de  Mix Jagger  | 5,0 / 5,0 |  Temps de lecture: 10 min
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QSC Audio CB10 - vignette
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Première offensive de QSC Audio sur le segment de la sonorisation portable, l’enceinte autonome CB10 vient défier les modèles phares du secteur : Bose S1 Pro+, EV Everse 8/12, MusicCube T3 Pro ou encore Mackie Thump GO, récemment testé dans nos colonnes. Reste donc à savoir si la dernière création des ateliers QSC Audio possède les arguments nécessaires pour s’imposer face à de telles références. C’est parti pour le test !

Introduction

Que tu sois DJ, musicien·ne ou jeune ingénieur·e du son, tu feras forcément face, un jour ou l’autre, au défi de sonoriser une prestation musicale sans avoir recours au réseau électrique. Qu’il s’agisse de performer dans la rue, d’assurer un DJ set improvisé en extérieur ou tout simplement d’animer un événement en plein air, le besoin reste le même : proposer un son détaillé, puissant et satisfaisant pour le public. Depuis quelques années, les constructeurs ont parfaitement anticipé ce besoin et multiplient les solutions tout-en-un, qui combinent à la fois une enceinte dotée d’une batterie à forte autonomie, mais aussi des entrées micro, un mixeur intégré et même un petit processeur d’effets.

Cependant, il faut rester vigilant : comme nous l’avons trop souvent constaté sur des modèles concurrents, la recherche d’ergonomie et de portabilité éclipse souvent la qualité audio pure et dure, qui reste pourtant ici notre critère d’appréciation principal. Ces manquements sont généralement le résultat de compromis techniques qui visent à diminuer les coûts de production et le poids de l’enceinte : réduction trop importante du diamètre des transducteurs, choix de composants premier prix ou bien encore châssis en plastique bas de gamme, etc. Voyons donc si QSC Audio, avec son dernier modèle CB10 proposé à un prix de 799 €, a réussi à tirer son épingle du jeu, ou pas.

Déballage et présentation

QSC Audio CB10 - vue de trois quarts
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À l’ouverture du carton, on retrouve une enceinte de sonorisation active et autonome à deux voies, propulsée par un amplificateur de classe D. Côté performances, QSC annonce que son modèle déploie une puissance 440 watts (PEAK), pour une pression acoustique de 127dB Max SPL (@ 1m) et une réponse en fréquences qui s’étend de 51Hz à 18kHz (@ -6dB). Sous la grille de protection, tu retrouveras un haut-parleur de 10 pouces (254mm de diamètre) accompagné d’un moteur de compression de 1 pouce (25,4mm de diamètre). Enfin, l’angle de dispersion annoncé est de  90° x 90° (H x V), ce qui devrait assurer une bonne couverture sonore pour l’ensemble de l’auditoire.

QSC Audio CB10 - graphique

Le module DSP embarqué te permettra d’ajuster ton signal avec six présets d’égalisation et une ligne de retard dédiée à l’alignement de plusieurs enceintes (jusqu’à 200 millisecondes). En ce qui concerne le mixeur intégré, tu auras accès à trois canaux distincts équipés d’un contrôle de gain indépendant et accompagnés d’un module de réverb. En termes de connexions, tu retrouveras deux entrées micro/ligne sur embases combo XLR/Jack, une entrée auxiliaire sur mini-Jack 3,5 mm et un connecteur pour footswitch optionnel (Jack 6,35 mm), mais aussi une sortie Mix sur embase XLR à trois broches et enfin, un port Bluetooth 5.1 compatible avec la norme TWS (True Wireless Stereo) pour appairer deux CB10 sans fil.

QSC Audio CB10 - position retour

La batterie interchangeable offre jusqu’à douze heures d’autonomie, pour un temps de recharge d’environ quatre heures. Le cabinet, conçu en polypropylène ultra-résistant, dispose d’une poignée de transport et possède un angle arrière taillé à 30°, si jamais tu souhaites utiliser l’enceinte comme un système de retour sur scène. Pour terminer, ses dimensions sont de 465 x 313 x 287 mm pour un poids total de 12,2 kg. Enfin, il est important de noter que la marque offre six ans de garantie pour l’enceinte, et un an de garantie pour la batterie.

L’application Loudspeaker Control

Comme souvent avec ce type d’enceinte, tu pourras tout piloter via l’application propriétaire QSC Loudspeaker Control. Nous avons donc commencé par télécharger l’application sur l’App Store d’Apple (espace requis : 41,9 Mo). Lors de nos essais, effectués avec un iPhone 16 SE, tout s’est très bien passé : l’appairage entre l’enceinte et le smartphone est très fluide et quasi instantané. Une fois la connexion établie, nous avons été sollicités pour effectuer la mise à jour du firmware, afin de basculer de la version 1.0.7 à la version 1.0.21. 

Petit bémol, cette mise à jour a duré une vingtaine de minutes environ, ce qui peut paraître long. Une fois ce délai passé, l’interface de contrôle te permettra d’accéder à six présets d’égalisation (notamment les modes Dance, Acous­tic Guitar, Speech avec fonc­tion Talko­ver, Vocal, etc.). Tu retrouveras aussi un accès direct au module de réverbération, piloté par un seul et unique réglage d’intensité.

En pratique : installation et conditions d’écoute

QSC Audio CB10 - vue de trois quarts arrière

Premier point remarquable, le châssis de cette enceinte réussit à trouver l’équilibre parfait entre légèreté et robustesse, sans doute grâce à l’utilisation du polypropylène et au design très travaillé du châssis. Le transport et l’installation sont particulièrement aisés, et la poignée supérieure centrale assure une distribution bien proportionnée du poids du cabinet. À l’arrière, tu retrouveras un panneau de commande avec des potentiomètres crantés, et même si l’absence d’écran de contrôle intégré pourrait en dérouter certains·es, l’application mobile compense largement ce manque.  L’angle arrière du châssis (30°), outre une utilisation en tant que retour de scène, s’avère aussi très pratique pour limiter les réflexions désagréables du sol et mieux diriger le son directement vers les oreilles du public.

QSC Audio CB10 - vue arrière

En ce qui concerne les conditions d’écoute, nous avons choisi de profi­ter du strea­ming via Blue­tooth, mais aussi d’uti­li­ser l’en­ceinte de manière clas­sique, avec de bons vieux câbles. Pour nos essais, nous avons simple­ment fait le choix de nous instal­ler en exté­rieur afin d’écou­ter une sélec­tion de morceaux connus de tous·tes, faci­le­ment acces­sibles, et qui possèdent des quali­tés de produc­tions et de mixages indiscutables, pour pouvoir juger l’en­ceinte pour ce qu’elle est et es­sayer de parta­ger au mieux nos impressions. Nous avons aussi pris le parti de tester une confi­gu­ra­tion live en inté­rieur, dans notre cabine d’en­re­gis­tre­ment, avec une confi­gu­ra­tion simi­laire à ce qu’on pour­rait retrou­ver dans un petit concert de rue : un micro voix (Shure SM58), un clavier numé­rique (Nord Stage 3), et un ensemble de câbles Vovox.

Test d’écoute

Rock : Pour Some Sugar On Me – Def Leppard

Célèbre pour son mixage d’une propreté chirurgicale, ce morceau s’avère être un excellent test pour s’as­su­rer que l’en­ceinte pourra convaincre les amateurs·ices de rock, et de musique ampli­fiée en géné­ral. Le constat est sans appel : la totalité du spectre de fréquences est reproduite avec une grande fidélité : les graves sont charnus et musclés, mais restent sous contrôle, évitant ainsi que la basse ne bave dans les infragraves. Les transitoires de la batterie sont percutants et délivrent un impact franc dans le bas médium. Enfin, les guitares et les voix restent toujours impeccables, avec un rendu très agréable dans les fréquences aiguës, même à niveau élevé.

Électro : Around The World – Daft Punk

La basse filtrée de l’intro est une excellente référence pour tester l’assise d’un système dans les basses fréquences. Et autant le dire tout de suite, le modèle CB10 ne va pas te décevoir à ce niveau-là. Le duo basse/batterie bénéficie d’un rendu nerveux et d’une projection dans l’espace assez bluffante. On sent que QSC Audio a tout misé sur le punch de l’enceinte. Pari gagné ! Et cerise sur le gâteau, on découvre aussi des médiums très soyeux, présents et riches en détails, sans jamais devenir irritants pour l’oreille. La célèbre ligne de talk-box et les nappes de synthés ressortent vraiment avec une clarté exemplaire.

Hip-Hop : Still D.R.E. – Dr. Dre ft. Snoop Dogg

Avec sa puissance légendaire dans les bas médiums, ce titre permet de vérifier immédiatement la crédibilité du matériel testé sur le segment hip-hop. Là encore, l’enceinte CB10 nous a donné entière satisfaction. On pourrait regretter un léger manque d’extension dans les infragraves, certes, mais soyons sincères, ce n’est pas le rôle de cette enceinte. Son haut-parleur de 10 pouces dégage bien assez de pression pour que tu puisses profiter d’un tel morceau sans avoir besoin d’ajouter un caisson de basse supplémentaire. Et même à bas volume, l’impact de la section rythmique reste tout simplement excellent.

Jazz : Walkin’ – Quincy Jones

Sur ce morceau, on s’attend à profiter de la douceur des cuivres et de la finesse d’une batterie jouée aux balais. Le modèle CB10 remplit son contrat avec brio, encore une fois. Les médiums restent ciselés et chaleureux, sans aucune once d’agressivité, même sur les attaques les plus sèches du saxophone. On note tout de même une limite dans l’extension des fréquences aériennes, mais rien que de très normal pour ce type d’enceinte. En revanche, la projection sonore est largement supérieure à ce que nous avons pu écouter chez la concurrence. On sent que la directivité a été optimisée pour couvrir le public, tout en gardant une forte atténuation derrière l’enceinte.

Configuration live : voix + clavier

Une fois nos SM58 et Nord Stage bran­chés, nous n’avons eu aucun mal à les ampli­fier. La réserve de gain nous a paru tout à fait suffi­sante et ravira tous·tes les musi­ciens·nes qui ont besoin de se produire en exté­rieur, en toute auto­no­mie. Ensuite, bien que le module de réverb soit réduit au plus strict minimum, il s’avère redoutablement efficace, tandis que les préréglages d’égalisation nous ont permis d’obtenir un rendu très correct en un clin d’œil.

Bien entendu, nous te suggérons tout de même d’utiliser une table de mixage compacte ou même une pédale d’égalisation dédiée pour affiner tes réglages avec plus de précision lors d’une prestation. Encore une fois, là où beaucoup d’enceintes qui fonctionnent sur batterie produisent un son étriqué, presque « boxy », avec des hautes fréquences agressives, ce modèle propose un rendu chaleureux et toujours très équilibré.

Conclusion

Grâce à une fidélité sonore impressionnante et une ergonomie sans faille, le modèle CB10 s’impose comme la meilleure enceinte autonome passée entre nos mains à ce jour. Certes, son tarif représente un investissement de taille pour une enceinte seule. Mais si tu souhaites donner un concert de rue, mixer en plein air ou simplement diffuser tes playlists n’importe où, ce modèle s’imposera probablement comme la solution la plus fiable sur le marché actuel. 

Les +

  • Réponse en fréquences
  • Dispersion homogène
  • Ergonomie exemplaire
  • Temps d’autonomie

Les –

  • Prix élevé
  • Petit manque d’extension aux extrémités du spectre
  • Temps de chargement du firmware

Notre note : 9/10

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