sans aucun doute son mode spécial baptisé Platter Play, qui permet d’utiliser les pads de performance pour modifier la vitesse de rotation du plateau en temps réel, afin de jouer des notes de musique quantifiées sur la gamme de ton choix (Majeure, mineure, etc.) à partir du vinyle en cours de lecture. Incroyable, n’est-ce pas ? Soyons clairs et précis, ce mode est unique au monde, et fait de la RP-8000 MK2 la seule platine capable de transformer le plateau en véritable synthétiseur. C’est vraiment l’outil idéal pour effectuer des figures de Tone Play dans les compétitions de scratch de haut vol.
À part ça, tu pourras profiter d’un écran LCD dédié à l’affichage des valeurs exactes de Pitch (au centième de ton près) et de tempo, mais aussi les informations sur les notes de musique jouées en mode Platter Play. Enfin, le bras de lecture en forme de « S » dispose d’un réglage hydraulique de hauteur et d’un système d’antipatinage (Anti-Skating) avancé.
En termes de connexions, tu retrouveras deux sorties indépendantes phono et ligne, qui te permettront de brancher la platine sur deux canaux de mixage en même temps. Cette double sortie phono + ligne t’offrira donc la possibilité de mixer un vrai vinyle sur une voie de la table, et de basculer instantanément sur le DVS de Serato sur une autre voie, sans jamais débrancher aucun câble. Pratique !
Ensuite, tu retrouveras également un port USB-A (compatible avec le protocole Smart Link pour appairer deux platines), un port USB-B et un câble d’alimentation détachable. Précisons que l’autre atout majeur du protocole Smart Link, c’est qu’une fois les deux platines reliées par un câble USB, tu pourras utiliser un seul et unique port USB sur ton ordinateur pour les contrôler en même temps. C’est un gain de ressources très précieux sur les ordinateurs récents, qui sont malheureusement souvent beaucoup trop limités en termes de connexions disponibles.

Néanmoins, aucune machine n’est parfaite et de nombreux·euses utilisateur·ices regrettent le positionnement latéral des pads de performance. Et on les comprend aisément, car, contrairement au modèle PLX-CRSS12, Reloop a fait le choix de les placer sur le côté gauche du châssis. Ainsi, si tu mixes en configuration Battle (avec les platines tournées à 90°), les pads se retrouveront à l’extrémité supérieure du set-up, ce qui, il faut l’avouer, n’est pas très pratique en live. Pour terminer, on déplore ici encore l’absence de cellule et de diamant, qu’il faudra acheter séparément malgré l’investissement déjà engagé pour acquérir les platines elles-mêmes (649€/unité).
Conclusion
Nous espérons que cet article t’a plu, et qu’il t’a permis d’y voir un peu plus clair sur le segment très concurrentiel des platines vinyles dédiées aux DJ. La semaine prochaine, nous nous intéresserons de plus près aux différentes cellules disponibles sur le marché, afin de t’aider à compléter ton set-up de la plus belle des manières.
D’ici là, n’hésite pas à lire ou à relire les épisodes précédents :
- Techniques de DJing : sélection et organisation des morceaux
- Techniques de DJing : enchaînements et transitions – Partie 1
- Techniques de DJing : enchaînements et transitions – Partie 2
- Techniques de DJing : enchaînements et transitions – Partie 3
- Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale
Et comme toujours, prends le temps de partager ton expérience, ton avis et tes questions avec la communauté gearnews.fr dans les commentaires. C’est en partageant nos idées et nos points de vue que nous pourrons toutes et tous continuer à avancer dans la quête perpétuelle du DJ set idéal.
La suite au prochain épisode !
