Artistes & métiers : Le jeu des 7 familles de la musique.
Faire "bonne pioche" dans l'écosystème de la musique
J’imagine que tu as déjà joué au jeu des 7 familles. Ce qui est formidable avec ce jeu c’est qu’il peut se décliner dans un nombre de versions quasi infini. Je te propose mon remix avec ma version, les 7 familles du business de la musique. Au sein de chacune des familles, je te laisse le soin d’attribuer les rôles de membres, mère père, enfants… Il n’est pas exhaustif et je vais avoir l’occasion sur ce blog d’enrichir la présentation de chacune des familles. Concernant la « pioche » indispensable pour jouer, ce qu’on aime c’est toujours faire une bonne pioche, et dans notre grande famille ce n’est pas toujours le cas.
SOMMAIRE
Dans la famille « artiste »…
Il serait possible de faire un jeu entier autour de la notion d’artiste qui est un terme aussi vaste que flou, tout un chacun pouvant être qualifié d’artiste dans son domaine. Par abus de langage, toute personne ayant une activité artistique est ainsi nommée, artiste, avec parfois un sous-entendu condescendant. Je te propose d’apporter quelques distinctions entre les différentes activités d’ « artiste » qu’il est possible (et surtout très probable) d’effectuer en même temps.
Je commence par les interprètes d’une œuvre, qu’il faut nommer artiste-interprète, tu vas voir ensuite le pourquoi de cette précision.
Artiste-interprète, tu disposes du statut social de salarié, engagé pour une prestation généralement rémunérée au cachet, tu es également titulaire de droits voisins du droit d’auteur.
Mettre son talent vocal ou d’instrumentiste au service de l’œuvre n’est pas une mince affaire. Il faut, lorsqu’on est l’interprète principal, assurer et assumer le devant de la scène, récolter les applaudissements ou au contraire être sous le feu des critiques quand il y en a.
Les interprètes ne sont pas que les solistes, ce sont aussi tous les instrumentistes, et par extension les musiciens. Musicien est un terme générique pour désigner une personne qui crée, interprète ou joue de la musique. Cela peut impliquer la maîtrise d’un instrument, la composition de morceaux originaux, l’interprétation de pièces musicales existantes, ou même l’exploration de nouvelles formes et styles musicaux.
Les musiciens peuvent exercer leur art en solo, en groupe ou en collaboration avec d’autres artistes, et ils contribuent de manière significative à la richesse culturelle et artistique de la société.
Parlons maintenant de celles et ceux qui créent les œuvres que les interprètes exécutent (j’aime bien l’idée d’exécution dans la musique). Au sens de la Sécurité Sociale, les créateurs de quelque esthétique que ce soit, arts graphiques, arts plastiques, photographie, musique, arts numériques, audiovisuel à condition qu’ils produisent une œuvre réputée comme telle au sens du Code de la propriété littéraire et artistique, sont nommés artistes-auteurs. Les autrices et les auteurs dans la musique sont à l’origine du texte, des mots. On les appelle aussi paroliers.
La compositrice ou le compositeur élabore la musique en une œuvre originale, reflet de sa personnalité par l’utilisation d’un ensemble de codes correspondant à l’esthétique musicale de la composition. Il faut composer la mélodie, l’harmoniser et en donner le rythme.
Le compositeur peut être l’interprète de son œuvre, voire l’unique interprète, il peut réserver une part d’improvisation dans sa composition. Il peut même n’y avoir aucun interprète si le compositeur a confié l’exécution à un logiciel de musique assistée par ordinateur qu’il aura préalablement configuré suivant ses désirs créatifs.
Si le compositeur ne compose que la mélodie, il est nommé dans les musiques actuelles : top liner. S’il se charge de la rythmique et de l’harmonie, il est beatmaker.
L’adaptateur, est cocréateur du texte notamment lorsqu’on fait une version française d’une chanson en langue étrangère, et l’arrangeur est le metteur en forme de l’œuvre. Son apport créatif par l’orchestration des morceaux, c’est-à-dire le choix des instruments et ce qu’ils devront jouer, est souvent déterminant pour le succès de l’œuvre.
L’arrangement peut être envisagé comme une composition dans la composition. Le rôle de l’arrangeur peut se fondre avec celui du producteur/réalisateur artistique voire de l’ingénieur du son de mixage.
Les artistes-auteurs sont rémunérés en droits d’auteur possiblement par l’intermédiaire de prime de commande et essentiellement par une rémunération proportionnelle à chaque utilisation de leur œuvre, dans le cadre de la gestion collective du droit d’auteur, en France essentiellement opérée par la Sacem.
Au cours de l’histoire, la dichotomie entre son rôle d’auteur et celui d’interprète a toujours été mouvante. Dans la musique populaire, auteur-compositeur-interprète est une configuration très souvent rencontrée.

Dans la famille « technologie »…
La notion d’enregistrement évolue beaucoup dans la musique. De l’impression physique d’un signal audio, réalisée avec des micros, nous sommes passés à l’enregistrement virtuel d’informations dans le cadre de la musique assistée par ordinateur. Pour les instruments logiciels ou MIDI, le signal audio n’est pas enregistré, il ne requiert pas les compétences d’un ingénieur du son dans le placement des micros ou le rapport à l’acoustique d’une pièce. Or on pourrait apparenter l’ingénieur du son à un magicien. Il va capturer le son non pas tel qu’il existe, mais tel qu’il faut l’entendre. Il va le façonner et le restituer de telle sorte qu’il soit audible.
Le studio d’enregistrement est la salle de création ultime pour les magiciens du son. C’est là que les musiciens et artistes se réunissent pour transformer les idées en pistes audio. C’est le laboratoire où les rêves musicaux prennent vie, où le silence est sculpté en symphonies et où chaque note est soigneusement chouchoutée pour qu’elle brille comme une étoile dans l’univers sonore. C’est pour moi le sanctuaire où tout peut arriver, le meilleur comme le pire, ici s’y fabrique, le track, le morceau, le titre, la piste, le son. Tu pourras choisir le terme qui définit le mieux ton œuvre.
Pour beaucoup d’entre-nous l’enregistrement est désormais numérique, il est la représentation de l’information musicale sous forme de nombre. La musique, le son est reconstruit par une suite de « mots » numériques composée de 0 et de 1. La conversion de cette information en données numériques est tapeless, c’est un disque dur qui stocke l’information et plus une bande magnétique.
On a donc pris l’habitude par analogie de designer par « numérique » tout ce qui pouvait être traité par un ordinateur. Digital est la traduction anglaise du mot.
On aura du mal à faire sans les algorithmes. Dansla problématique qui nous intéresse, il s’agit d’un dispositif qui trie, répertorie et fait des calculs sur une très importante masse de données. L’algorithme permet de décrire comment un programme doit fonctionner. Il établit des classements et fait des choix subjectifs extrêmement opaques. Le comportement de certains algorithmes évolue en fonction des données qui ont été fournies, ils sont auto-apprenants.
Il faudrait faire un jeu de carte entier pour parler d’intelligence artificielle qu’elle soit simplement considérée comme un outil d’assistance ou bien qu’elle soit générative : elle propose et tu décides.
/https://phonomuseum.fr/ – Histoire de la reproduction sonore
Dans la famille « production »…
La notion de production dans la musique fait référence au processus créatif et technique par lequel une composition musicale est transformée en une œuvre finale prête à être écoutée par le public, pouvant ainsi transformer une simple performance en une expérience sonore sublime.
Cela implique une série d’étapes, de décisions et de manipulations qui visent à améliorer la qualité audio, l’esthétique et l’impact émotionnel de la musique. Une place très importante est réservée au mixage et au mastering.
Tu dois aussi envisager la production sous l’angle des moyens qui auront été affectés, humains, techniques, administratifs et financiers. Le même terme désigne donc deux aspects différents et totalement complémentaires. Dans le premier cas il faut l’intervention du réalisateur artistique qu’on peut désigner sous le terme de producer. Je choisis le terme anglais, car celui de réalisateur est plus associé à l’image qu’au son.
Le producteur, loin de la vision simpliste du financier roulant en voiture de sport, est en réalité souvent toi-même puisque juridiquement, sera qualifié de producteur la personne qui prend l’initiative de l’enregistrement, c’est donc assez éloigné d’une seule notion financière.
Tu es producteur, tu peux à ce titre revendiquer une part de droits voisins du droit d’auteur administré par deux organismes de gestion collective en France, la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) et la Société des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF).
Autre membre de la famille, l’éditeur musical aux activités multiples. Il doit assurer l’exploitation permanente et suivie de l’œuvre dont il est cessionnaire des droits. Historiquement, à une époque où la diffusion d’une œuvre ne se faisait que par transmission écrite sous la forme d’une notation musicale plus ou moins aboutie, l’éditeur assurait la publication et la diffusion de la partition.
À l’apparition de nouvelles possibilités d’exploitation, l’éditeur doit se donner les moyens d’y diffuser l’œuvre, il peut trouver de multiples interprètes pour qu’elle soit exécutée le plus souvent possible. Il pourra prendre l’initiative de faire fixer l’œuvre sur un support, un enregistrement, à ses frais ou en s’assurant les services d’un partenaire producteur. Ils devront ensemble assurer la promotion et la diffusion de cet enregistrement.
L’éditeur musical se rémunère sur les revenus générés par les exploitations de l’œuvre, au titre du droit d’auteur. Le producteur, lui, sur les ventes de l’objet physique ou dématérialisé pour lequel il a pris l’initiative de l’enregistrement. Il est évidement possible et courant de cumuler les deux fonctions.

Dans la famille « distribution » …
Phonogramme est le terme qui désigne un enregistrement qu’il s’agisse d’un support physique ou dématérialisé. Juridiquement, il se définit par une « suite de sons ». Le producteur de phonogramme est celui qui a pris l’initiative de l’enregistrement, ça tu le sais désormais. Il dispose du droit exclusif d’autoriser sa duplication et sa communication au public. Il a plusieurs noms, éditeur phonographique producteur phonographique, producteur…
Le sujet est donc de diffuser auprès du public le phonogramme sous toutes ses formes possibles. Qu’il s’agisse d’un objet physique comme un Cd ou un vinyle ou un fichier numérique dématérialisé. La diffusion numérique peut se faire online. Cette notion désigne l’ensemble des exploitations faites via un réseau connecté.
C’est donc un ensemble très vaste qui va concerner aussi bien les pure players que sont les plateformes dédiées au streaming musical, citons pour exemple Spotify, Deezer, AppleMusic, Qobuz, que les utilisations via les médias sociaux comme TikTok, Instagram, Facebook ou encore YouTube.
Le streaming fait référence à la diffusion en continu de contenus multimédias, tels que des vidéos, de l’audio ou des jeux, sur Internet.
Contrairement au téléchargement, où vous devez attendre que tout le fichier soit téléchargé avant de le lire, le streaming permet aux utilisateurs de regarder ou d’écouter le contenu en temps réel sans avoir à le stocker intégralement sur leur appareil.
Par extension le streaming est devenu le terme générique qui désigne l’exploitation de la musique sur les plateformes et c’est aujourd’hui le mode de diffusion le plus répandu tant en termes de nombre de morceaux disponibles que de source de revenu global de la musique enregistrée. Un prochain article de blog sera consacré à toutes les formes de distribution de phonogrammes.

Dans la famille « promotion »…
La promotion est une activité qui a pris une importance considérable devenant incontournable en parallèle de la diffusion. Elle a même donné lieu à l’apparition de nouveaux métiers tels que streamer, curateur, Youtubeur ou influenceur. Il n’est pas rare qu’on commence par regarder ton nombre de followers avant même d’écouter ta musique.
Se fabriquer une autorité, une image sur les réseaux sociaux est un travail très chronophage mais loin d’être inintéressant. On peut même y voir une forme d’expression supplémentaire qui nécessite de s’adapter aux différents médias de diffusion. Il est possible de se faire assister par les descendants numériques des attachés de presse que sont les community managers.
Des services de promotion numériques sont disponibles, la promesse de faire monter ton nombre de streams doit toujours être mise en relation avec le type de campagne proposée, certaines sont très adaptées à des esthétiques musicales précises, qui ne sont pas forcément la tienne.
Il faut bien cadrer le budget qu’on alloue à la campagne de promotion car la volatilité des réseaux est telle que des actions régulières à bas bruit que l’on mène par soi-même peuvent avoir un meilleur résultat qu’un grosse campagne ponctuelle limitée dans le temps. La meilleure solution étant peut-être de grosses campagnes régulières illimitées. Nous n’en avons pas tous les moyens.
Pour compléter ces métiers du Web 3.0 : le curateur. Dans le périmètre du streaming, il fera des propositions de playlists et bâtira son autorité en fonction de son nombre de followers. Il deviendra alors un influenceur et sera courtisé, chacun voulant apparaître dans ses playlists. Problème commun à tous : arriver à monétiser ses activités.

Dans la famille « droits »…
Les droits d’auteur et les droits voisins du droit d’auteur sont les gardes du corps de la création. Le droit d’auteur dans sa version droit moral nous permet de garder la possibilité de décider de divulguer ou non notre œuvre, et le droit patrimonial nous en garantit la rémunération.
Le droit voisin du droit d’auteur est l’une de nos rémunérations quand nous sommes également interprète ou producteur de l’œuvre. En France, nous faisons apport de nos droits à des organismes de gestion collective (OGC) pour qu’ils les collectent et nous les reversent. Ce sont des sociétés privées qui exercent une mission reconnue d’utilité publique.
Avant de collecter et de nous verser nos droits, elles délivrent des autorisations d’exploitation pour le compte de leurs membres, nous.
Elles ont également des obligations de soutien à la création et des missions sociales envers leurs membres.
J’ai pour ma part confié la gestion de mes droits d’auteur à la Sacem et la gestion de mes droits voisins de producteur à la SCPP. L’Adami et à la Spedidam gèrent mes droits d’interprète.
Comme pour la famille « artistes » il faudrait y consacrer un jeu de cartes entier. Je vais donc avoir l’occasion d’y revenir régulièrement sur ce blog.
Il est nécessaire d’adhérer à ces sociétés, l’adhésion payante se fait une seule fois et n’a pas besoin d’être renouvelée annuellement. Tu dois être très rigoureux dans la documentation, c’est-à-dire les informations que tu vas fournir lors du dépôt de tes œuvres ou de tes phonogrammes. C’est sur cette base de documentation qu’il sera possible aux OGC de t’identifier comme éventuel titulaire de droits et t’envoyer l’argent qui te revient.
Dans la famille « administratif »…
Nous voici dans la famille qui n’est pas toujours la plus appréciée, et c’est un tort. Tu peux avoir tendance à négliger les questions qualifiées d’administratives voire totalement les zapper. Pourtant, comprendre les dispositifs fiscaux, sociaux et plus généralement organisationnels est un sérieux atout pour la sécurisation de ton parcours professionnel.
Suivant la variété de tes activités il faut se mettre en règle avec différents « guichets » car une négligence peut coûter très cher et surtout, être un professionnel implique ce type de connaissances. Si tu es créatrice ou créateur, alors une immatriculation à l’Urssaf artistes-auteurs est indispensable. C’est une autre Urssaf qui va gérer ton activité de micro-entreprise si tu en as une.
Lorsqu’on est salarié rémunéré au cachet il est fondamental de se rapprocher de France travail pour éventuellement percevoir une indemnité issue de ses cotisations au titre des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage, le régime dit des Intermittents du spectacle que beaucoup nous envient. Cela permet également d’ouvrir des droits pour bénéficier de congés payés via les Congés spectacles ou encore d’une visite médicale annuelle ou une complémentaire santé à un bon tarif.
Penser le plus tôt possible à sa retraite est une très bonne idée car dans le secteur de la création nous possédons d’excellents régimes de retraite complémentaires gérés par l’Ircec.
Il existe des options fiscales intéressantes, par exemple opter pour les frais réels ou encore recourir à l’article 100bis du code général des impôts qui permet d’étaler sur plusieurs années un revenu exceptionnel important afin de minorer sa pression fiscale. Et comme j’ai pu déjà te le dire, et j’insiste, il faut s’inscrire le plus rapidement possible dans les OGC de droits d’auteurs et droits voisin et y déposer ses œuvres. C’est la condition sine qua non pour espérer percevoir ses droits. Il existe pour tous les métiers de la création des organisations professionnelles et syndicales qui sont de très précieux centres de ressources et d’information.
Et surtout, vérifie périodiquement que tes informations personnelles sont à jour. Dans un monde où le courrier papier tend à disparaître, le changement d’émail, la disparition d’un numéro de téléphone fixe ou un nouveau numéro de mobile peuvent avoir d’assez sérieuses conséquences. Si tu es inscrit depuis longtemps dans un organisme, il est tout à fait probable que tes coordonnées mail aient changées, il faut les mettre à jour.
Brian Eno a inventé un jeu de cartes pour composer de la musique, les stratégies obliques, avant lui Mozart un jeu de dés pour composer des menuets. Avec ce jeu de 7 familles l’idée est d’aller y piocher régulièrement des informations pour se renforcer sur son parcours dans le monde du business de la création. Mes billets de blogs visent ainsi à t’aider à améliorer tes connaissances dans ce qui est appelé les Industries culturelles et créatives.
Bonus pour ta carrière d’artiste
Tu veux jouer avec moi au jeu des sigles et acronymes des organismes de la filière musicale ? Je te propose : URSSAF.
Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales.
Il serait juste de parler des Urssaf. Leur principale mission est la collecte des cotisations salariales et patronales destinées à financer le régime général de la Sécurité sociale, ainsi que d’autres organismes ou institutions (régime de l’Assurance chômage, Autorités organisatrices de la mobilité, fonds national d’aide au logement, fonds de solidarité vieillesse..)
Pour qu’il y ait prestations, il faut qu’il y ait cotisation.
Book & Bookmarks
- Le site du Syndicat national de l’édition phonographique. Les producteurs de phonogrammes et leur rapport d’activité : https://snepmusique.com/chiffres-ressources/chiffres-du-marche/
- L’UPAD est une organisation professionnelle d’auteurs : https://www.upad.fr/
- Un livre : David Byrne, depuis les premiers concerts de Talking Heads au milieu des années 1970, est témoin et acteur d’une scène expérimentale naissante. L’artiste revisite son apprentissage en amateur, ses pratiques collaboratives et la découverte d’autres univers musicaux à Bali, au Japon, en Afrique de l’Ouest ou au Brésil. Éditions de la Philamonie, ISBN : 979-10-94642-39-9

Plus d’articles sur ta gestion de carrière d’artiste:
- Tes auditeur·ices sont moins intelligent·es que tu ne le penses
- Expliquer ton projet musical à ta famille
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