Comment le streaming a changé notre façon de produire de la musique
En quoi le streaming a-t-il influencé le processus de production musicale ?
La découverte musicale algorithmique et les plateformes numériques en ligne ont révolutionné la façon dont on écoute de la musique. Dans cet article, on te raconte comment le streaming a changé notre façon de produire de la musique.
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Comment le streaming a changé notre façon de produire de la musique
Depuis l’apparition des disques acoustiques à la fin du XIXe siècle, notre façon de consommer la musique n’a cessé d’évoluer, et le processus d’enregistrement a suivi cette évolution. Ce paysage en constante mutation a influencé la façon dont les artistes, les producteurs et les ingénieurs abordent les différentes étapes de la création musicale, de l’écriture et de l’arrangement jusqu’au mixage et au mastering.
Aujourd’hui, les auditeurs ont un accès instantané à des millions de morceaux, ce qui leur permet de passer d’un genre musical à l’autre et d’une époque à l’autre en quelques secondes. Évidemment, ça change la donne en ce qui concerne la façon dont les morceaux sont structurés et produits, parce que le public n’est plus aussi disposé à supporter une intro de trois minutes qu’à l’époque où des albums comme Dark Side Of The Moon de Pink Floyd sortaient.
L’impact des premières secondes
Le besoin impérieux pour un morceau d’affirmer son identité est l’une des principales contraintes du paysage du streaming musical. Bien sûr, il existe des morceaux classiques comme « We Will Rock You » de Queen, qui y parviennent instantanément, mais à l’époque où les ventes d’albums constituaient encore la principale source de revenus de l’industrie musicale, les producteurs disposaient d’une grande liberté pour créer des intros atmosphériques avant de dévoiler le refrain principal.
À notre époque, où l’on est constamment en ligne et où l’attention est de plus en plus courte, adopter cette approche plus « cinématographique » de la composition pourrait en fait être perçue comme un luxe ou un risque, car l’auditeur pourrait tout simplement passer à la piste suivante. Ça a favorisé une approche plus immédiate, qui va droit au but et captive le public dès les premières secondes.
Ça ne veut pas dire que chaque chanson doit forcément commencer par le refrain principal ; ça peut être un sample familier, une voix off décalée ou un rythme catchy qui te font tendre l’oreille. Les premières secondes d’un morceau sont donc plus cruciales que jamais dans sa construction, car elles donnent le ton à la dynamique de l’arrangement.
L’élan, c’est la clé
L’arrivée du streaming a aussi entraîné un changement de mentalité dans la façon dont les producteurs abordent les passages entre les parties les plus importantes d’un morceau. Même si les couplets, refrains et pré-refrains clairement distincts restent essentiels, on observe de plus en plus de mouvement rythmique dans les transitions, ce qui permet de garder l’auditeur accroché
Ça s’explique aussi par l’essor de la musique électronique dans la culture grand public, un style qui met constamment l’accent sur ce qui va suivre tout au long de l’arrangement. Ces éléments varient d’un morceau à l’autre, comme un motif de charleston fugace qui change au bout de huit mesures, ou un petit refrain vocal qui n’apparaît que dans le pré-refrain.
On retrouve aussi l’utilisation généralisée d’éléments narratifs, comme des chœurs qui s’intensifient progressivement tout au long de l’arrangement ou une ligne de basse qui devient plus intéressante au deuxième couplet. Ces ajouts subtils ne prennent toutefois pas le pas sur les éléments mélodiques principaux de la chanson ; ils permettent simplement de maintenir le rythme, ce qui aide l’auditeur à s’immerger plus facilement dans la composition dans son ensemble.
Les « hooks » ne sont pas que des mélodies
Le passage à la consommation de musique en streaming a également élargi la notion de ce qu’on appelle « le hook ». Alors que l’écriture de chansons pop traditionnelle privilégiait la mélodie ou la partie vocale du refrain, les producteurs modernes ont commencé à considérer le caractère sonore d’un élément comme un hook à part entière.
Les sons caractéristiques de l’intro vocale de « Bohemian Rhapsody » ou de la batterie sur « When the Levee Breaks » ont captivé l’imagination collective des auditeurs pendant des décennies, et aujourd’hui, les producteurs utilisent des basses texturées, des sons de guitare colorés et des ambiances synthétiques pour donner à une chanson une identité immédiatement reconnaissable. Dans un océan infini de sorties numériques, c’est devenu essentiel.
C’est particulièrement vrai dans la pop, le hip-hop et la musique électronique, où un choix sonore unique s’associe à un refrain accrocheur dans l’esprit de l’auditeur. Les producteurs peuvent s’en servir pour ancrer l’identité du morceau dès les premières secondes, plutôt que de garder tous les petits bijoux sonores pour le refrain.
L’adaptation du mixage est essentielle
Comme on écoute principalement de la musique en streaming sur des appareils grand public comme les AirPods et les (minuscules) haut-parleurs intégrés aux ordinateurs portables et aux smartphones, il est primordial d’avoir un mix qui passe bien sur tous ces supports. Même si tu as le sourire jusqu’aux oreilles en réécoutant tes mixages sur une superbe paire d’enceintes de studio à 2 000 $, tu dois t’assurer que l’expérience soit similaire sur tous les appareils possibles sur lesquels ta musique pourrait être écoutée.
Les appareils de lecture qu’on utilise n’ont pas une réponse en fréquence plate, et chacun reproduit le spectre de manière différente. C’est pourquoi il est important d’identifier les éléments clés de tes mixages qui doivent ressortir clairement sur n’importe quel système, quoi qu’il arrive. La clarté des voix est primordiale, car c’est là que réside le cœur émotionnel de la chanson.
De même, le rendu de tes basses a un impact majeur sur l’effet global du morceau. Dans cette optique, le streaming a incité les producteurs à prendre en compte certains aspects du mixage, comme la profondeur des médiums, la largeur stéréo, la dynamique et l’équilibre des fréquences. Même si ton mix ne sonnera pas exactement pareil sur tous les appareils de lecture, il faut que les éléments fondamentaux conservent leur clarté et leur ampleur par rapport aux autres sons.
Volume et dynamique
Comme les principales plateformes de streaming ont chacune des standards de normalisation du volume différentes, ça a changé la façon dont les producteurs et les ingénieurs abordent le volume. Bien sûr, la raison derrière ça, c’est que chercher à obtenir un master plus fort ne garantit pas toujours une lecture plus forte une fois que le morceau est publié sur Spotify, Apple Music, YouTube ou Tidal.
Du coup, il est devenu de plus en plus important d’avoir des éléments contrastés dans le morceau et une bonne plage dynamique. Un couplet épuré et centré, par exemple, fait tout de suite ressortir le refrain, tandis qu’un bref solo peut parfaitement annoncer une transition majeure. Mais ça ne veut pas dire que les mix puissants et denses sont soudainement passés de mode.
Au final, le fait que le streaming soit devenu la norme n’a pas donné lieu à la création d’une formule universelle pour la production musicale. Au contraire, les règles ont simplement changé, ce qui a un impact sur le processus de prise de décision des producteurs. En même temps, la réflexion derrière les morceaux les plus percutants tient compte des exigences du paysage actuel sans laisser les algorithmes influencer les choix créatifs. L’idée fondamentale, qui consiste à éveiller la curiosité de l’auditeur, reste la même.
Pour en savoir plus sur la façon dont le streaming a changé notre façon de produire de la musique :
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