Techniques de DJing : sélection et organisation des morceaux
Comment construire un DJ set de A à Z ?

Tu souhaites commencer à mixer mais tu te poses des questions sur les bonnes pratiques à adopter ? Comment construire un set et enchaîner les morceaux de la meilleure manière ? Comment satisfaire un public en quête de sensations fortes et d’expériences musicales inédites ? Voici nos meilleurs conseils, glanés au fil des années et de nos nombreux DJ sets, pour t’aider à démarrer du bon pied ! C’est parti !
Sommaire
Introduction

En apparence assez simple, le DJing est une discipline musicale à part entière qui nécessite beaucoup d’entraînement et de pratique. Un bon set requiert avant tout une excellente connaissance de ta collection de morceaux, mais aussi et surtout le savoir-faire nécessaire pour les enchaîner avec goût. Ainsi, il convient de commencer en rappelant que ta sélection de titres et la parfaite connaissance de leur structure seront les premières clés d’un DJ set réussi.
Et pour cause, l’audience ne s’intéresse pas vraiment à l’aspect technique des choses, elle souhaite simplement profiter du moment, sans interruption, grâce à une sélection de qualité, triée sur le volet, et à des transitions musicales fluides et créatives. Donc, si les morceaux qui s’enchaînent ne s’accordent pas correctement, tant d’un point de vue musical que d’un point de vue émotionnel, le résultat risque d’être décevant.
Cela étant dit, les compétences requises à la table de mixage et aux platines ne se limitent pas au maniement des faders. C’était peut-être le cas au début des années 80, lorsque le DJing a commencé à se démocratiser, mais les choses ont bien changé depuis. La raison est simple : les avancées technologiques des platines et des tables de mixage n’ont cessé d’évoluer depuis toutes ces années, en offrant toujours plus de possibilités aux DJ. Des supports musicaux numériques de plus en plus pratiques (CD, clés USB, streaming, cloud), aux effets intégrés de qualité professionnelle (filtre, réverb, délai), en passant par les différents traitements dédiés au remixage en temps réel qui ne cessent de s’améliorer au fil des jours et des mises à jour (timestretching, keylock, synchronisation automatique, séparation des stems, etc.), c’est sans aucun doute la meilleure période de l’histoire pour débuter le DJing et s’épanouir dans cette activité.
Crate digging : l’art de la sélection

Qu’est-ce que le « Crate digging » ? Il s’agit tout simplement de la phase préparatoire d’un DJ set, qui correspond à la recherche des morceaux adéquats qui viendront construire ton set. Le terme anglais « Crate » correspond aux bacs, en plastique ou en bois, dans lesquels sont rangés les vinyles chez les disquaires. Ainsi, le terme « Crate digging » définit le fait de creuser et de parcourir les bacs de vinyles à la recherche de la perle rare et de nouveaux morceaux inédits. C’est un exercice de passion, de patience et de curiosité permanente. Que tu fouilles dans des bacs de disques poussiéreux ou que tu navigues dans les profondeurs du web, l’objectif est le même : trouver ces pépites que les autres DJ n’auront pas.
Mais alors, comment effectuer une recherche efficace ? En premier lieu, n’hésite pas à renforcer ta curiosité et à diversifier tes sources, pour trouver des morceaux originaux qui te permettront de te démarquer et de sortir du lot. Qu’il s’agisse de vieux disques chinés en magasin ou sur eBay, en passant par les plateformes de téléchargement et de streaming, telles que Bandcamp, Discogs, Soundcloud et même YouTube, tout est bon à prendre. Pour te faciliter les choses, utilise des mots clés très spécifiques pour préciser tes besoins, et surtout, prends le temps de regarder les suggestions automatiques générées par les auditeurs·ices qui auraient acheté des morceaux que tu aimes. Comme toujours, prends ton temps et n’hésite pas à explorer la discographie complète d’un label que tu apprécies pour ses qualités sonores, ou alors même les projets moins connus d’un·e producteur·ice encore confidentiel·le. Et naturellement, n’hésite pas non plus à utiliser l’IA pour trouver des morceaux qui s’accorderont bien à ceux que tu possèdes déjà.
Pour faire simple, dès que tu trouves un morceau qui te plaît, ne t’arrête pas là. Consulte les crédits du titre en détail, et utilise ces informations pour te propulser vers de nouvelles découvertes : qui d’autre a signé sur ce label et pourrait avoir produit des morceaux similaires ? Quels remixes sont disponibles pour apporter de la variété à ton set ? Qui sont les véritables producteurs·ices du morceau, ont-il·elles publié d’autres titres ? Etc. En résumé, trouve le plus d’informations possible qui resteront à ta disposition pour que ta quête de pépites sonores puisse continuer, encore et encore.
Analyse des structures et détermination des points Cue

Une fois ces découvertes à portée de main, tu devras organiser ta bibliothèque avec un certain degré de précision, afin de te faciliter la tâche lors de la construction de tes playlists et de ton set. N’oublie pas que pendant la phase de recherche, le piège le plus commun est de survoler les morceaux d’un peu trop loin, en voulant aller trop vite.
Or, pour construire un DJ set de qualité, à la fois cohérent et agréable à écouter, tu dois absolument tester la structure de chaque titre : écoute toujours l’intro, puis le premier drop, le milieu du morceau et surtout l’outro, pour commencer à préparer tes transitions et à définir tes points Cue. C’est une activité chronophage, certes, mais qui offre un double avantage : en plus de renforcer ta collection personnelle, tu gagneras énormément d’expérience en écoutant toujours plus de musique et en analysant toujours plus de titres.
En parlant de points Cue, il s’agit simplement des repères temporels que tu pourras positionner sur tes titres (de manière virtuelle dans ton logiciel DJ ou sur ton contrôleur, mais aussi avec des petits autocollants dédiés sur un vinyle, par exemple) afin de pouvoir accéder très rapidement à la section du morceau qui t’intéresse le plus. Notre conseil est de déterminer un code couleur qui te permettra de t’y retrouver facilement : par exemple, vert pour la première note de l’intro, jaune pour le premier couplet, rouge pour le drop ou le refrain, orange pour le début de l’outre, etc.
Bpm, key, rating et tag : s’organiser pour mieux mixer

Dès que l’analyse de la structure sera effectuée, il sera temps de déterminer les éléments les plus utiles pour organiser ta collection : tempo du titre (bpm), tonalité globale (key), style/genre musical, etc. Ne t’inquiète pas, aujourd’hui, de nombreux outils t’aideront à répertorier ces informations sans te fatiguer. En effet, pour connaître le tempo et la tonalité d’un morceau, tu auras le choix entre différents logiciels dédiés, tels que Mixed In Key (réputé pour sa précision chirurgicale), Serato DJ PRO 4 (un classique du DJing numérique) ou bien encore Rekordbox 7 (dédié aux contrôleurs AlphaTheta), mais aussi Virtual DJ (précis et disponible en version gratuite) et BeaTunes (un outil très complet qui gagne à être plus connu), etc. Tu pourras aussi utiliser des services d’IA en ligne, gratuits et rapides, tels que Tunebat (qui permet de glisser-déposer un fichier audio et d’obtenir les infos en quelques secondes), GetSongBPM (excellent moteur de recherche pour trouver les caractéristiques de millions de titres) et Formasound (qui permet de copier-coller directement un lien YouTube pour obtenir l’analyse sans avoir à télécharger le fichier).
Ensuite, prends le temps de classer et de hiérarchiser tes trouvailles. Commence par noter le type d’énergie qui s’émane du titre, est-ce un morceau de début de set (warm-up), un « banger » absolu que tu joueras au point culminant de ta prestation (peak time), ou un simple outil de transition qui te servira à construire tes enchaînements (tool). Au final, tu auras en main toutes les informations nécessaires pour organiser ta bibliothèque personnelle et construire tes playlists.
Et ce n’est pas tout, les dernières mises à jour des logiciels développés par les plus grands fabricants de matériel DJ (Serato, Rekordbox ou Engine DJ, par exemple) t’offriront la possibilité de répertorier toutes ces données directement avec les fichiers audio concernés, afin de les consulter en temps réel sur ton ordinateur ou ton contrôleur. Tu pourras, par exemple, noter le niveau d’énergie de chaque morceau en utilisant une notation par étoile (star rating), mais aussi ajouter des émojis ou des mots clés (tags) pour retrouver plus rapidement tes fichiers en plein set. Cette logique d’organisation te permettra même de profiter au maximum des récents systèmes de « Smart playlists », disponibles notamment sur les logiciels Rekordbox, Serato ou Traktor. Le concept est simple, ce type de playlist te permettra de créer des dossiers qui s’auto-alimentent selon tes tags : par exemple, une playlist qui regroupe automatiquement tous les morceaux de 125 à 127 ppm, avec une tonalité de do majeur, une note de 4 étoiles et le tag #banger. Pratique !
Conclusion

Nous espérons que cet article t’a plu et qu’il t’a permis de faire tes premiers pas dans l’univers du DJing. Lors de nos prochains articles, nous entrerons de plain-pied dans l’aspect technique d’un set en partageant avec toi nos pratiques favorites : du beatmatching/keymatching entre plusieurs morceaux et même plusieurs DJs (back 2 back), à la création de transitions classiques et originales qui sortent de l’ordinaire, en passant par les meilleures méthodes pour créer des mashups ou des bootlegs de toute pièce, jusqu’à l’emploi des effets numériques en pleine prestation et à l’entretien de ton matériel et de ta collection de disques, etc. En attendant, n’hésite pas à lire ou à relire notre Test du contrôleur DJ autonome Rane System One.
La suite au prochain épisode !
