Le matos d’enregistrement insolite que les producteurs adorent
On se penche sur toute une série d’outils d’enregistrement insolites qui sont devenus des sources d’inspiration en studio.
Dans cet article
Même si les outils qu’on utilise ont clairement évolué, il y a toujours quelques gadgets de studio insolites qui se sont imposés d’une manière ou d’une autre dans le processus de création musicale. Zoom sur quelques appareils qui ont trouvé des utilisations créatives ou pratiques dans la production musicale.
Le tuner radio
Le son caractéristique du bouton d’une radio qu’on tourne pour balayer les fréquences a une esthétique unique qui lui est propre. Que l’on ait utilisé une vraie radio dans le processus créatif ou que le son ait simplement été recréé avec d’autres outils, on a pu entendre cet effet notamment dans les transitions d’albums comme *Wish You Were Here* de Pink Floyd, *Zooropa* de U2 et *Songs For The Deaf* de Queens Of The Stone Age.

Il y a une certaine tension qui naît de l’impression qu’un signal essaie de t’atteindre sans y parvenir tout à fait : que tu aies passé la majeure partie de ta vie à écouter la radio ou que tu fasses partie de la Gen Z et que tu n’aies jamais rencontré ce format de diffusion désuet, on ne peut nier que ce son est captivant.
Pour pimenter un peu les choses, il existe des plugins comme Plugin Boutique Radio qui te permettent d’intégrer des stations de radio en ligne dans ton DAW, tandis que d’autres, comme Stone Voices Retro Radio, imitent les caractéristiques sonores des différents aspects des radios vintage.
Les magnétophones à cassette
L’ère de l’enregistrement à domicile, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, a été inaugurée par des entreprises comme TEAC/TASCAM, qui ont permis à une nouvelle génération de musiciens d’accéder à la technologie d’enregistrement à une époque où le studio était hors budget pour des artistes sans contrat. En 1979, le TEAC 144 Portastudio a marqué une avancée révolutionnaire, permettant aux musiciens d’enregistrer et de mixer quatre pistes audio sur des cassettes compactes grand public standard.

Le hic avec cette démocratisation des outils d’enregistrement, c’était évidemment l’énorme différence de qualité sonore entre une cassette et un magnétophone à bobines professionnel. Mais à mesure que la technologie a progressé et que les formats numériques ont commencé à rivaliser avec ces magnétophones à bobines coûteux, la nouveauté et la nostalgie liées au son et au processus créatif du Portastudio 4 pistes sont restées gravées dans les mémoires.
Même avec leur marge dynamique relativement faible, leur bruit de fond élevé et leur bande passante limitée, les magnétophones à cassettes ont toujours un caractère sonore et une texture particuliers qui rappellent l’âge d’or de l’enregistrement à domicile. Aujourd’hui, cette voie un peu méconnue reste accessible si on prend le temps de s’y consacrer.
Le Subkick de Yamaha
Est-ce qu’un haut-parleur peut servir de micro pour une grosse caisse ? Bien sûr ! Capturer les graves d’une grosse caisse a toujours été un défi, surtout quand on utilise plusieurs micros et que la phase entre en jeu. Même si un seul micro, que ce soit un micro de contact, un micro dynamique de radio ou un micro à condensateur, peut capter la richesse sonore d’une grosse caisse, il y a toujours des situations qui nécessitent un peu plus de punch dans les graves.

Bien sûr, on ne peut pas ajouter n’importe quelles basses fréquences à la grosse caisse, sinon on risque de brouiller le pic principal et de réduire le punch global. Il faut capturer les transitoires des basses fréquences acoustiques sans qu’elles chevauchent le corps du son de la grosse caisse. C’est là qu’intervient le Subkick, une solution « fait maison » mise au point par des ingénieurs comme Geoff Emerick, qui utilisait une petite enceinte pour capturer les basses fréquences sur des morceaux légendaires des Beatles comme « Rain ».
Au fil des années, cette pratique est devenue de plus en plus populaire, surtout dans les années 1980, quand les studios avaient souvent des haut-parleurs de rechange pour les moniteurs de studio Yamaha NS-10 qui traînaient. En inversant simplement le câblage, ces haut-parleurs pouvaient être réutilisés pour capter les basses fréquences de la grosse caisse de manière naturelle et discrète. C’est ainsi qu’est né le Subkick, qui est ensuite devenu l’outil d’enregistrement disponible dans le commerce qu’on connaît aujourd’hui.
Les reverbes à ressort vintage
L’univers un peu farfelu des reverbes à ressort a vu le jour il y a près d’un siècle chez Bell Labs, où on les utilisait pour simuler le délai d’une ligne téléphonique longue distance. Mais il n’a pas fallu longtemps avant que la désormais célèbre Hammond Organ Company commence à intégrer ces systèmes mécaniques dans ses orgues de salon, au milieu des années 1930.

Ça a peut-être pris un peu de temps, mais l’explosion a fini par arriver dans les années 1960, avec des marques comme Fender qui ont créé des reverbes à ressort autonomes comme le 6G15 et les ont intégrés à leurs amplis de guitare populaires comme le Vibroverb, le Deluxe Reverb, le Twin Reverb et le Super Reverb. Ce son unique est tout de suite devenu synonyme de surf rock.
Parallèlement, au fil du temps, d’autres musiciens plus expérimentaux se sont aussi pris de passion pour ce son, notamment des artistes comme Pete Townshend des Who et Lee « Scratch » Perry, qui ont tous deux utilisé la Grampian Reverberation Unit Type 636 dans leurs enregistrements. Aujourd’hui, la reverbe à ressort n’est plus aussi méconnue qu’autrefois, mais elle reste une astuce sonore pour donner à ton son une touche qui sort de l’esthétique moderne habituelle.
Le micro-téléphone
Si tu te souviens de l’époque où passer un coup de fil consistait à composer une suite de chiffres sur un cadran rotatif, tu es officiellement vieux. Étonnamment, ce sont justement ces anciens téléphones qui font d’incroyables micros quand tu as besoin de ce son vocal vintage et accrocheur qui marche si bien sur les intros et les pré-refrains.

Un micro de téléphone est en fait assez facile à fabriquer, même si tu n’es pas un as de l’électronique. Commence par te procurer un vieux téléphone dans une brocante, puis démonte le haut-parleur du combiné. Le micro situé dans l’embout comporte généralement une paire de fils qui dépassent ; il faut ensuite les souder aux fils « hot » et « ground », ainsi qu’au fil négatif d’un câble de micro (heureusement, l’ordre n’a pas d’importance).
Tu obtiens ainsi un micro à charbon basique qui utilise une minuscule coupelle de granulés pour transmettre le son. L’une des utilisations les plus célèbres de l’enregistrement vocal par téléphone remonte au titre « Everlong » des Foo Fighters, un grand classique chez les fans, où les chœurs de Louise Post ont été enregistrés à distance depuis Chicago à l’aide de deux lignes téléphoniques (dont une pour le monitoring).
En savoir plus sur les outils d’enregistrement insolites :
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