TEST des nouveaux micros KSM 32C, 40C et 44MP de Shure: le mastodonte frappe très fort!
Des micros hyper polyvalents et propres
Aujourd’hui, j’ai le plaisir, que dis-je, l’honneur de te présenter non pas un, mais trois nouveaux micros de la célèbre marque dont la réputation n’est plus à faire, Shure. Voici les KSM 32C, KSM 40C et KSM 44MP.
Sommaire
Introduction :
Avant toute chose, même si Shure n’est sûrement plus à présenter, sauf pour celles et ceux qui n’auraient jamais vu un micro de leur vie, revenons sur sa petite histoire et l’impact de cette marque sur le monde audiovisuel, et plus encore.
Fondée en 1925 par Sidney N. Shure, l’entreprise vendait à ses débuts des kits et des pièces pour postes radio. En 1932, Shure annonce le Model 33N Two-Button Carbon Microphone. Il s’agit du premier micro « léger », fiable et garantissant de hautes performances audio sur un marché dominé par des modèles encombrants et très onéreux. Le succès est au rendez-vous et il devient utilisé pour la reprise de son en live et les applications radio à double sens de communication.
En 1964, Shure sort la cellule V-15 Stereo Dynetic, reconnue comme l’une des plus belles cellules jamais produites. Mais c’est du côté des micros que la révolution sonne en 1965 avec l’apparition du fameux SM57 (SM pour Studio Model). Il dispose de tous les atouts de la modernité et du savoir-faire Shure liés à l’évolution de la musique et de sa captation. Il est capable d’amplifier la parole, le chant ou les instruments de musique. Il fut employé par tous les présidents des États-Unis à partir de Lyndon Johnson.
Un an plus tard, en 1966, Shure poursuit sur sa lancée avec le SM58, plus dédié au chant et particulièrement adapté aux chanteurs de rock. Les Beatles, les Rolling Stones ou les Who, entre autres, vont devenir les ambassadeurs des micros SM en les utilisant sur les scènes du monde entier. En parallèle, Shure développera un système de sonorisation portable, le VocalMaster, et un mixeur portable fonctionnant sur batterie, le M67.
Avance rapide vers les années 2000, la série KSM (d’où viennent les micros que je vais te présenter aujourd’hui), à condensateur, est élaborée spécialement pour l’enregistrement en studio/home studio.
Un domaine où des références comme le Shure SM7B ont contribué à asseoir la réputation de la marque auprès des créateurs et des ingénieurs du son.
Maintenant que nous nous sommes rafraîchis la mémoire avec un peu d’histoire, passons à la découverte de nos micros et de leurs caractéristiques.
Le KSM 32
Présentation
Le Shure KSM32C est un micro électrostatique doté d’une capsule gaufrée à diaphragme simple de 3/4 de pouce. Sa réponse en fréquence est étendue et uniforme ; c’est la plus neutre de la gamme KSM ! Avec sa courbe de directivité cardioïde constante, il offre un son à grand diaphragme tout en fournissant le rejet hors axe typique des micros à petit diaphragme.
Selon Shure, le micro serait particulièrement adapté pour les performances amplifiées avec des niveaux de pression acoustique (SPL) élevés, par exemple pour une batterie, des amplis guitare, basse ou encore des cuivres.
Le boîtier, quant à lui, en plus d’être élégant, possède un sélecteur d’atténuation de 15 dB ainsi qu’un filtre coupe-bas à trois positions. Il bénéficie également d’un bruit propre minimal et d’un intérieur plaqué pour le blindage HF.
Disponible au prix de 729 € sur le site du constructeur.

Tests et comparatifs
Tu l’auras compris, au vu de la présentation et des recommandations de Shure, le micro a l’air bien adapté aux instruments avec une forte pression acoustique, ce qui me donne envie, de pousser l’ampli guitare à fond et de jouer un petit riff afin de comparer ma prise avec le KSM32C à une autre légende du monde des micros que l’on voit devant tous les amplis guitare, que ce soit en studio ou en live : le Shure SM57 !
Si je peux me permettre un petit tips sur le placement des micros pour les amplis guitare/basse, n’hésite pas à t’amuser avec le placement devant les HP de l’ampli ! Plus tu te rapprocheras du centre, plus le son sera grave/muddy, et plus tu t’éloigneras de celui-ci pour être proche de la membrane, plus tu retrouveras ce son agressif et métallique, assez sympa sur des guitares lead par exemple, selon moi… Ça reste subjectif, évidemment.
KSM32C
SM57
Suite à l’écoute de ces deux prises sur un bon système son, tu pourras remarquer rapidement que le KSM32C paraît plus « plein », de par sa réponse en fréquence et sa directivité, qui paraît plus large que celle du Shure SM57. Rien de surprenant dans cette analyse, au vu des différences entre les deux micros et de leurs utilités : studio pour le KSM32C, et plus axé live pour le SM57.
Je trouve que le KSM reste plus fidèle que le SM57, qui se montre, lui, plus « agressif » sur la reproduction du son. Je pense que la neutralité accrue du KSM32C rend la post-production plus intéressante et laisse une marge de manœuvre plus importante que le SM57 pour des prises studio.
Cependant, il faut tout de même souligner la différence de prix entre les deux, le KSM32C ne pouvant pas rentrer dans tous les budgets, contrairement au SM57, qui, lui, est plutôt abordable (129 € sur le site de Shure). À toi de faire ton choix en fonction du prix que tu es prêt·e à mettre.
Le KSM40C
Présentation
Le Shure KSM40C est un micro électrostatique à capture latérale, fabriqué avec une capsule cardioïde à diaphragme simple de 1 pouce. Sa réponse en fréquence se veut idéale pour le mixage, avec une accentuation subtile et régulière dans les hautes fréquences.
Ce micro est adapté aux voix aériennes ou aux instruments acoustiques tels que les guitares, les instruments à vent et les cordes. Il est fourni avec sa suspension antichoc, qui isole le micro des vibrations externes.
Tout comme le KSM32C, le design est assez élégant et épuré. Le KSM40C est équipé, lui aussi, d’un sélecteur d’atténuation de 15 dB et d’un filtre coupe-bas à trois positions, avec un bruit propre minimal et une réponse transitoire rapide.
Pour les comparatifs, je te propose d’explorer deux prises de son réalisées avec les deux derniers micros de ce test, donc le KSM40C et le KSM44MP, qui semblent tout de même similaires dans l’utilité que l’on pourrait en avoir en studio, sur des voix ou des instruments acoustiques qui demandent une fidélité plus accrue que d’autres sources.
Je t’invite donc à passer au prochain paragraphe, après la description du dernier micro de ce test, afin de comparer ces deux micros de Shure et de voir comment adapter ton choix en fonction des résultats de celui-ci.
Disponible au prix de 969 € sur le site du constructeur.

Le KSM44MP
Présentation
Le Shure KSM44MP est un micro à condensateur à directivités multiples. Il intègre des diaphragmes d’1 pouce en Mylar avec double couche d’or ainsi que des connecteurs internes et externes plaqués or. Il présente un très faible niveau de bruit propre et une polyvalence qui le rend compatible avec une grande variété d’applications.
Il comprend évidemment, lui aussi, un sélecteur d’atténuation de 15 dB et un filtre coupe-bas à trois positions, mais aussi un filtre subsonique pour éliminer les bruits mécaniques en dessous de 17 Hz.
Le second diaphragme permet d’obtenir des directivités multiples, réduit l’effet de proximité et offre une réponse en fréquence étendue et uniforme.
Sa réponse en fréquence très neutre, surtout en cardioïde, en fait un choix idéal pour tous types de sons que l’on voudrait reproduire au plus proche de l’identique.
Disponible au prix de 1 209 € sur le site du constructeur.

Tests et comparatifs
Pour ce comparatif, j’ai plutôt opté pour un sample de guitare électrique, n’en ayant pas dans ma demeure et ne voulant pas sacrifier tes oreilles avec ma voix… Selon Shure et la présentation des ses deux micros, ça me semble adapter à cette situation !
KSM40C
KSM44MP
Sur les deux prises ci-dessus, tu pourras remarquer que la ressemblance est tout de même assez frappante ! Même si, selon moi, on gagne un peu plus en effet de largeur avec le KSM44MP, qui est censé être le plus haut de gamme de ce trio.
Les deux micros sont très neutres, fidèles et restituent nos prises de la meilleure des manières. Il est très peu probable qu’ils soient un mauvais choix, et ce, quelle que soit la source !
Cependant, si ton souhait est de commencer à donner rapidement une certaine couleur à ta prise, je pense qu’il vaudra mieux la compléter avec un autre micro de ton choix, car ceux-ci restent très transparents, ce qui est loin d’être un défaut !
La différence n’est pas flagrante, certes, et se retrouvera surtout dans le choix des directivités sur le KSM44MP, qui laisse donc une marge de manœuvre conséquente quant à son utilisation dans différentes situations de captation sonore.
On pense aussi à nos technicien·nes son à l’image, qui pourraient finalement trouver bon nombre d’utilités à ce micro en particulier ! Ça me rappelle un peu les deux micros d’AKG, le C214 et le C414, dont la principale différence réside justement dans le choix des directivités, que l’on retrouve de plus en plus sur les micros haut de gamme.
Bref, vraiment très convaincu par ces micros qui tiennent toutes leurs promesses et qui restituent le son de nos sources avec une fidélité qui ne peut qu’être appréciée en amont du mixage !
Conclusion
Shure arrive encore à nous convaincre dans le choix de ses micros en proposant des petits nouveaux qui s’adaptent, à mon sens, parfaitement à la musique moderne. C’est détaillé dans les hauts, chaleureux dans les bas et, sur les trois micros, très fidèle à notre source.
Le catalogue, déjà splendide, de la marque vient s’enrichir de ces trois micros haut de gamme, qui sauront satisfaire plus d’un·e d’entre vous pour vos prochaines sessions studio.
D’autant plus que le résultat de ce test laisse à penser que leur utilité pourrait aller bien plus loin que de simples micros « clean » pour des prises studio, notamment avec le KSM44MP qui vient ajouter le choix de la directivité, comme peuvent le proposer le Neumann U87 ou l’AKG C414.
Les prix sont assez élevés, mais restent très raisonnables lorsqu’on les compare à ceux d’autres micros de la même catégorie, ce qui en fait un choix assez attractif, même pour les budgets plus serrés.
En résumé, des pièces qui ne manqueront pas de trouver leur place dans ton parc de micros et qui pourront se montrer utiles en toute circonstance.
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