de  Naud  |  Temps de lecture: 14 min
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FabFilter a une réputation de plugins extrêmement pros, adulés par les pontes du mixage et du mastering dans les meilleurs studios du monde… n’ayant jamais possédé un de leur logiciels, j’étais très excité de tester le Pro-C 3! Mérite-t-il sa réputation de leader du marché? Après ce test, j’en suis 100% convaincu.

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Une excellente ergonomie

Une interface efficace dans la moyenne esthétique et extrêmement claire

Je saute directement dans le vif du sujet! Pour la liste des specs et des features du Pro-C 3, je t’invite à aller à la fin du test. Quant au plugin, décortiquons-le de manière logique et musicale.

Quand on le déplie, on n’est ni surpris·e ni intimidé·e, à part si on est débutant·e. L’interface est « riche » mais jamais surchargée, ça respire plutôt bien. Les knobs sont gros, espacés, les polices lisibles, le visualisateur très précis et réactif. On trouve tous les contrôles et ce, dès la première prise en main.

Je n’aurais pas été contre un petit supplément d’âme ou de fun… mais, nous sommes ici face à un outil professionnel et qui se veut le plus adaptatif possible. Je ne reprocherai donc pas l’absence de direction artistique osée sur le Pro-C 3. Je l’aurai un jour, mon plugin jaune et violet!

Une notice explicative très appréciée

Le Pro-C 3 propose un mode « Help » très appréciable (même si non disponible en français, à l’instar du plugin lui-même). La fonction de chaque bouton est clairement expliquée avec un petit paragraphe concis et efficace. Le manuel utilisateur est également très clair et très efficace. Je n’ai eu aucun point de frustration pour prendre en main le compresseur, même dans ses fonctionnalités les plus avancées.

Bravo pour cette approche très pédagogue et discrète.

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De nombreuses options pour personnaliser ton workflow

Ce qui est fantastique avec le Pro-C 3, c’est que tu peux le contrôler et l’ajuster de plusieurs manières.

Tu peux tout à fait mapper le plugin pour qu’il réagisse à des données (sur une autre piste par exemple) MIDI via le mode MIDI Learn. Hyper pratique pour le contrôler avec un autre contrôleur MIDI ou pour le live.

Le plugin offre aussi de nombreuses options pour le redimensionner, allant jusqu’au plein écran. C’est très utile lorsque tu dois travailler un peu plus en détails ou si tu as au contraire trop de fenêtres de plugins ouverts.

Plein de fonctionnalités intelligentes pour contrôler le son

Le soin apporté à l’ergonomie ne s’arrête pas aux fonctionnalités globales. Le Pro-C 3 regorge de trouvailles pour améliorer la manière dont tu contrôles le son. Évidemment, tu trouveras les classiques contrôles threshold, attack, release, ratio, knee, sidechain et autres. Mais, je veux ici insister sur les autres pépites qui rendent ce plugin unique.

La fonctionnalité Auto-threshold te permet de transformer le Pro-C 3 en « volume rider » et d’équilibrer automatiquement le volume de sortie pour qu’il reste constant. Très efficace pour de la voix parlée ou source que tu veux contrôler de manière précise (une cocotte funk de guitare, un synthé un peu abrasif qui ne veut pas rester en fond). Le rendu est très naturel et c’est une fonctionnalité extrêmement pratique. Attention à ne pas l’utiliser tout le temps, néanmoins. Garder un peu de variations dans ton volume permet de garder un rendu plus vivant et naturel.

Avec le contrôle Range, tu peux limiter le montant de réduction de gain max que tu appliques à ton signal. Pratique, si tu veux éviter les pics de compression trop audibles si jamais tu as pas mal d’amplitude dans ton signal.

Le Lookahead (ajustable), souvent présent dans les limiteurs mais pas toujours dans les compresseurs. Il est très appréciable de pouvoir ajuster à quel point le compresseur anticipe la lecture du son pré-traitement, pour offrir un traitement plus précis et naturel du son.

Audio Listen est une de mes fonctionnalités préférées. Elle te permet d’entendre quelle partie du signal est compressée. C’est un assistant très efficace si tu veux être sûr·e de ne compresser que tes pics ou au contraire si tu veux compresser la totalité de ton signal. Top!

A/B, un classique auquel Arturia m’a habitué avec sa FX Collection. Cette fonctionnalité permet de simplement comparer deux variations de réglages au sein d’un preset. Très efficace pour comparer rapidement à la volée ce qui fonctionne le mieux comme traitement.

Un mode Sidechain est évidemment présent sur le Pro-C 3 mais il est bien plus riche que ceux auxquels j’étais habitué. Déjà, il est agréable que le visualisateur montre le fonctionnement de la Side Chain de manière si précise et imagée. Le plugin de FabFilter offre divers modes pour la sidechain (Internal, External, Host et MIDI). Il peut donc réagir à un signal externe, à une pulsation calée sur un tempo (super cool pour faire des gros effets de pompe à la noire de ton tempo à la Daft Punk) sans utiliser d’autres pistes ou à une piste MIDI. Complet et efficace!

L’éditeur de sidechain donne également accès à une EQ 6 bandes, un Auto Listen et une fonction Stereo Link qui permet d’ajuster sur quelle partie de l’image la compression sidechain agit.

Ça en fait, des super fonctionnalité pour ne manquer de rien, peu importe le résultat final que tu vises.

Un son juste fantastique

Oui, je parle du son en deuxième lieu… quel sacrilège! Mais l’ergonomie du Pro-C 3 est tellement bonne au vu de tout ce qu’offre le plugin que je voulais insister dessus. Après, je peux clairement rattraper mon retard et te résumer le son en deux mots: excellence et polyvalence.

14 modèles qui sonnent très bien et couvrent de nombreuses sonorités

Je ne vais pas détailler les qualités différentes des 14 modèles offerts par le Pro-C 3. Mais tout est couvert et catégorisé en trois segments, que je vais tenter de décrire le mieux possible avec des mots:

  • Modern: comprend les modèles Clean, Versatile, Smooth, Punch, Upward et TTM.
    • Clean, Versatile et Smooth sont assez polyvalents, transparents et marcheront sur de nombreuses sources, si tu ne sais pas trop par où commencer.
    • Punch est génial pour réveiller les transients et l’attaque de ta piste. Attention à ne pas trop en abuser sur des sources déjà dynamiques.
    • Upward est une compression « inversée », qui remonte le signal lorsqu’il passe en dessous d’un certain niveau. Très pratique si tu aimes l’ASMR ou que tu veux qu’on entende tous les détails d’une piste
    • TTM est le bourrin de la bande et te permettra de remonter et baisser tout signal qui dépasse ta zone de compression. Des fois, on n’a pas envie d’être subtil·e!
  • Vintage: Op-EI, Vari-Mu, Classic, Opto. On sera plus ici sur des compresseurs « chauds », qui vont avoir tendance à « arrondir » et envelopper ton signal de manière plus douce et moins transparente que les modèles « Modern ». À tester sur chaque source, au cas par cas.
  • Utility: Vocal, Mastering, Bus, Pumping. Ici, on est logiquement dans le territoire de l’utilitaire coloré (ou pas).
    • Vocal est pour moi une révélation. Je galère souvent à mettre les voix au centre de mes mixes et ce modèle permet de le faire sans accentuer les transients et sibilances de manière exagérée. Un coup de génie.
    • Mastering est fait pour être utilisé sur ta piste master et minimiser la distorsion harmonique. On est donc sur un compresseur très propre et réactif.
    • Bus, au contraire, sera un peu moins transparent mais va donner plus de « glue », d’unité à un ensemble de pistes (guitares, batterie, choeurs,…). Parfait pour resserrer des éléments dans ton mix.
    • Pump sera parfait pour les fans d’EDM. Tout est dans le nom: zéro subtilité et un effet de pompe bien audible!

Si tu as besoin de plus d’info sur chaque modèle, ceux-ci sont détaillés dans le manuel utilisateur du Pro-C 3.

Ce que je retiens de cette liste de modèles, c’est qu’elle résout un problème que je rencontrais fréquemment: comment bien choisir un compresseur pour telle ou telle source? Vais-je empirer ou améliorer la situation en compressant? Le Pro-C 3 répond toujours avec brio à ces questions cruciales en proposant de nombreux modèles qui sonnent bien, que l’on identifie aisément et qui sont adaptés à des situations très variées.

De nouvelles distorsions pour ajouter du caractère

Nouvel ajout dans la version 3 de ce plugin, des distorsions! Nous avons ici accès à 4 modes:

  • Off: sans distorsion, tout propret!
  • Tube: la distorsion à lampes classique, crémeuse, chaude et qui rajoute du poids à ton signal.
  • Diode: un entre-deux plutôt épais mais moins gras que « Tube » et moins brillant que « Bright ».
  • Bright: assez brillante mais pas criarde, pour rehausser les sources un peu trop sombres ou en retrait.

Un slider Drive (-24 à +24dB) et un sélecteur Post/Pré (activer la distorsion avant ou après la compression) viennent compléter le tableau et te permettent de régler l’intensité et la couleur de l’effet.

Pour moi, on reste dans des distorsions légères orientées mix. Le Pro-C 3 reste un compresseur et le but n’est pas de faire péter les compteurs comme sur un Decapitator de Soundtoys (qu’on adore au passage) mais bien d’affiner tes mixes et de faire ressortir les éléments que tu veux faire ressortir. Même poussé à fond, le résultat reste subtil et utilisable.

Transparent ou pas selon tes désirs

Ce que j’ai adoré en combinant les différents algorithmes de distorsion et les modèles de compression, c’est que j’obtiens des couleur très variées très facilement, sans jamais qu’elles ne sonnent clichées ou criardes (à part si c’est voulu et assumé avec TTM ou Pump par exemple).

Le Pro-C 3 dépasse le simple utilitaire et donne à la compression ses lettres de noblesse en offrant un effet souvent subtil mais qui fait toute la différence. J’ai moins le problème habituel de me demander « est-ce que je travaille sur un plugin désactivé/bypass depuis 30 minutes? ».

De l’oversampling + Atmos à gogo

Tiens, l’oversampling va me permettre de paradoxalement parler de côté économe du plugin en CPU. Bon OK, la plupart des compresseurs ne sont pas les plugins les plus énergivores, mais il est quand même très agréable d’avoir un compresseur de cette qualité si bien optimisé! Les instances se multiplient mais l’expérience reste fluide, même sur un buffer réduit (sur mon MacBook Pro M2 Max à 32GB de RAM).

Si tu as besoin d’un supplément de qualité dans tes exports, tu peux pousser l’oversampling jusqu’à… 32 fois! Oui, c’est énorme et ça pourra mettre pas mal d’ordinateurs à genoux en temps réel. On réservera donc son utilisation à du rendu et à des besoins très exigeants en qualité sonore.

Si tu mixes en Atmos ou surround, tu as aussi la possibilité d’utiliser un mode dédié. N’ayant (pour le moment!) ni les connaissances, ni l’installation pour couvrir ce sujet dignement, je vais simplement botter en touche et te laisser consulter les ressources officielles sur ce sujet. Mais c’est déjà génial d’en avoir la possibilité.

Un auto-gain et auto-release convaincants

En plus de l’auto-threshold mentionné plus haut, le Pro-C 3 offre des fonctionnalités classiques d’auto-gain et auto-release convaincantes. Qu’entends-je par « classiques » et « convaincantes »? Classiques, car on les retrouve dans de nombreux autres compresseurs… convaincantes, car je trouve qu’elle sonnent beaucoup plus naturelles et précises sur le C 3 que celles des concurrents du plug de FabFilter.

L’auto-gain n’a pas cet effet de « boost qui t’explose au visage » que peuvent avoir les autres auto-gains, d’habitude assez orientés « guerre du volume ». Le volume reste vraiment fidèle au signal de base. Idem pour l’auto-release, qui ne pompe pas et est très propre.

Je ne sais pas comment le Pro-C 3 a été programmé, mais le résultat sonore de ces fonctionnalités automatiques est un succès. Et si jamais on veut quand même faire exploser les niveaux, on a les algorithmes « Pump », « TTM » et consorts à disposition. Pas de jaloux·se, donc!

Des presets très intelligents

Parler des presets dans un plugin professionnel, une hérésie? Peut-être, car il est vrai qu’un·e pro éclairé·e aura plus vite fait de tout façonner de A à Z pour ces sons à chaque utilisation. Néanmoins, j’ai apprécié l’approche de FabFilter sur un segment sur lequel je ne les attendais pas.

Du subtil et du moins subtil…

Déjà, au niveau de la curation des presets… même s’ils ne sont pas très nombreux, ils couvrent de nombreuses utilisations (voix, basse, batterie, mastering…) avec des noms très explicites qui facilitent vraiment la navigation.

Certains sonnent subtil pour des tâches techniques ou donner des couleurs de manière mesurée à ton signal. D’autres partent directement dans le domaine du sound design ou du « in-your-face » et peuvent être très efficaces pour réellement faire popper ou au contraire écraser un élément. Je n’attendais pas un outil professionnel sur cette deuxième partie créative, très belle surprise.

Chose très agréable, un petit paragraphe et une réduction optimale de niveau (-1 à -5dB par exemple) est notée sur chaque refrain. Ce qui aide à ajuster ton seuil (threshold) pour faire sonner le preset tel qu’il a été pensé. Très bonne idée!

Vu que les presets du Pro-C 3 sont tous bons… on en voudrait juste plus, cher·es ami·es de FabFilter. N’hésitez pas à en rajouter lors de futures MAJ gratuites!

Cerise sur le gâteau, le plugin propose un système de sauvegarde de tes presets et surtout des tags et un système de catégories agréable, simple et efficace. Plugin pro ne veut pas dire austère ou désuet!

Conclusion: le compresseur ultime!

Des compresseurs, j’en ai vus un paquet, surtout en plugin… je ne m’attendais donc pas à prendre une telle claque et à être autant surpris avec le Pro-C 3 de FabFilter. Ce compresseur mérite son préfixe de « Pro » à absolument tous les égards: interface, courbe d’apprentissage, qualité du son, fonctionnalités originales et pratiques, polyvalence.

À moins de vouloir un type de son très particulier (coucou le Vulf Compressor pour lequel j’ai un énorme coup de coeur), je ne vois pas comment on pourrait trouver mieux que le Pro-C 3. Bravo à FabFilter pour ce plugin, qui est une réussite totale.

À 166€ sur Thomann, le Pro-C 3 est une affaire en or (ou platine?). Si ta bourse te le permet, tu n’auras très certainement plus besoin d’un autre compresseur avant très, très longtemps.

Liste des specs et configuration requise

Specs

  • 14 algorithmes de compression: Clean, Classic, Opto, Vocal, Mastering, Bus, Punch, Pumping, Versatile, Smooth, Upward, TTM, Op-El, Vari-Mu
  • Seuil automatique pour une compression indépendante du niveau (auto-threshold)
  • Gain et relâchement automatiques intelligents (auto-gain, auto-release)
  • Lookahead jusqu’à 20 ms et contrôles Hold, Range et Knee variables
  • Modes de caractère avec saturation analogique (Tube, Diode, Bright) et drive réglable
  • Sidechain interne et externe avec de nombreuses options d’édition
  • Sidechain EQ avec formes de filtre Pro-Q et brickwall jusqu’à 96 dB/oct.
  • Possibilité de caler le sidechaine tempo hôte avec contrôle de la durée de compression et de la cadence
  • Prise en charge complète du son surround et Dolby Atmos jusqu’à 9.1.6
  • Suréchantillonnage (oversampling) jusqu’à 32x
  • Retour visuel intuitif et précis pour tous les paramètres pertinents
  • Interface utilisateur évolutive avec options de mise en page alternative et simplifiée
  • Activation simultanée: 2
  • Durée de licence: illimitée

Configuration requise

  • Windows: A partir de Vista
  • Mac OS (64 bits): A partir de 10.13
  • CPU min.: Apple Silicon, Intel Core
  • Configuration requise additionnelle: Connexion Internet pour installation et activation

Formats pris en charge

  • AAX Native 64 bits
  • AU 64 bits
  • VST2 32 bits
  • VST2 64 bits
  • VST3 32 bits
  • VST3 64 bits

Plus sur la compression

fab filter pro-c 3 compresseur

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