de  Mix Jagger  |   Ajouter en tant que source préférée sur Google   |  Temps de lecture: 9 min
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Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 2 / vignette
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Pour ce nouvel épisode de notre série consacrée aux techniques de DJing, nous continuons notre exploration des différentes méthodes dédiées aux enchaînements et aux transitions, en nous intéressant de plus près aux effets créatifs dont disposent désormais la quasi-totalité des tables de mixage, contrôleurs et logiciels de mix. C’est parti ! 

Introduction

Lors de notre article précédent, nous nous sommes concentrés sur les bases, à savoir la maîtrise  parfaite du fondu enchaîné et de l’égalisation des basses fréquences. Mais une fois ces principes acquis, tu pourras faire passer tes transitions au niveau supérieur en faisant appel à un ensemble d’effets créatifs beaucoup plus avancés.

Aujourd’hui, en premier lieu, nous aborderons le principe du filtrage créatif, directement hérité de l’univers des synthétiseurs. Ensuite, nous nous intéresserons à l’utilisation des effets temporels, avec un focus particulier sur les délais (parfois appelés « échos » sur le matériel DJ) et les réverbs.

Le filtrage créatif

Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 2 / Le filtrage créatif
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Le filtrage, de par son principe de fonctionnement, est souvent considéré comme le frère jumeau de l’égalisation. Son rôle est très simple : il va te permettre de soustraire progressivement une portion du spectre de fréquences, sans toucher au reste du signal. Or, contrairement à une égalisation classique, qui est presque toujours organisée autour de plusieurs bandes de fréquences strictement délimitées (basse, médium basse, médium aiguë et aiguë), le filtrage soustractif va te permettre de balayer l’ensemble du spectre en un seul geste. Pratique !

Depuis plusieurs années maintenant, c’est vraiment devenu un outil indispensable pour réussir des transitions de qualité, et surtout, beaucoup plus créatives sur le plan artistique qu’une simple égalisation. Tu peux presque considérer ton filtre comme un instrument à part entière qui te permettra d’exprimer tout ton potentiel musical en live.

Les filtres « One Knob »

Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 2 / Les filtres "One Knob"

Or, ça tombe très bien, car de nos jours, quasiment toutes les tables de mixage intègrent un filtre analogique sur chaque canal. Et contrairement aux modèles résonants qu’on retrouve sur la plupart des synthétiseurs, l’écrasante majorité des tables de mixage DJ possèdent un filtre multi­mode non réso­nant à deux pôles (12dB/oct) ou à quatre pôles (24dB/oct), qui combine à la fois les modes coupe-bas et coupe-haut. 

En effet, désormais la plupart des fabricants proposent des poten­tio­mètres bipo­laires qui te permettront de passer progres­si­ve­ment d’une réponse coupe-bas à une réponse coupe-haut en une seule rota­tion (comme c’est le cas sur les modèles Al­pha­Theta tels que le DJM-V10, ou bien encore sur les modèles Allen & Heath issus de la série Xone, entre autres). C’est ce qu’on appelle un filtre « One Knob » (à un seul bouton). 

En pratique : Filter In, Filter Out

Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 2 / En pratique : Filter In, Filter Out

Donc, contrairement à une égalisation classique, souvent considérée comme purement utilitaire et parfois un peu trop rigide, le filtrage apporte une touche artistique que le public adore. Qu’il s’agisse de faire entrer un nouveau morceau dans le mix, d’en superposer deux en même temps, ou bien encore d’en retirer un progressivement, le filtrage est un outil de choix dont tu aurais tort de te priver. Mais alors, en pratique, comment s’en servir pour en tirer le meilleur parti au sein d’un mix ?

L’idée, c’est tout simplement de jouer avec les fréquences de coupure pour croiser tes morceaux. Par exemple, sur le morceau entrant : fais-le monter progressivement en ouvrant le filtre. Tu peux partir d’un morceau étouffé par un filtre coupe-haut, puis libérer progressivement les fréquences médiums et aiguës, ou au contraire, partir d’un morceau filtré en mode coupe-bas, puis libérer progressivement les fréquences médiums et graves. Sur le morceau sortant, le principe est exactement le même, mais inversé : tu peux le faire disparaître progressivement du mix en filtrant les fréquences de ton choix, vers le grave ou vers l’aigu. Facile !

Dans la musique contemporaine, nombreuses sont les artistes qui ont utilisé cet effet précis pour démarrer un morceau, en voici quelques exemples :

Daft Punk – Around The World

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Madonna – Hung Up

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Eric Prydz – Call On Me

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Une chose est sûre, c’est une technique hyper efficace pour créer une sensation de mouvement dans ton set. Les exemples précédents sont simples, mais le but c’est d’expérimenter et de trouver tes propres combinaisons. Attention : une fois que tu auras commencé à jouer avec les filtres, tu ne pourras plus t’en passer !

Les effets temporels

Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 2 / Les effets temporels

Dans le cadre d’un DJ set, les effets temporels seront tes meilleurs alliés pour effectuer des transitions et des enchaînements en douceur, mais aussi pour te sauver la mise en cas de problème. Et pour cause, non seulement ils t’offriront la possibilité de créer des transitions très fluides, mais ils auront aussi pour avantage de t’aider à masquer une éventuelle erreur, comme un beatmatching un peu bancal (avec un décalage rythmique cacophonique entre deux morceaux),  un bug de lecture, ou bien encore pour stopper net un morceau qui ne fonctionne pas sur la piste de danse, sans brusquer les oreilles des auditrices et des auditeurs.

Ainsi, le délai et la réverb (ou une combinaison des deux) sont deux outils de choix que tu devras absolument maîtriser pour apporter une touche de variété à tes prestations. En pratique, tu n’auras qu’à sélectionner le traitement désiré dans la section dédiée de ta table de mixage, de ton contrôleur ou de ton logiciel DJ, puis de t’entraîner à le déclencher au meilleur moment. 

Bien choisir la durée de l’effet

Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 2 / Bien choisir la durée de l'effet

Une multitude d’options s’offrent à toi, mais en ce qui concerne les transitions et les enchaînements, il est de bon ton de commencer avec deux morceaux calés ensemble, puis de déterminer une durée idéale entre les répétitions du délai ou un de temps de déclin synchronisé au tempo pour la réverb. La totalité des algorithmes de délai à disposition sur le matériel DJ proposent une fonction de synchronisation au tempo du set, mais si ton module d’effet ne te permet pas de choisir une division rythmique pour le temps de déclin de la réverb, ne t’inquiète pas, grâce à un calcul très simple, tu pourras trouver la durée qui te convient.

Pour y parvenir, rien de plus facile : une fois que tu auras déterminé le tempo du morceau en cours, commence par calculer la durée en millisecondes d’une noire. Par convenance, nous prendrons comme référence un tempo de 120 bpm et une signature rythmique en 4/4. Ensuite, tu devras diviser 60 000 par le tempo du morceau, soit 60 000 ÷ 120 = 500 millisecondes. Puis, pour obtenir une réverb d’une blanche, il te suffira de multiplier le résultat précédent par deux (500 ms x 2 = 1000 ms, ou 1 s). Multiplie-le encore par deux pour obtenir une réverb d’une ronde, ou d’une mesure entière (1000 ms x 2 = 2000 ms, ou 2 s), etc. 

Si par hasard, ton morceau utilise des divisions rythmiques impaires, tu pourras aussi déterminer le temps de déclin adéquat à l’aide des formules suivantes : durée de la réverb à la noire × 0,667 = valeur ternaire. Par exemple : 500 ms (réverb à la noire pour un tempo de 120 bpm) × 0,667 = 333,5 ms (triolet de noires). Mais encore : durée de la réverb à la noire × 1,5 = valeur pointée. Par exemple : 500 ms (réverb à la noire pour un tempo de 120 bpm) × 1,5 = 750 ms (noire pointée). Comme pour les notes continues (noire, croche, etc.), tu pourras multiplier ou diviser les valeurs ci-dessus par deux jusqu’à obtenir la durée souhaitée.

En pratique : routage Post-Fader, Pre-Fader

Techniques de DJing : enchaînements et transitions - Partie 2 / En pratique : routage Post-Fader, Pre-Fader

En matière de transition, il ne faut pas hésiter à appliquer des durées de réverb beaucoup plus longues que ce que nous avons coutume d’utiliser dans nos sessions de production sur DAW, afin de créer un effet de fondu enchaîné progressif (souvent jusqu’à deux, quatre ou même parfois huit ou seize mesures).

Mais en règle générale, nous te conseillons de te concentrer sur les dernières mesures du morceau sortant : une fois les deux titres calés ensemble, et dès que les quatre ou huit dernières mesures du premier morceau arrivent, augmente progres­si­ve­ment le niveau de l’ef­fet à l’aide du contrôle Dry/Wet. Si ton matériel le permet, pense à sélectionner un routage Post-Fader (après le curseur linéaire) pour tes effets temporels, ainsi, le délai et la réverb persisteront légè­re­ment même si tu coupes le morceau complètement. En revanche, si l’ef­fet est routé avant le curseur alinéaire (Pre-Fader), il suffira d’ar­rê­ter la lecture en gardant le curseur ouvert.

Conclusion

Nous espérons que cet article t’a plu et qu’il t’a permis d’avancer encore un peu plus loin dans l’univers du DJing. Lors de nos prochains épisodes, nous étudierons d’autres méthodes de transitions, beaucoup plus brutales et directes, d’abord le Foreshadowing (le fameux effet d’annonce), puis le Motor-Stop (ou effet Brake) et enfin le Backspin (parfois appelé Spinback ou Pull-Up).

Puis nous mettrons tout ce que nous avons appris jusqu’ici à profit pour entrer de plain-pied dans l’univers de la production musicale grâce au DJing. Remixes, Bootlegs, Mashups, etc. En résumé, toutes les méthodes qui s’offrent à toi pour créer un nouveau morceau en direct (ou en studio) à partir de titres existants. D’ici là, n’hésite pas à lire ou à relire nos articles précédents :

La suite au prochain épisode !

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