Arturia upgrade sa suite d’effets avec la FX Collection 6
Sommaire
Introduction
Arturia a sorti récemment une nouvelle suite, la FX Collection 6. Il y a 2 versions : la suite Pro (499€) avec 39 effets dont 5 nouveaux, et 1500+ presets, ou la version Intro (99€), avec 6 effets dont 1 nouveau et 500+ presets. On l’avait d’ailleurs annoncé ici.
Intro contient des effets différents, dont le nouveau et délicieux Mix Drums qui sera détaillé dans cet article. Il y a en plus 2 effets audio (Efx Fragments & Motions), 1 délai (Tape 201), 1 réverbe(Plate 140) et un effet magnétophone à bandes (Mello-Fi).

Vidéo d’intro : https://youtu.be/ZeQRBhEnsyE?si=nETIfCQEcNIclS8t
Pro est une panoplie complète pour transformer de la musique et des sons, mixer et faire du sound design. La plupart des effets sont également disponibles d’origine en version standard sur les DAWs. L’intérêt de ces effets pour moi se trouve dans les outils créatifs et uniques, les détails et les nuances, ainsi que la qualité des presets. Il n’y a aucun instrument dans la suite, uniquement des effets audio. J’intègre au fil de l’article les tutos officiels d’Arturia pour ceux qui aiment bien l’anglais.

Version Pro : https://www.arturia.com/store/fx-collection-pro
Matériel: une liste généreuse
Le bundle est composé d’absolument tout le matériel professionnel dont on peut avoir besoin pour produire, mixer ou faire du sound-design. Chorus, compresseur, délai, distorsion, EQ, filtre, flanger, phaser, pré-amplis, réverbe… J’aimerais bien tout présenter, mais on va se focaliser sur les derniers plug-ins sortis récemment et les nouveautés exclusives au FX6 dans cet article. Le Tape J37, le Mix Drum, le EFX Ambient, le Bus Transient et le Pitch Shifter 910.
Nouveautés
TAPE J36 (décembre 2024)
Il s’agit de la reproduction fidèle du magnétophone à bandes Studer J37. La machine légendaire créée en 1964 et adoptée rapidement par les fameux Abbey Road Studios utilisée pour notamment les Pink Floyd et les Beatles.

Apprécié pour sa simplicité, il est connu pour sa saturation harmonique naturelle, la profondeur de ses graves, le grain de ses médiums et la douceur de ses aigus. Selon Arturia, il a été conçu sur le modèle de l’original du Studio Barclay à Paris.

De gauche à droite, voici les différentes options qui s’offrent à toi. Il propose 4 couleurs différentes en version vintage, pour un son proche de l’original ou moderne, pour un son plus clean et non filtré. Les couleurs sont : Pristine (intact) / Warm (chaud) / Gritty (rugeux) / Dirty (sale).
Il y a l’effet start-stop du magnétophone qui permet de recréer de effets réalistes et fun d’arrêt de bande à durée variable, calable sur le BPM.
Oversampling : mode render disponible pour moins d’aliasing que le mode studio. On conseille d’opter pour le mode render sur les master plutôt que sur les stems, surtout si tu arrives rapidement à court de CPU.
Stereo Offset permet de créer une légère dispersion panoramique qui amplifie l’effet stéréo.

En plus de ces effets, dans les paramètres avancés se cachent un EQ, un module de calibration et un délai. L’EQ peut être activé avant, après le tape ou en mode emphasis qui s’applique avant le tape puis compense en ajoutant un EQ inversé en fin de chaîne pour maintenir l’équilibre tonal. Le mode calibration ajoute un effet analogique réglable à base d’instabilité et de noise. Le délai est réglable à partir de paramètres classiques (time, feedback, offset) avec des visuels clairs et un filtre très cool.
Un super outil pour rendre un son plus chaud, et ajouter une touche rétro sur une piste ou un master. J’avoue que j’aime bien l’utiliser aussi sur des bus pour créer du liant entre différents layers, ou même sur des sons qui méritent leur petite touche de sale.
Tutoriel: https://youtu.be/z4IMHNQYy_0?si=1WCiprXcIfIowo5m
Mix Drums (Juin 2025)
Il s’agit d’un plug-in tout en un conçu pour, comme son nom l’indique, mixer des batteries. Des fois ils ne faut pas chercher trop loin. Même s’il est à la base pensé pour mixer un bus de drums, il est possible de l’utiliser pour des pistes seules de snare, kick, hats ou percussions par exemple
Il a été réalisé en collaboration avec Emre Ramazanoglu (https://www.emreaudio.com/) : batteur, ingé son et producteur qui a travaillé pour beaucoup d’artistes très connus. L’objectif a été de recréer ses techniques créatives et innovantes de drum processing. Distorsion parallèle, transient shaping, filtrage et clippling, tout y passe pour proposer un outil complet rendu simple d’utilisation. Tu pourras le constater dans les presets, on peut vraiment travailler dans la finesse ou bien transformer totalement le son initial.
Cet outil est un condensé efficace de plusieurs effets. En plus de l’input et output, il se gère selon 4 sections principales, avec chacune ses caractéristiques : LOW / MID-HIGH / SPACE / EQ.

Input Ceilings (1)
Attention à bien régler l’input ceillings pour s’assurer un processing optimal. Les indicateurs verts et rouge sont bien clairs et visuels mais si tu n’es pas sûr, il y a toujours le bouton Auto Set qui assurera le fonctionnement l’outil.
Low (2)
Mix Drums fonctionne en 2 bandes fréquentielles : LOW et MID/HIGH, avec un séparateur réglable entre 30 et 500Hz. La section Low est composée d’un OP AMP 21, inspiré de la pédale de simulation d’ampli à lampes Tech 21 SansAmp (Andrew Barta, 1989).

Elle est aussi équipée d’un shaper pour modifier attack et body, qui permettent de régler la puissance, la clarté et la couleur. Astuce : pour des lows plus présents et percutants : monte le gain, raccourcis l’attaque et baisse le corps. Le contraire est recommandé pour les adoucir.
Mid/High (3)
La section mid/high est composée d’un tape drive (émulateur de magnétophone) avec 4 potentiomètres : drive : distorsion / level : volume / tone : tonalité / tilt : brillance. Suit la distorsion multi modale. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? C’est un saturateur qui propose 3 modèles : analog / digital / waveshaper. Astuce : pour bien capter les nuances rien de tel que de mettre tout à fond et d’écouter ce qu’il se passe en parcourant les modèles.
Space (4)
La section space permet de choisir et régler réverbe ou délai. 4 modes sont disponibles : delay et tape delay, reverb et convo rev.
Convo-quoi ? La convolution est une technique qui vise à traiter le signal entrant de manière à reproduire, avec le plus de réalisme possible, des réflexions dans un espace spécifique : un 2e signal est utilisé en plus de celui de base pour en créer un 3e, en mélangeant les 2. Ici la convo reverb est très complète avec une série d’options réparties en 5 catégories : creative / hall / plate / room / spring, chacune ayant 5 presets ce qui nous fait un total de 25 presets ! Je donne des cours de mathématiques également avec une spécialité en multiplications, jusqu’à la table de 10.
Delay : synchronisable ou non avec le tempo, il y a tout ce qu’il faut pour régler un délai avec une grande précision. Le tape delay est équipé d’un paramètre drive au lieu du fine présent dans le premier.
A savoir que tous les effets sont réglables dans la section Dynamic, qui s’affiche à gauche du visualiseur, après avoir cliqué sur SPACE. Mais jusqu’où vont-ils aller bon sang ?!

3 options de dynamique.
– Ducker : permet de réduire automatiquement le volume de la réverbe ou du délai à partir d’un certain seuil, pour rendre le signal source plus clair
– Tremolo : applique un LFO sur l’espace, selon une onde définie parmi 6 formes d’ondes : les 4 sine/saw/square/triangle plus une pump et ramp.
– Gate : on peut gater (couper de manière plus ou moins abrupte) les effets quand le son atteint le seuil de volume défini.
EQ (5)
La section EQ permet de filtrer et d’ajouter un noise au son afin de texturer l’ensemble. Beaucoup de choix avec 10 types de noise : instrument, interférence, preamps, radio, room, vinyl… et chacun disposant de 2 à 15 presets. Parfait pour les petits crado qui aiment bien salir tout ce qui sonne.
Output (6)
Pas la peine de s’éterniser sur cette section qui affiche simplement le niveau de sortie.

Astuce : clique sur le nom de chaque section pour ouvrir d’autres options !
Points forts : encore une fois, le visualisateur est vraiment pépite. Et le fait d’avoir tout en un permet de n’utiliser presque que le mix drums sur la piste. La fonction SOLO bon sang mais merci Arturia ! On peut entendre avec beaucoup de précision les modifications qu’on apporte. Je soupçonne la personne ayant inventé l’eau tiède d’être à l’origine de la fonction SOLO. A vérifier tout de même.
Tutoriel https://youtu.be/FnelDwzdTak?si=sVPXkcLcs8QHeNgU
Track Breakdown https://www.youtube.com/watch?v=3PAUiLtOvVQ
BUS Transient (Octobre 2025)
Le Transient Shaper d’Arturia, qui permet de contrôler l’attaque et le sustain d’un son. Parfait pour préciser, donner du punch, de la clarté et/ou de la présence. Conçu pour un son ou un bus entier, pour tout type d’instrument.
Si tu n’es pas familier avec le transient et le body :
Transient : pic de départ de ton son, le moment ou il va sonner le plus fort. Il définit donc l’impact de ton son et sa clarté. C’est primordial de les régler précisément pour les sons percussifs de type batteries. Il reste important pour les autres instruments, surtout courts, que ce soit pour les adoucir ou les renforcer.
Body : c’est le corps du son, autrement dit sa consistance, sa puissance. En ajoutant du corps, tu renforce la présence du son, son poids dans le mix. Il existe de nombreuses façons de renforcer le corps d’un son, en ajoutant des couches d’un même son ou d’un son similaire (layering) ou en le compressant par exemple. Ici tu peux très facilement le gérer avec l’option gain.
Chacune des 2 parties se gère indépendamment selon 3 critères : le ton (tone), le volume d’entrée (gain) et l’attaque (time). Très utile pour façonner précisément et accorder chaque son au reste du morceau. En parallèle, il est possible de modifier en multi-bande les critères de volume et attaque : avoir un réglage précis par bande de fréquence low/mid/high. Astuce : on peut passer en bande unique en écartant les mid à droite et à gauche.
Points forts : Le visualisateur est très pratique pour se familiariser avec l’outil. Celui d’Arturia esy bien plus clair que d’autres transient shaper dont je tairai le nom. Le réglage du multi-bandes en fait un atout redoutable, pour bien gérer le mix notamment ! Une vraie réussite qui fait clairement la différence. Plus de détail par ici sur notre article dédié au Transient Shaper qu’on adore
Tutoriel https://youtu.be/b9SsB3964VI?si=CiIrMGC21wSSsT-w
Track Breakdown https://youtu.be/UjLIjQ-MzXc?si=ivFrBN7plJwa46-G
EFX Ambient
Arturia met la barre haute avec un véritable outil de sound-design qui permet de transformer un son en créant un atmosphère à travers mouvement, tonalité et profondeur. Il est proposé sous 6 modes qui définissent le comportement et le caractère de l’effet, avec 2 paramètres principaux, TONE et SPACE.
- Reflect : ajoute des textures évolutives renversées
- Woven : donne effet brillant et chaud
- Siren : crée une résonance texturée
- Organist : génère des harmoniques riches
- Codec : dégrade le son façon Lo-fi
- Sunken : plonge dans une ambiance sombre et deep

La section vraiment intéressante est cachée derrière le bouton Advanced qui est en fait comme une petite boite de pandore qui vous enverrait directement dans une dimension où l’espace temps n’est plus le même.
Ça commence avec les 4 nouveaux boutons qui viennent modifier les paramètres principaux TONE et SPACE, accompagnés des options input filter, predelay et ducking.

L’aventure continue avec 4 modulateurs qui permettent de rendre vivant avec précision le mouvement du son : séquenceur / fonction / aléatoire et enveloppe follower. Chaque modulateur peut se mapper sur une des options disponibles dans l’algorithme choisi.

En fonction du modulateur, le visualisateur inférieur propose encore d’autres options qui vont pousser la personnalisation plus loin, vous permettant de créer des sons complètement fous et uniques, aussi bien pour de la musique à l’image, de musique d’ambiance ou de la musique électronique.
C’est un outil aussi complet que complexe, qui permet de moduler précisément et de manière créative un son pour l’enrichir, le dégrader ou le transformer complètement.
Tutoriel (anglais) https://youtu.be/J5BPXvEAG2E?si=A85vMn1_ONqoeUhU
Pitch Shifter
Arturia s’est attaqué au légendaire H910 Harmonizer de Eventide, le premier processeur audio digital au monde, commercialisé en 1974 et adopté rapidement par quelques-uns des artistes les plus connus : David Bowie, Led Zppelin ou Frank Zappa par exemple. Il a permis avant tout le monde de changer le pitch d’un son sans pour autant l’accélérer ou le ralentir.

Une caractéristique qui paraît évidente aujourd’hui, un peu comme l’eau qui coule dans le robinet me direz-vous. Mais à l’époque c’est clairement une petite révolution.
Il a été émulé dans l’objectif de recréer un son vintage d’époque, à base d’artefacts digitaux imprévisibles, et qui fait une des différences avec un shifter classique.
Un petit tour de ses fonctionnalités en 7 points?

Input et drive (1)
Tu peux gérer le niveau d’entrée et ajouter un peu de drive pour réchauffer la voix ou la faire complètement dérailler.
Shifter (2)
Tu peux modifier la hauteur de ta piste audio avec le Pitch puis équilibrer avec le Formant. C’est lui qui permet notamment d’éviter de rendre la voix trop grave en augmentant le Formant, ou trop aiguë en le baissant. Une fois l’équilibre Pitch-Formant trouvé, tu peux les lier afin qu’ils soient au même ratio, pour l’éternité. La section Mode permet de recréer les glitchs de l’époque pour les nostalgiques. Rassure toi, tu as aussi le droit d’être nostalgique si tu n’étais pas né en 1974.
Pitched delay (3)
Tu vas pouvoir créer un délai avec tous les boutons classiques : feedback, rate sous BPM ou en millisecondes, EQ et offset.
Output (4)
Tu vas gérer ton Dry/Wet ici (part de signal traité vs part de signal non traité) et même pouvoir choisir de sortir plus ou moins de brillance.
MIDI (5)
Tu peux aussi lier ton shifter à une piste MIDI, à la façon d’un vocodeur. Pour ça il faudra aller dans les réglages directement sur ton DAW pour assigner la piste MIDI en question. Pas de panique : s’il n’y a pas de son, créé une nouvelle piste MIDI, programme une note ou un accord, loop et assigne-la à la piste sur laquelle le shifter est utilisé.

Si jamais il y a un tuto ici (anglais) : https://youtu.be/iqEdhHV38XM?si=4qkcSG6mtNDw3a4z
Voice Mode (6)
Avec les modes dual mono et unisson, tu pourras ajouter 2 à 3 voix pour densifier le signal, puis de detuner et élargir (ou resserrer) le signal dans l’espace stéréo. C’est une technique utilisée pour donner plus de couleur et plus de place à la voix.
Vibrato (7)
Tu peux enfin créer du mouvement en modulant un vibrato avec des commandes de vitesse et intensité. Tu peux même créer un effet random avec la fonction Humaniser. Très facile de comprendre ce que tu fais grâce au visualiseur.
Tutoriel (anglais) https://youtu.be/FXXjjd7mUnM?si=wME6lfpLza6YXDVb
Autre vidéo (anglais) https://youtu.be/a7DHocVWTpE?si=2DO-zXPA9kkxVV37
Conclusion
Sans parler de la qualité des plug-ins classiques de la suite Arturia, les petits nouveaux et les outils uniques développés par le Grenoblois sont très innovants et bien pensés. La suite FX6 a vraiment des options réfléchies pour faciliter le travail et optimiser le workflow avec des paramètres poussés, le tout commandé sur des interfaces visuelles simples et efficaces.
Des outils originaux et très addictifs ! Je ne l’ai pas vu venir mais je me suis retrouvé à installer des Mix Drums et des Tape 37 à tous les étages. J’ai aussi passé beaucoup de temps à triturer des sons sur le Ambient. Les Reverb sont également très intéressantes.
Un CPU qui finit parfois en PLS ! Les interfaces d’Arturia sont très belles mais à quel prix ? Il y a certes quelques options qui permettent de réduire l’impact des plugins sur la mémoire vive, comme le bouton Anim ou l’anti-aliasing. Je me demande si une option d’interface simplifiée pourrait être envisageable pour rendre l’utilisation de la suite encore plus efficace. Tu peux éventuellement privilégier les effets lourds sur les bus, ou sur les masters sauf si tu es équipé d’un ordinateur quantique, auquel cas ça devrait aller.
Un prix au m² assez cool même si on est sur un kit à 500€ pour les 39 outils. Petit message à Arturia, on aurait presque envie d’avoir une suite intermédiaire entre Intro et Pro. Ça revient malgré tout à environ 13€ par effet, pas si cher pour une des meilleures suites du marché.
Pour acheter cette belle collection, c’est par ici:
