de  Naud  | 5,0 / 5,0 |  Temps de lecture: 10 min
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Dans ce test de l’ISO One de Focusrite, je voulais surtout te sensibiliser à l’utilisation d’un préampli. C’est un outil souvent oublié par les débutant·es, mais qui permet pourtant de largement améliorer la qualité de tes enregistrements, sans changer le reste de ton matériel. Un préampli permet aussi de sonner plus pro (plus gros, plus propre mais paradoxalement avec plus de grain/personnalité). Une pièce de matos essentielle pour ton studio, du moins j’espère t’en convaincre!

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isa one vue de biais, gearnews.fr
J’aime bien le design rétro et très lisible de l’ISA One! La finition est top, en plus.

Un préampli: pourquoi faire?

Je vais m’efforcer de rester le plus musical et le moins technique dans mon explication! N’hésite pas à me faire préciser ou à poser des questions en commentaire. Si tu veux une explication plus détaillée, tu peux consulter des articles comme celui-ci.

Un préampli micro n’est pas là que pour « faire sonner plus fort », mais pour faire sonner mieux ta prise. Lorsqu’un micro capte une voix ou un instrument, son signal est extrêmement faible et fragile : la façon dont il est amplifié va donc avoir un impact direct sur la clarté, la dynamique et la couleur du son. Si tu enregistres directement avec ton interface audio (ce qui a été mon cas pendant des années), il faut que tu vérifies si ses préamplis sont de bonne qualité (généralement via des tests techniques de certains media spécialisés dans cela comme Audiofanzine).

Les interfaces audio d’entrée et de milieu de gamme sont souvent très bien pour débuter et faire des maquettes mais leur préampli peuvent te brider si tu veux vraiment ce « gros son » studio propre et imposant.

Un bon préampli apporte un gain propre, plus de réserve avant saturation, et une meilleure gestion des transitoires (attaques de voix, de guitare, de percussions), ce qui donne un signal plus vivant et plus précis dès l’enregistrement. Par rapport aux préamplis intégrés aux interfaces audio, souvent conçus pour être polyvalents et compacts, un préampli dédié offre généralement une alimentation plus stable, des composants de meilleure qualité et parfois une signature sonore qui valorise la source. Généralement, tu obtiens donc un son plus solide, plus détaillé, qui se mixe plus facilement et demande moins de corrections par la suite.

Si tu possèdes une interface studio avec de bons préamplis (comme un RME UCX II ou une AudioFuse Studio), l’utilisation d’un préampli externe peut-être moins pertinente… mais encore une fois, si tu veux colorer ton son (selon les marques et références disponibles sur le marché) et lui donner plus de grain et de personnalité, un préampli peut être une dépense très pertinente et vite rentabilisée.

L’ISA One, une référence incontournable depuis 2008

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J’étais fort surpris de découvrir un préampli studio aussi complet chez Focusrite. Je connais Focusrite pour ses excellentes interfaces audio au rapport qualité-prix et à la stabilité en live imbattables, mais je ne connaissais pas leur expertise dans le domaine des préamplis.

Idem, le prix de la bête m’a surpris… environ 5-600€ chez la plupart des revendeurs. J’avoue que j’étais très curieux de voir si l’ISA One allait tenir les promesses qu’il avance: beau son, belle construction et connectivité riche à prix « accessible ». Le créneau des préamplis entrée-milieu de gamme est très compétitif mais franchement l’ISA One ne manque pas d’arguments.

Petit plus: le manuel utilisateur est totalement en français, et en bon français de surcroît. Pas de traduction automatique ici!

Si tu te balades sur Internet, tu verras toujours des avis très positifs sur la bête mais finalement pas si nombreux que ça par rapport à la notoriété de la marque et à l’ancienneté du produit (il a presque 20 ans)! Voyons si on peut réparer cela avec ce test.

Une connectivité ultra complète et une construction excellente

Un panneau avant dédié aux entrées et au monitoring

Dégainons les schémas du panneau avant et arrière de la bête, ils parlent d’eux-même!

En résumé, le panneau avant te donne tous les outils pour contrôler et bichonner ton signal d’entrée. Il correspond essentiellement à des contrôles de gain, d’impédance et d’écoute du signal entrant. Voici le découpage explicatif de la face, telle que je la comprends:

  • La section Input (numéros 1 à 9) te permet d’ajuster le gain et le signal d’entrée (phase, 48v, filtre coupe bas, activation de la boucle d’insert si tu veux rajouter des effets), le type d’entrée (microphone, ligne ou instrument) et l’impédance (de l’entrée micro). Très complet! Le gain va de 0 à 80db, c’est gigantesque. J’y reviendrai dans une section dédiée.
  • La section Instruments (10 à 12) te permet spécifiquement d’ajuster ton signal si jamais tu branches un instrument dans l’ISA One. Les réglages sont l’impédance, le gain et deux prises en façade qui te permettent de brancher ton instrument (DI) et de l’envoyer vers ton ampli au besoin. Encore une fois, c’est très bien pensé.
  • La section Visualizer (13 à 16) te permet de visualiser les niveaux entrants dans ton ISA One. J’aurais bien aimé avoir la même chose en sortie mais ce n’est pas primordial.
  • La section Monitoring (17 à 19) te permet de brancher un casque, ajuster son gain et même envoyer un mix stéréo (si tu enregistres un chanteur via l’ISA One) pour en faire un système de retour simplifié. Très efficace.
  • Une section Conversion (20 à 22) qui te permet d’avoir un plein contrôle sur la source Clock et la fréquence d’échantillonnage de l’ISA One.

Rien à redire sur cette section, j’aurais juste aimé avoir moins de knobs pour le gain (un seul allant de 0 à 80) et que la fréquence du filtre passe-haut soit notée (75Hz) sur la façade. Mais franchement rien de rédhibitoire, je comprends l’approche « en tranche » de Focusrite, qui est plus « safe » pour protéger son équipement et éviter d’y envoyer trop de gain par maladresse.

Je trouve génial que Focusrite ait bien isolé chaque section (Input, Instruments, Monitoring, Visualisateur) visuellement et physiquement. Malgré toutes les fonctionnalités de l’ISA One, on va vite et on n’est jamais frustré par un « trop plein de contrôles ». Mais l’histoire ne s’arrête pas ici: le panneau arrière est également bien rempli, regardons cela.

Un panneau arrière qui fait figure de couteau-suisse ultime!

Ne prends pas peur, mon ami·e. J’avoue que quand j’ai retourné l’ISA One moi-même, j’ai eu un petit « oula » quand j’ai vu toute la connectique, mais finalement tout est logique et utilisable.

Le panneau arrière comprend principalement:

  • Toute une section (1) pour connecter l’ISA One à tout ton matériel digital (ADAT SPDIF, Clock IN et OUT, AES…). Tu ne manqueras de rien.
  • Des entrées MIC (2) et LINE (3/4). Très pratique d’avoir un combo jack/XLR pour l’entrée ligne!
  • Une sortie (5) et une sortie DI (6) en format XLR. Encore une fois, séparer les deux est très judicieux pour se donner un maximum de flexibilité.
  • Une boucle d’Insert (8/9) qui communique avec le bouton du panneau avant.
  • Une entrée stéréo (10) pour le Cue Mix dont je te parlais sur la face avant.
  • Une alimentation et un switch (12/13), logique!

En conclusion de cette double partie, je dirais que l’ISA One s’adresse plutôt aux ingénieurs sons ou producteur·rices curieux·ses, car il propose une connectivité très complète qui peut faire peur au débutant. Néanmoins, tout est toujours très accessible, on a une prise/bouton = une fonctionnalité et la notice en français est extrêmement claire même pour un noob comme moi.

Après, si tu veux juste profiter du super son de l’ISA One (dont je parlerai plus bas), tu peux ignorer la multitude de prises sur les deux panneaux… mais dans ces cas-là, je te conseillerais de te tourner vers des solutions plus simples et compactes comme le MixingLink d’Eventide, JHS Colour Box ou GoldenAge Audio PREQ-73.

Après, aucune de ses solutions n’a la flexibilité du ISA One. Pour les ingés son qui ont besoin de contrôle sur tous les paramètres et d’un max d’option de routing… l’ISA One est imbattable.

Mais, le son dans tout ça? C’est le plus important pour nous, non?

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Une énorme réserve de gain clean de 80dB!

Voilà, un chiffre et ça suffit… 80dB de réserve de gain, c’est énooooooorme. Ça rend ce préampli extrêmement polyvalent, il s’accommodera même des microphones et synthés les plus calmes (coucou le SM7B, le RE-20, l’Osmose et consorts)… le tout sans ajouter de bruit de fond, même quasiment à fond. C’est vraiment appréciable.

Et niveau couleur, ça donne quoi? Alors, l’audio est quand même un domaine particulier. On utilise un terme visuel (la couleur) pour décrire le son, ou plutôt les qualités timbrales des préamplis… étrange, non? Est-ce que le préampli rajoute de la saturation, a-t-il une courbe de réponse en fréquence neutre Autrement dit, rajoute-t-il des graves, aigus, médiums, en retire-t-il? Est-il transparent?

Et bien, j’ai adoré l’ISA One pour sa transparence. Pour les gens qui veulent du grain audible et identifiable à la Neve, il faudra repasser mais, justement… je pense que pour quelqu’un qui se lance (ou pas d’ailleurs), il est bien plus sécurisant de commencer avec un préampli neutre, qui ne colore pas le son. L’ISA sonne toujours juste peu importe les réglages et ne rajoutera pas de contenu harmonique non désiré à ta prise.

L’ISA One donne du poids à tes prises sans leur faire perdre en clarté, ni déformer le spectre sonore. Il ne souffle pas et peut travailler de concert avec ton interface audio, tes amplis et tout ton équipement grâce à sa connectique hyper complète, détaillée plus haut (ADAT, boucle de retour, monitoring,…).

Je ne jure que par lui, depuis que j’ai commencé ce test!

Conclusion: un préampli à 5-600€ au qualité-prix imbattable, qui mériterait à être bien plus connu

Pour une fois, je vais tenter une conclusion rapide: c’est un carton plein.

Que ce soit la construction, les ressources pédagogiques disponible, la connectivité et bien évidemment le son… l’ISA One frappe fort, et ce même 20 ans après sa sortie. Je m’en veux de ne pas l’avoir connu plus tôt.

Si tu cherches un préampli paré à toutes les situations et avec une grosse réserve de gain propre… tu ne peux pas te tromper avec l’ISA One.

Plus sur l’univers du studio

isa one side view gearnewsfr

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