de  Mix Jagger  |   Ajouter en tant que source préférée sur Google   |  Temps de lecture: 11 min
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Aujourd’hui nous continuons notre série d’articles consacrés aux techniques de DJing en nous intéressant de près aux différentes manières de produire un titre inédit à partir d’autres morceaux : Remix, Bootleg et Mashup. C’est parti !

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Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale / vignette

Introduction

Les platines, contrôleurs, logiciels et autres applications DJ ne sont pas de simples lecteurs multimédias, mais bel et bien de véritables instruments de musique à part entière. Ainsi, grâce à un set-up relativement basique, constitué d’une simple paire de platines (physiques ou virtuelles) et d’une table de mixage, tu auras accès à une myriade de possibilités pour produire de nouveaux morceaux à partir de titres préexistants.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, et d’aborder nos conseils pour t’aider à réaliser tes premières créations, nous prendrons le temps de bien discerner ce qui différencie un remix, d’un bootleg et d’un mashup. Donc, si ce n’est pas déjà fait, n’hésite pas à lire ou à relire  les épisodes précédents, car de nombreuses notions abordées aujourd’hui y sont présentées dans les moindres détails :

Remix, Bootleg et Mashup : le jeu des sept différences

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Remix : une création officielle

Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale / Remix

Un remix est une réinterprétation officielle d’un morceau. Dans ce cadre, l’artiste original (ou sa maison de disques) donne son accord et fournit au·à la DJ remixeur·euse les pistes séparées de la chanson (la voix seule, la batterie seule, les synthés, etc.), à savoir les fameux stems, dont nous reparlerons un peu plus bas. Ici, le but à atteindre est clair et assumé, il s’agit la plupart du temps de transformer le style musical du morceau (par exemple, transformer une ballade pop en tube techno) tout en gardant des éléments clés et reconnaissables, comme la voix lead ou la top line mélodique principale, par exemple.

Néanmoins, de très nombreux remixes sont conçus pour rester dans le même style musical mais pour fournir une interprétation nouvelle d’un morceau par un artiste tiers. Les maisons de disques utilisent souvent cette technique pour « compléter » une sortie et remplir la tracklist d’un EP ou d’une compilation. Dans l’industrie de la musique, le terme remix caractérise donc un acte de production légal. En règle générale, le·la DJ remixeur·euse est payé·e ou partage une partie des droits d’auteur avec l’artiste original, et le morceau est distribué sur les plateformes de streaming (Spotify, Apple Music…) par la maison de disques elle-même.

Bootleg : une création pirate

Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale / Bootleg

D’un point de vue musical, un bootleg est l’exact équivalent d’un remix, mais réalisé cette fois de manière non officielle et sans aucune autorisation, ni de la part de l’artiste original ni de la part de la maison de disques. Comme le·la DJ producteur·ice n’a pas directement accès aux pistes séparées (stems) issues du titre original, il est souvent contraint de travailler à partir du morceau fini, ou d’essayer d’isoler les différents stems grâces aux nouveaux algorithmes de séparation proposés dans les logiciels ou contrôleurs. L’objectif ici est généralement de créer une nouvelle production, totalement inédite, tout en incluant un élément marquant issu d’un titre existant. 

C’est aussi un excellent outil pour pouvoir jouer un titre issu d’un style musical qui ne collerait pas bien à l’esthétique globale d’un DJ set, on pense par exemple à un morceau de pop ou de rock qu’on voudrait intégrer à un set hip-hop ou r’n’b, ou l’inverse, sans casser l’ambiance. Au final, la seule limite, c’est l’imagination du·de la DJ en charge du bootleg. Attention toutefois à l’aspect légal des choses, car, aussi bon soit-il, un bootleg ne remplit généralement pas les critères du respect des droits d’auteur. Ainsi, il ne pourra pas être commercialisé ni distribué sur les grosses plateformes de streaming. En revanche, on le trouve plutôt sur les sites de partage libre, tels que SoundCloud, YouTube ou bien encore sur des forums de DJing, toujours en téléchargement gratuit.

Mashup : un puzzle musical

Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale / Mashup

Contrairement à la croyance populaire, le mashup est encore un exercice différent. Il s’agit ici d’un collage de différents morceaux, qui consiste tout simplement à fusionner deux titres existants (ou plus) pour n’en faire qu’un seul. La recette classique (et la plus commune), c’est de prendre la voix lead d’un morceau A et de la caler parfaitement sur l’instrumentale d’un morceau B.

Le but est souvent de créer une surprise ou un contraste inattendu (par exemple, mettre la voix d’une chanteuse pop habituée du Top 50 sur une instrumentale de musique alternative confinée aux soirées les plus underground). En ce qui concerne l’aspect légal des choses, l’exercice du mashup est un peu plus aléatoire que les exemples précédents. Sauf rare exception, où le mashup devient tellement viral que les labels décident de le valider après coup, c’est généralement une pratique non officielle (donc assimilée à un bootleg) réservée aux DJ sets et aux plateformes de partage comme SoundCloud.

Comment produire un nouveau titre à partir d’autres morceaux

Déterminer le tempo des titres en question

Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale / Tempo

Un morceau perd une grande partie de son identité lorsque son tempo change de manière trop radicale. Nous te conseillons donc d’essayer de choi­sir des titres qui ne diffèrent pas de plus de dix unités de BPM, en moyenne, l’un par rapport à l’autre.

Autre point important : si un ajus­te­ment de tempo reste absolument néces­saire pour pouvoir synchroniser les deux morceaux ensemble, il sera toujours préfé­rable d’ac­cé­lé­rer légè­re­ment le titre plus lent plutôt que de ralen­tir le titre plus rapide. Cela crée généralement un effet beaucoup plus dynamique et entraînant pour le public, un peu comme si le morceau en question avait reçu un petit boost d’énergie supplémentaire. Bien sûr, il y a toujours des excep­tions et tu pour­ras choi­sir d’ac­cé­lé­rer ou de ralentir un titre de manière beaucoup plus importante, si tu le souhai­tes, pour créer un effet de style parti­cu­lier.

Harmoniser la tonalité des morceaux entre eux

Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale / Tonalité

Il en va de même en ce qui concerne la tona­lité des morceaux. Ton remix, bootlegg ou mashup sonnera toujours beaucoup mieux si l’ensemble des titres sont en parfaite harmonie sur le plan tonal. C’est à dire calés sur la même tonalité et sur une gamme commune. Bien sûr, il existe des exceptions, et parfois, certaines combi­nai­sons inat­ten­dues peuvent donner des résul­tats qui fonc­tionnent très bien, mais elles sont plutôt rares et restent malgré tout assez périlleuses à jouer en live, du moins si tu n’es pas absolument sûr·e de ton coup.

En revanche, si tu n’es pas très à l’aise avec l’idée de déterminer la tonalité d’un morceau, ne t’inquiète pas, c’est tout à fait normal et nous sommes toutes et tous passé·es par là. Tout d‘abord, tu remarqueras que la plupart des logiciels DJ (Serato DJ Pro, Rekordbox, Djay Pro, etc.) proposent généralement une fonction de détection et de transposition de la tonalité d’un titre. C’est un bon point de départ. Cependant, d’après notre expérience, la fiabilité de ces algorithmes n’est pas toujours irréprochable. Ainsi, nous te conseillons d’utiliser le logiciel Mixed-In-Key, qui reste l’étalon maître en matière de détection et de transposition de tonalité, et qui s’avère en plus très facile à utiliser.

Obtenir les pistes isolées d’un titre

Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale / Stems

Comme tu le sais sans doute déjà, mettre la main sur les stems officiels d’un morceau n’est pas une chose aisée, mais pas impossible non plus ! Alors avant tout, commence par effectuer une recherche sur internet pour voir si, par un heureux hasard, les pistes isolées que tu convoites tant ne s’y trouvent pas quelque part. Le cas échéant, il faudra que tu extraies les stems par toi-même. Pour y parve­nir, tu pourras là aussi faire appel à ton contrôleur ou logiciel DJ favori. D’un simple clic, Serato DJ Pro, Rekord­box, et Djay Pro isoleront la batte­rie, le chant, la ligne de basse et les harmo­nies avec une qualité assez impressionnante, ce qui te permettra de remixer et d’as­sem­bler ces pistes en toute liberté. 

Cependant, dans cet exer­cice, tous les logi­ciels et contrô­leurs ne se valent pas. Alors, n’hésite pas à tenter d’extraire les stems avec différents outils, afin de trouver celui qui sonnera le mieux et t’offrira les pistes les plus propres possibles (c’est-à-dire sans artefacts audio indésirables, tels que des effets de phase désagréables, ou autres). Parmi les algorithmes les plus performants à l’heure actuelle, et disponibles en ligne gratuitement, nous te conseillons de jeter un œil (et une oreille) aux outils RipX et Ulti­mate Vocal Remo­ver, qui offrent parfois des résultats sonores encore meilleurs que certains contrôleurs ou logiciels très onéreux. En tous cas, même si la qualité audio de certaines pistes isolées laisse encore un peu à dési­rer (car il faut bien l’admettre : rien ne remplacera des pistes isolées officielles issues d’une session de mixage originale), pas de panique ! Ces tout petits défauts restent en général impercep­tibles à l’oreille des auditrices et des auditeurs, surtout lorsqu’ils sont mélangés avec le reste des éléments qui composent un remix, un bootleg ou un mashup.

Mettre le DJing au service de la production

Techniques de DJing : les platines au service de la production musicale / Mettre le DJing au service de la production

Une fois ta sélection faite et toutes ces étapes effectuées, tu n’auras plus qu’à laisser parler ta créativité, et à faire appel aux techniques que nous avons évoquées lors des épisodes précédents, pour produire un nouveau morceau. Ainsi, n’hésite pas à jouer avec les structures de chaque titre, à superposer telle ou telle piste avec telle ou telle autre, à jouer avec l’égalisation des basses fréquences, à utiliser les filtres bipolaires pour créer des montées et des descentes inédites, et enfin à faire appel aux nombreux effets à ta disposition (délai, réverb, etc.), sans oublier d’intégrer des techniques de transition imparables, telles que le Foreshadowing, le Motor Stop ou bien même le Backspin.

Désormais, tu as toutes les clés en main pour te lancer dans la discipline et produire des DJ sets de folie, tout en diffusant tes propres créations originales. Bien entendu, tu pourras faire le choix de préparer tes remixes, bootlegs et mashups bien au chaud dans ton home studio, ou alors, au contraire, de les exécuter en direct live sous les yeux ébahis du public, si le cœur t’en dit. Une chose est sûre : dans cette discipline, la seule limite est ton imagination ! Alors à toi de jouer !

Conclusion

Nous espérons que cet article t’a plu, dans les semaines qui viennent, nous analyserons le marché des platines, contrôleurs, logiciels, applications et tables de mixage pour t’aider à t’équiper avec les meilleurs outils disponibles à l’heure actuelle.

En attendant, n’hésite pas à lire ou à relire notre série complète consacrée à l’univers du DJing :

Et surtout, prends le temps de partager ton expérience, tes idées et tes questions avec la communauté gearnews.fr dans les commentaires. C’est en échangeant ensemble que nous continuerons toutes et tous à progresser dans cette magnifique discipline qu’est le DJing.

La suite au prochain épisode !

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