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Quand tu mixes des basses qui manquent de corps, la tentation d’utiliser un égaliseur est forte. Pourtant, c’est une décision qui peut rapidement faire des dégâts. L’égalisation statique traite toutes les notes de la même manière alors que chaque note a une fondamentale différente (oui, logique).

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Sur le banc de test aujourd’hui, SubCulture, dévoilé par Baby Audio en juillet dernier, part de ce constat et propose l’inverse : un traitement qui suit la note jouée. Je l’ai chargé dans Logic Pro 12 sur des basses de synthèse et des 808 (issues de Serum 2 et de Pigments), et sur une Squier CV 60s Mustang Bass SG enregistrée en direct via mon interface audio Audient iD4 MKII.

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Comment SubCulture suit la hauteur de ta ligne de basse

Le traitement de SubCulture est le résultat d’un travail d’équipe on ne peut plus simple : un détecteur analyse ton signal entrant, en déduit la note jouée, et transmet cette information à trois modules de renfort qui se recalent en temps réel. Une ligne pointillée se promène sur le visualiseur et te montre ce que le détecteur entend, note après note.

Attention, ce qui va sans dire va mieux en le disant : SubCulture ne fonctionne que sur du monophonique, c’est-à-dire une seule note à la fois, comme le ferait Autotune par exemple. Baby Audio propose bien un mode MIDI pour contourner le problème en pilotant les modules depuis une piste MIDI plutôt que depuis l’audio : je t’en parle après.

SubCulture - Fenêtre principale
SubCulture – Fenêtre principale

Maintenant qu’on a fait rapidement le tour du concept, c’est l’heure de regarder ce qu’il y a sous le capot. Plusieurs modules se partagent la tâche, dont les principaux Sub Layer, Root Boost et Resonance. À noter que chacun peut suivre la détection, ou être figé sur une fréquence fixe, ce qui ouvre la porte à des usages qui sortent du cadre prévu (et tant mieux, parce que pourquoi s’en priver ?).

Sub Layer : le module qui fait le gros du boulot

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C’est le module que j’ai le plus utilisé sur SubCulture. Tu montes le curseur et une octave entière apparaît sous ta ligne de basse, qui la suit note pour note, comme par magie. Bon, en vrai, les sœurs Halliwell n’ont rien à voir là-dedans (si tu as moins de 30 ans, ignore cette ref). En fait, SubCulture duplique ton signal, le filtre et le repitche avant de le glisser sous l’original, avec un décalage réglable en demi-tons sur +/- 24. Tu peux donc aussi bien viser l’octave inférieure, qu’une quinte ou une septième si tu veux partir ailleurs (à tes risques et périls).

SubCulture - Modules Sub Layer, Root Boost, et Resonance
SubCulture – Modules Sub Layer, Root Boost, et Resonance

Un point que j’aime bien, c’est que le sub n’est pas synthétisé, il est extrait de ton signal. En gros, ce n’est pas une onde sinusoïdale plaquée en dessous de ta basse, c’est ta basse repitchée. Et c’est très cool, parce que ça veut dire qu’elle conserve une partie du caractère de la source.

Côté interface, le panneau fonctionne comme une grille X/Y : tu glisses vers le haut pour le niveau, vers la droite pour la largeur de bande capturée. La pente des filtres se choisit sur le bord gauche, de 24 à 96 dB/octave. Le menu de calibration ajoute des réglages du gate, de l’attaque, du seuil et un mode Percussive qui protège l’attaque du son au lieu de la noyer sous le sub généré (nickel pour les 808, entre autres).

Root Boost et Resonance, les deux modules d’appoint

Root Boost se comporte comme une cloche d’égaliseur que quelqu’un déplacerait pour toi en temps réel, note après note. Tu disposes de 18 dB dans les deux sens, en renfort comme en creux, et du même décalage de +/- 24 demi-tons que le Sub Layer. Tu glisses verticalement pour le gain, horizontalement pour la largeur, emballé c’est pesé. Sur le papier, c’est le module qui rattrape les notes faibles d’un instrument, même si Baby Audio propose aussi une utilisation inverse, pour dégager de la place au Sub Layer plutôt que pour renforcer.

SubCulture - Module Root Boost
SubCulture – Module Root Boost
SubCulture - Module Resonance
SubCulture – Module Resonance

Ensuite, le troisième module, Resonance est un filtre parallèle qui combine un pic agressif autour de la fréquence détectée et un coupe-haut large. Personnellement, je n’ai jamais aimé les modules de résonance, dans aucun plug-in, au même titre que je n’aime pas le son d’un filtre résonant poussé à l’extrême. Celui-ci ne m’a pas fait changer d’avis, et je l’ai laissé à zéro. Si tu es de l’autre école, pardon d’avoir blessé ton petit cœur, je te souhaite de bien t’amuser avec cette fonction.

Détection de hauteur : ce qui marche… et ce qui décroche

Le détecteur de SubCulture est fiable sur les synthés de basse, et c’est logique : la source est propre et la note est nette, donc facilement identifiable. Sur ma Mustang par contre, j’ai eu un décrochage. Je soupçonne que le responsable n’est pas le plug-in mais plutôt mon jeu du genre approximatif (et qui ferait s’arracher les cheveux à n’importe quel·le bassiste qui se respecte). Je pense (je suis sûre) qu’une basse jouée à la main (encore plus par ma personne) n’a pas la régularité d’une ligne de basse virtuelle programmée à la souris, qu’elle soit issue d’un synthé comme Serum 2, d’un plug-in de modélisation comme EZbass, ou d’une banque de sons comme Trillian.

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Bref, c’est là que le menu Auto Pitch Calibration prend tout son sens. Tu y trouves tout ce qu’il faut pour affiner la plage de détection, un seuil de confiance, un noise gate, un processeur de transitoires, un filtre coupe-haut sur le signal d’analyse et une fonction de quantification sur une gamme. Renseigner la tonalité du morceau dans le paramètre Scale limite aussi les erreurs, en empêchant le détecteur de proposer des notes qui n’existent pas dans la gamme du morceau.

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Régler la fréquence de repli quand la note échappe au détecteur

Reste le cas où le détecteur ne sait pas quoi répondre. Tu définis alors une fréquence de repli, module par module : celle sur laquelle Sub Layer, Root Boost ou Resonance se rabat quand la note lui échappe. Tu la saisis en Hz ou directement en note, ce qui permet de la caler sur la tonalité du morceau sans avoir à convertir quoi que ce soit.

Le comportement, lui, se règle une seule fois dans le menu de détection et s’applique aux trois modules :

  • Manual bascule sur la fréquence de repli dès que la note devient floue, et reprend le suivi sitôt qu’elle redevient claire.
  • Hold gèle la dernière note détectée et la tient tant que le signal reste ambigu.
  • Hybrid maintient brièvement cette dernière note, puis glisse vers la fréquence de repli si rien ne revient.

Côté latence, rien de terrible à signaler. La détection en ajoute forcément un peu, mais le plug-in la “déclare” au DAW, et je ne l’ai sentie que sur de grosses sessions où j’empilais les instances de Kontakt et de Pigments, donc SubCulture n’y est probablement pour rien.

Le mode MIDI de SubCulture, la garantie qui se mérite

Baby Audio propose une solution pour ne plus avoir à parier sur la détection. Dans le menu Settings, le paramètre Freq Analysis bascule les trois modules vers le mode de détection MIDI. L’analyse audio s’arrête, et les modules se contentent de lire les notes que tu leur envoies.

SubCulture - Freq Analysis
SubCulture – Freq Analysis

C’est aussi ce qui rend le plug-in utilisable ailleurs que sur sa piste d’origine, puisque l’analyse audio n’a plus d’importance. Mais le routage se paie : SubCulture reste un effet audio, et lui envoyer du MIDI demande une configuration spécifique, qui change d’un DAW à l’autre. Surtout, ça suppose que tu aies la ligne de basse en MIDI. Enfin, rien d’insurmontable non plus !

Saturation, compression et sortie : mixer sa basse sans rien ajouter

Après les trois modules, viennent une saturation et un compresseur, puis une section de sortie. J’ai fait le test de traiter mes basses uniquement avec les outils de SubCulture, pour voir jusqu’où ça tenait, et le résultat m’a satisfaite à chaque fois. Techniquement, tu n’as rien besoin d’insérer derrière, en tout cas pas pour un traitement classique. Libre à toi d’ajouter de la réverbe ou du délai mais si tu fais ça, c’est que tu aimes vivre dangereusement (s’il te plaît, ne fais jamais ça !).

SubCulture - Module Saturation, Compression, et Output
SubCulture – Module Saturation, Compression, et Output

Enfin bref, revenons à notre mouton nommé saturation. Le module de saturation propose cinq modèles : Tube, Tape, Diode, Vintage, Crystal, et dispose de réglages de drive, bias, distribution des harmoniques paires et impaires, forme de la courbe, restriction de la bande traitée et trois paliers de qualité de traitement (Economy, Pro, Ultra). J’ai toujours eu un faible pour les saturations calquées sur le comportement des lampes, donc forcément j’ai préféré la Tape (eh non, la Tube, c’était pour voir si tu suivais).

De son côté, le compresseur offre quatre modes : Glue, un VCA de bus classique en réglage par défaut, Punch, Sustain, et Custom pour tout définir toi-même. Les trois premiers sont exploitables tels quels, tout dépend de la source, et de toute façon les contrôles fins sont accessibles en un clic, donc régale-toi. C’est d’ailleurs le cas pour tous les modules du plug-in.

Pour finir, la section de sortie aligne un égaliseur à trois bandes (sub, bas, haut), un filtre coupe-bas global à pente réglable, un curseur Mono qui somme tout ce qui passe sous une fréquence donnée pour éviter les problèmes de phase, un limiteur et une fonction d’Auto Gain. Pour moi, cette dernière fonction est un indispensable des plug-ins, quels qu’ils soient, parce qu’on a vite fait de se convaincre que “ça sonne mieux” alors qu’en fait, ça sonne juste plus fort.

Les deux limites de SubCulture (selon moi)

En premier, l’absence d’un bypass par module. Par exemple, pour entendre l’effet du module Root Boost, il faut que tu ramènes le module à zéro, que tu écoutes, puis que tu annules pour retrouver ton réglage. Trois gestes là où un bouton suffirait, et je ne vois aucune raison technique à cette omission, d’autant que les trois moteurs sont indépendants, donc rien n’empêche de les couper séparément. Si ?

En second, la fiabilité du suivi. Une basse jouée au médiator (ou au doigt) embarque du bruit et des harmoniques hautes qui peuvent brouiller le détecteur (surtout quand une noob comme moi joue). Régler le noise gate m’a dépannée, mais je n’ai aucun moyen de vérifier que chaque note est correctement identifiée autrement qu’en surveillant la ligne pointillée du visualiseur, mesure après mesure. La seule garantie, c’est le mode MIDI, sauf qu’il suppose de disposer d’une version MIDI de la ligne de basse, ce qui n’arrive justement pas quand tu mixes une prise. Sur un outil dont la détection automatique est l’argument central, c’est dommage.

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Si tu veux te faire ton propre avis

SubCulture est disponible sur macOS et Windows en VST, VST3, AU et AAX, à 69 € au lieu de 115 €, avec une formule Sub-to-own à 13,99 € par mois sur le site de la marque, ou chez les revendeurs comme Thomann. Une version d’essai est disponible, avec une contrainte à connaître avant de te lancer : elle coupe le son 5 secondes toutes les minutes, ce qui rend le réglage fin assez pénible.

En bref, c’est un bon tout-en-un pour donner du corps à des basses, et plus largement à tout son chargé dans le bas du spectre qui peine à se démarquer du mix. Malgré tout, je reste de l’école « il vaut mieux maîtriser le son à la synthèse » (les gens qui disent “on verra ça en post-prod”, on vous voit, et on le sait : ce n’est jamais vous qui vous occupez de ladite post-prod). Bref, comme je produis ce que je mixe, j’ai toujours la main en amont. Mais dès que tu mixes des morceaux dont tu n’as pas les stems, ou dont tu n’as pas produit les sons, SubCulture pourrait s’avérer un fidèle compagnon de route.

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