Test des enceintes Mackie Thrash12v2
Du gros son à un prix accessible ?!
Quelque temps après la sortie des enceintes autonomes Thump Go puis de la quatrième itération des références Thump, le fabricant américain Mackie revient en force pour te proposer une solution de sonorisation clé en main à un prix défiant toute concurrence, avec la seconde génération d’enceintes amplifiées Thrash. Mais alors, seront-elles à la hauteur de tes exigences musicales ? C’est parti pour le test !

Sommaire
Introduction : déballage et premières impressions
Aujourd’hui, l’équipe de gearnews.fr a le plaisir de passer au crible une paire d’enceintes amplifiées à deux voies Thrash12v2. Avant de débuter, rappelons au passage qu’une version équipée d’un haut-parleur de 15 pouces, baptisée Thrash15v2, est également disponible chez les revendeurs agréés. Les bêtes sont livrées dans deux cartons individuels, parfaitement hermétiques et, au premier coup d’œil, dès l’ouverture, on constate que les finitions sont impeccables. Le premier détail qui saute aux yeux concerne la facilité de manipulation des enceintes, grâce à leur châssis robuste en ABS agrémenté d’une grille de protection et de poignées de transport qui facilitent beaucoup leur prise en main.
Sur le panneau arrière, on découvre avant tout un préampli micro / ligne intégré avec une impédance nominale de 10 kΩ, doté d’un connecteur sur embase combo XLR / TRS symétrique, mais aussi un port Bluetooth 5.0 dédié au streaming. Ce port est un véritable atout, car il te permettra d’utiliser les Thrash12v2 en mono ou en stéréo (grâce au protocole TWS, ou True Wireless Stéréo dans la langue de Molière) pour diffuser ton son directement depuis un smartphone, une tablette, un ordinateur ou n’importe quel autre dispositif audio sans fil compatible. À cela s’ajoute une sortie Mix sur embase XLR symétrique (avec une impédance nominale de 150 Ω) qui combine les signaux reçus sur le préampli micro / ligne et sur le port Bluetooth, mais également un port USB-C dédié aux mises à jour du firmware.

Focus sur les caractéristiques audio
En interne, chaque modèle est équipé d’un biamplificateur intégré de classe D doté d’un système de refroidissement par convection, en mesure de délivrer une puissance totale de 500 watts RMS (niveau moyen), ou de 1 300 watts Peak (niveau crête), répartis de la manière suivante : 320 watts RMS pour les fréquences graves et 180 watts RMS pour les fréquences aiguës. En ce qui concerne les transducteurs, sur chaque enceinte, on retrouve un haut-parleur de 12 pouces (305 mm) de diamètre doté d’un aimant en ferrite, accompagné d’un moteur de compression de 1 pouce. Enfin, la répartition des fréquences entre ces deux éléments essentiels est assurée en interne par un filtre crossover fixé à 2 kHz.
En termes de performances audio, la fiche technique précise que leur réponse en fréquences s’étend de 53 Hz à 16 kHz pour une tolérance de -3 dB (ou de 45 Hz à 18 kHz pour une tolérance de -10 dB), avec une pression acoustique maximale annoncée à 129 dB Max SPL et un taux de distorsion global inférieur à 1%. Enfin leur angle de dispersion (H x V) est de 90° x 60°. Cerise sur le gâteau, les Thrash12v2 intègrent aussi un double limiteur de surcharge équipé de circuits de détection capables de travailler à la fois en fonction des niveaux Peak et RMS, en simultané. De plus, il est agrémenté d’un indicateur LED dédié, positionné sur le panneau de commande arrière, conçu pour te permettre de pousser le niveau au maximum sans subir d’artefacts audio indésirables, et surtout sans risquer d’endommager les précieux transducteurs.
Modes de voicing et réduction du risque de larsen
Comme sur la plupart des modèles Mackie récents (notamment les plus onéreux), tu pourras profiter de quatre modes de voicing distincts, qui vont tour à tour appliquer une courbe d’égalisation corrective spécialement réglée pour répondre aux besoins de différentes applications : le mode Flat (une courbe linéaire, sans correction, pour un maximum de fidélité), le mode DJ (caractérisé par une accentuation des fréquences graves, idéale pour la musique électronique et le hip-hop), le mode Live (avec une accentuation progressive des fréquences médiums et aiguës, idéale pour l’intelligibilité des voix), et, enfin, le mode Wedge (qui se distingue par une accentuation ciblée uniquement sur les fréquences médiums, idéale pour configurer les enceintes en retours de scène afin de permettre aux musicien·nes de s’entendre correctement, tout en réduisant les risques de larsen).

D’ailleurs, en parlant de larsen, précisons au passage que les Thrash12v2 ont également hérité de la désormais célèbre fonction Feedback Eliminator, qui te permettra de réduire drastiquement les risques de repisse intempestive, souvent très désagréable en live, tant pour le public que pour les artistes.

Transport et installation
En ce qui concerne l’installation, plusieurs possibilités s’offrent à toi. Ainsi, tu pourras monter les Thrash12v2 sur un trépied (modèle T100 vendu séparément), ou bien les disposer en satellites via une entretoise positionnée au-dessus d’un caisson de basse (modèle SPM400 vendu séparément), mais aussi tout simplement les poser au sol ou sur une estrade, à la verticale ou à l’horizontale grâce aux deux angles latéraux de 45° situés de chaque côté du châssis.
Profitons-en pour rappeler que chaque unité possède des dimensions compactes de 614 x 353 x 348 mm pour un poids plume de seulement 13,9 kg, ce qui reste finalement assez léger pour des modèles de cette puissance. En résumé, ces enceintes sont parées pour une utilisation nomade et sont très simples à installer ou à désinstaller, ce qui reste un excellent point pour les artistes indépendant·es qui sont souvent soumis·es aux aléas des déplacements constants.
Les enceintes Thrash12v2 en pratique
Lors de nos nombreuses heures d’écoute, nous avons constaté que les Thrash12v2 délivraient une excellente projection dans l’espace, avec une directivité très nette à l’avant des transducteurs, et un niveau très bien atténué à l’arrière des enceintes. C’est un bon point, car cela permet de diriger l’énergie sonore vers le public, sans trop interférer sur le jeu des musicien·nes. De plus, la couverture de l’audience est très correcte grâce à l’angle de dispersion horizontale de 90°, en particulier lorsque l’on combine deux enceintes en stéréo.

Globalement, la reproduction du signal s’est avérée très homogène sur les fréquences graves, même s’il ne fait pas non plus s’attendre à des infrabasses trop profondes. Mais, après tout, c’est bien normal, car la taille du haut-parleur principal (12 pouces) a ses limites et ne pourra pas descendre aussi bas qu’un modèle plus imposant, c’est pourquoi, si tu recherches une extension conséquente dans les graves, il sera judicieux de coupler les Thrash12v2 avec un ou deux caissons de basses additionnels.
Cela étant dit, dans l’ensemble, on retrouve la signature du fabricant Mackie avec un rendu sonore qui se caractérise par beaucoup de punch dans les fréquences médium-graves. Les frappes de grosse caisse ressortent de façon très claire, avec une sensation d’impact qui saura satisfaire les amoureuses de musique très rythmée. C’est particulièrement flagrant sur les morceaux electro, techno ou drum’n’bass, mais également sur les différents titres de style hip-hop que nous avons écouté en boucle, au studio, pendant plusieurs jours d’affilée.
Une fois le micro branché, nous avons constaté que la reproduction des fréquences médium-aiguës était également assez agréable, sans être ultradétaillée non plus, mais absolument jamais agressive. C’est pourtant souvent le cas avec ce type d’enceintes, or, ici, on sent bien que les concepteur·ices ont peaufiné les réglages internes pour permettre aux auditeur·ices d’effectuer des sessions d’écoute prolongées, sans jamais trop fatiguer l’oreille.

On regrettera simplement un léger manque d’extension dans les fréquences aiguës, qui reste néanmoins tout à fait acceptable, car, rappelons qu’il ne s’agit pas d’enceintes de monitoring de studio, mais bel et bien d’un système de diffusion pensé pour la sonorisation d’évènements de petite capacité.
Ensuite, les différents modes de voicing fonctionnent tous très bien, et permettront à chacun·ne de trouver un réglage adéquat en fonction du projet du jour. Le mode Flat est neutre (et c’est bien ce qu’on lui demande), le mode DJ ajoute un sérieux boost aux séquences rythmiques et aux lignes de basse, le mode Live aide à faire ressortir les fréquences les plus importantes des voix parlées ou chantées, et, enfin, le mode Wedge assure sa tâche sans problème en concentrant l’énergie dans les médiums, sans pour autant sacrifier le reste du signal.
Pour terminer, au niveau des connexions sans fil, nous avons beaucoup apprécié le fait de pouvoir appairer deux Thrash12v2 sans avoir recours à un quelconque câblage. C’est vraiment très pratique pour installer et désinstaller un petit système de sonorisation en un tour de main. Lors de nos nombreuses heures d’essai, la transmission des données Bluetooth s’est avérée très stable et nous n’avons jamais constaté aucun décrochage indésirable.

Conclusion
En conclusion, ces Thrash12v2 nous ont fait une très bonne impression et elles s’avèreront être un excellent choix pour les DJ, musicien·nes et prestataires indépendant·es en quête d’enceintes efficaces, punchy et faciles à utiliser. Leur construction robuste te permettra de les balader partout avec toi, que ce soit dans une salle de concert, dans un studio de répétition, ou bien même dans la rue si tu disposes d’un accès au réseau électrique.
L’aspect pratique et la qualité du rendu sonore global en font un outil très compétitif, surtout au vu du prix moyen pratiqué chez les revendeurs (369 € l’unité chez notre partenaire Thomann). Pour conclure, n’hésite pas à les essayer et à partager ton point de vue, ton expérience et tes questions avec la communauté gearnews.fr dans les commentaires.
La suite au prochain épisode !
Les +
- Rapport qualité / prix
- Rendu sonore homogène et agréable
- Punch affirmé des médium-graves
- Directivité nette et précise
- Facilité d’utilisation
Les –
- Profondeur des infrabasses limitée
- Léger déficit d’extension dans les fréquences aiguës


