de  Naud  | 5,0 / 5,0 |  Temps de lecture: 17 min
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Marre de galérer sur Insta, TikTok et consorts? Tu n’es pas seul·e! Dans cette interview, Sarah d’Algorythmes, débunke tes croyances sur les réseaux sociaux pour t’aider à consolider une stratégie de marketing digitale saine. Non, poster sur les réseaux n’est pas forcément une souffrance… il faut juste bien s’y prendre, respecter tes limites et rendre le processus de création le plus fun possible!

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Les musicien·nes n’ont pas besoin de conseils aujourd’hui… i·elles ont besoin d’aide concrète

Présentation rapide de notre invitée

Enfin un peu d’optimisme, aujourd’hui! Plus j’avance dans ma carrière musicale, moins j’aime les  « donneurs·ses  de conseils théoriques » et plus j’aime ceux et celles qui font des choses concrètes en tandem avec les musicien·nes. À plusieurs, on va plus loin!

Sarah, d’Algorythmes (avec un Y, ce n’est pas une phote de fransé) fait partie de cette deuxième catégorie. J’ai eu le plaisir de la rencontrer et de collaborer avec elle en 2020 sur les bancs d’Arturia où nous avons tou·tes les deux travaillé au département marketing. Déjà très calée en marketing digital à l’époque, Sarah a choisi la voie du freelance et de l’accompagnement des musicien·nes.

instagram Sarah guesser
L’Insta de Sarah, où elle partage toutes ses collabs et distille quelques conseils en plus de ceux de son Insta pro.

D’abord, elle a travaillé trois ans pour la GAM, la guilde des artistes de la musique. Quand j’ai lu guilde, j’ai cru être dans un RPG avec des dragons et des elfes, mais pas du tout. La GAM est un organisme clef que tu te dois (oui j’ai osé souligner en gras, désolé) de connaître en tant que musicien·ne car ce regroupement de professionnel·les de la musique défend tes intérêts en tant qu’ayant droit. Si tu veux t’inscrire, c’est ici. Je le ferai en février, perso!

Mais bref, je digresse. Revenons-en à nos moutons et à Sarah. Ayant adoré le fait de supporter les artistes à la GAM, elle est s’est lancée en freelance pour aider les articles sur les réseaux. « Et du coup, j’ai accompagné aussi plein d’autres artistes dont Rakoon, que je suis depuis plusieurs années. » Le travail au contact des musicien·nes générant de nombreuses idées, Sarah arriva rapidement à Algorythmes, son projet actuel et qui nous a amené à cette entrevue.

« Le but de la plateforme, c’est d’accompagner les artistes à créer une présence sur Internet, à différents leviers de communication digitaux. » m’explique-t-elle au début de notre discussion. Autrement dit et en résumé grossier: comment te promouvoir en ligne efficacement et sans y laisser trop de plumes?

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La page d’accueil d’Algorythmes, le site d’apprentissage de marketing digital pour les musicien·nes fondé par Sarah.

Accompagner des artistes paumé·es face au marketing digital, telle est la mission d’Algorythmes!

Mais pourquoi, cette volonté de nous accompagner sur les réseaux? Et bien, je ne sais pas si tu es comme moi, mais personnellement… je n’ai jamais été à l’aise sur les réseaux sociaux. « Combien de fois dois-je poster par semaine? Quoi poster? Pourquoi mes likes ne montent pas? Dois-je faire de la publicité payante? ». Ces quelques questions illustrent la confusion que j’éprouve et qu’apparemment beaucoup d’autres artistes aussi (ce point de vue est basé sur des années de discussions avec Sarah et de nombreuses personnes de l’industrie).

Sarah résumé cela habilement: « Justement, i·elles ont cette peur de se lancer et de faire n’importe quoi, etc. C’est souvent lié à un manque de confiance et de connaissance. »

Mais, une fois qu’on est conscient de la galère que peuvent être les réseaux pour nous autres artistes, que fait-on? Je te disais dans l’intro de cet article que j’évitais les conseils « théoriques » comme la peste et que je voulais du concret pour aiguiller nos carrières respectives. Ne t’inquiète pas, toutes les sections ci-dessous sont du concret, car Sarah n’est pas avare en conseils et est toujours sur le terrain, au contact de la réalité des musiciennes!

atelier Sarah gaessler
Un des nombreux ateliers animés par Sarah pour former les artistes

Repenser les réseaux sociaux comme quelque chose que tu contrôles et pas que tu subis

Oui, les réseaux sociaux peuvent apparaître comme un gros enjeu pour ta carrière. Ils peuvent être un portfolio qui détaille ta musique, tes valeurs, ton esthétique et… ton succès perçu! Ah, ça y est, je l’ai dit. Mais si tu es attentif·ve, tu verras que j’ai glissé « perçu » derrière « succès ». Ce n’est qu’une perception, pas la réalité des choses. On peut très bien réussir (surtout dans certains styles de musique) avec peu de gens qui nous suivent. Et puis, vaut-il mieux une petite communauté engagée qui grandit avec toi ou beaucoup de gens qui commentent uniquement « 🔥🔥🔥 » sans venir à aucun concert?

Sarah résume parfaitement cet enjeu: « Il y a beaucoup de participants de la filière musicale qui demandent et qui obligent les artistes à communiquer sur internet et notamment sur les réseaux sociaux. « 

Elle analyse aussi les avantages de ces réseaux, car oui, il ne faut pas oublier qu’Insta, TikTok et toute la clique des réseaux restent une opportunité de toucher « gratuitement » des gens que tu n’aurais peut-être jamais rencontrés dans la vie. « C’est le moyen le plus accessible et le plus facile de créer un lien avec sa communauté et de partir à la rencontre de sa future communauté.« 

La vraie difficulté pour les artistes, selon Sarah (et j’avoue grandement partager son avis), est d’aligner ses réseaux sociaux avec ses envies, ses valeurs et son temps disponible.

Elle résumé cet équilibre idéal de la manière suivante: « Comment poster de manière à ce que mon contenu reste aligné à ma démarche et à mon énergie? »

Non, non, il n’y a pas besoin de poster 7 fois par jour sur TikTok.

 « Postez 7 fois par jour! » enchaîne Sarah de manière très ironique, en répondant à une de mes questions en rigolant. En effet, je lui disais que je déplorais que de nombreux community managers, experts marketing en label et autres spécialistes du milieu m’avaient dit au cours de ma carrière que la clef du succès sur les réseaux était de poster « beaucoup et régulièrement ».

Sauf que quand j’essayais, et bien… la qualité du contenu en pâtissait énormément et mon équilibre de vie chutait drastiquement car cette cadence mettait « une pression de produire du contenu » qui ne m’allait pas… d’autant que les résultats n’étaient pas forcément au rendez-vous.

Mais que faire alors, que viser? Dois-tu tout abandonner pour aller vivre dans le Périgord? Oh, la, pas de panique! Il y a un entre deux, que Sarah décrit très bien: « Il faut viser une présence digitale qui soit saine et authentique. Un artiste peut poster 5 fois par jour sur TikTok, si son agenda, ses ressources, physiques ou financières ou mentales lui permettent… mais c’est rarement le cas! Oui, il faut poster régulièrement, mais pas forcément souvent… et surtout il faut poster du contenu qui plaise à l’artistes et qui puisse intéresser ses audiences.« 

Moins, mieux et sans faire ce qu’on n’aime pas! Fini de chasser les tendances sans réfléchir.

tiktok gearnews.fr
Un extrait de notre TikTok. Nous, on ne poste JAMAIS plusieurs fois par jour: il faut se préserver et faire de la qualité sur le long terme.

Amuse-toi et ne rentre pas dans le moule

Et si tu arrêtais de voir les réseaux comme une contrainte pour essayer d’y trouver du fun! Si on est honnête, il y a parfois des phases rébarbatives dans la musique, comme dans n’importe quel métier ou passion: répéter ses gammes, classer ses fichiers audios, enlever les respirations sur un enregistrement de ta voix, faire un Excel pour tes budgets… Tout n’est pas que groove et gloire sur scène!

Et bien les réseaux sociaux c’est pareil, il y a des phases que je trouve super ludiques (livestreams avec la communautés, répondre aux commentaire, filmer le contenu ou réfléchir aux concepts vidéo,…) et d’autres que je n’aime pas du tout (planifier, rédiger des bios, reposter sur d’autres plateformes,…). Il faut donc te concentrer sur les phases que tu aimes et industrialiser les autres (en utilisant des outils de planification simplifié comme celui de Linktr.ee ou autre) pour qu’elles te prennent le moins de temps et d’énergie possibles.

planning de link.tree pour gérer tes réseaux
Plann est une des nombreuses solutions peu onéreuses pour mieux organiser ton travail sur les réseaux sociaux

« La création, c’est là où en général les artistes prennent le plus de fun et ça prend aussi un peu de temps, parce qu’il faut explorer. Et le fun permet de le faut faire des années, bien sûr. Les réseaux sont un marathon pas un sprint. » ajoute Sarah. Et c’est vrai que si on enlève la pression de « plaire/nourrir » l’algorithme ou de devoir réussir dans la seconde, tout va mieux d’un coup.

La musique, aussi beau que soit cet art, doit se gérer comme n’importe quelle carrière… et une carrière, ça prend du temps à construire. Donc donne-toi le temps et réfléchis à des formats que tu aimes faire sur le long terme pour tenir la distance!

« On essaie de te faire un peu rentrer dans un moule. Et ça, c’est vrai que ça peut être difficile parce que ça rend pas forcément fun la création de contenu pour les artistes. » Encore une fois, ce mot: fun (ou amusement en français). Il revient dans le discours de Sarah et doit continuer revenir dans ton projet! Si tu te ne t’amuses pas dans un processus, que tu forces à trop poster ou à poster des choses qui ne te ressemblent pas… à quoi bon! Tu as commencé la musique pour t’amuser, non?

D’autant plus que si tu kiffes, tu produiras à coup sûr de la meilleure musique et du meilleur contenu digital. Ce dernier ne doit d’ailleurs rester qu’une fenêtre sur ta musique et ta personne, et pas l’inverse!

Mets-toi à la place de tes audiences

« Qu’est-ce qui fait qui te fait consommer du contenu sur les réseaux ? Essaie de déconstruire ce qui te plaît pour l’adapter à ton projet. Qu’aimes-tu quand tu composes, quand tu crées? Comment tu peux le partager à ta communauté? » conseille l’accompagnatrice d’artistes.

Concrètement, tu peux créer un petit dossier avec tes contenus préférés pour pouvoir te donner de l’inspiration quand tu feras ton prochain reel. C’est comme ta musique: au début, tes influences seront évidentes mais petit à petit, en t’entraînant, tu trouveras ton ton de parole.

Être organisé·e, la clef pour ne plus subir les réseaux sociaux?

« Mais vraiment, l’organisation, la création de contenus, c’est a minima 70% de la réponse pour tenir le long marathon des réseaux. Si tu n’es pas organisé, en fait, tu vas oublier de communiquer, ou tu vas y passer trop de temps. »

Voilà, tout est dit! Si les réseaux sociaux sont aussi envahissants et épuisants… c’est peut-être que tu ne cadres pas assez leur utilisation. Personnellement, j’ai réduit ma consommation, car ça m’e fatiguait m’épuisait (même si je suis moins les trends du coup…) et j’ai mis dans mon agenda quand filmer, quand préparer mes posts et franchement ça change la vie. Le fait d’être focus sur une seule tâche sur une plage de temps donné te rend plus efficace et utilise moins de charge mentale, à mes yeux du moins.

Et pas besoin d’outils onéreux… un simple Google Calendar ou l’agenda sur ton téléphone gratuit suffit! Si tu aimes les stylos comme moi, un vrai agenda peut faire l’affaire mais c’est moins simple à partager et il ne faut pas l’oublier.

Je ne jure que par Google Calendar pour organiser tous mes RDV, concerts,…

Ne pas oublier les autres canaux: concerts, démarchage,…

Et si les réseaux sociaux n’étaient qu’une partie de ta stratégie?

« Il va aussi y avoir la communication sur le terrain, le fait d’aller démarcher, de booker des salles, de peut-être contacter des medias classiques (radios, journaux,…). » liste l’entrepreneuse. Et attention, ne flippe pas… ça ne veut pas dire que tout doit être traité avec la même intensité mais qu’il faut que tu priorises les tâches selon ce qui sont importantes pour toi.

Mettre toute son énergie sur tes réseaux pour atteindre 1000 ou 10 000 followers, pourquoi pas… mais as-tu une plaquette presse qui présente ton projet clairement en moins de 30 secondes? Ton set d’une heure est-il bien carré? Tu en as une trace vidéo? As-tu déjà rencontré un pro en physique pour réseauter, avoir des conseils ou augmenter tes chances de ne pas finir dans le dossier « spam » de ses mails?

Être musicien·ne, c’est bien plus qu’être créateur de contenu… bien heureusement!

Les réseaux ne sont pas si importants pour tou·tes les artistes

Pour Sarah, les réseaux sociaux doivent être adaptés à tes objectifs de carrière et ce que tu aimes faire musicalement. Tu préfères les petites scènes intimistes et évoluer dans les studios/coulisses de l’industrie? Un gros reach n’est peut-être pas nécessaire. Mais tu veux devenir la prochaine popstar montante de l’hexagone… il va falloir ratisser plus large et travailler ton personnage public presqu’autant que ta musique.

« Sur l’ensemble d’une carrière, le marketing digital et l’importance qu’on va accorder à ce domaine dépendent vraiment des objectifs individuels des artistes. Effectivement, si ton objectif idéal, ta carrière idéale, c’est de faire la tournée des Zéniths, il va falloir brasser du monde et il va falloir qu’il y ait beaucoup de monde qui connaisse ton projet. Si toi, ton rêve, c’est d’avoir un projet à taille humaine qui reste intimiste, avec des espaces d’échange, ce n’est plus du tout la même chose.« 

Le ton et l’énergie que tu mets sur les réseaux est donc directement corrélée à ce que tu veux accomplir avec ton projet. Quel est ton but?

Percer et devenir viral·e, est-ce vraiment si souhaitable que ça?

« Je ne suis pas sûre que ce soit très souhaitable de devenir viral·e. Parce que de tenir une chaîne sur TikTok, après une vidéo virale, de manière pérenne… c’est ultra difficile. Vraiment, ultra difficile! Devenir viral, ça ne peut pas être une finalité. « 

Voilà, on ne peut pas faire plus clair comme réponse. Exploser du jour au lendemain sur les réseaux, ça peut arriver, mais ça reste rare. Et surtout, qu’est-ce que ça amène concrètement… Ces nouveaux followers s’intéressent-ils à ta musique? Comment as-tu percé et avec quel type de contenu? Est-ce qu’être célèbre en ligne va forcément t’amener des concerts si tu n’as pas show prêt, car tu ne fais que tu contenu en ligne? Est-ce que ton prochain reel va ramener autant de monde que le précédent? Beaucoup de questions, de doutes et de pression, pour au final pas grand chose.

Vise plutôt une croissance saine, maîtrisée et en accord avec ton développement en studio et sur scène, des nouveaux abonnés fidèles, engagé·es et intéressé·es par ton art…c’est ça, le vrai graal des réseaux!

Souhaiter devenir viral·e, c’est souvent se mettre en détresse émotionnelle inutilement et créer trop d’enjeux, comme l’explique Sarah:

« La pression arrive souvent quand la musique est le gagne-pain principal de l’artiste et qu’i·elle est un peu dépendant de ses audiences… Ce type d’artistes veut souvent devenir viral·e. Pourtant, je pense que c’est extrêmement risqué de toujours courir derrière la validation des chiffres. »

Je ne peux donc que te conseiller de mettre tes oeufs dans différents paniers, surtout pour tes revenus… moins tu dépendras des réseaux sociaux pour tes rentrées d’argent, moins l’exercice te stressera et plus tu pourras le prendre avec recul.

Arrête de vouloir battre le fameux « algorithme » d’Insta ou de TikTok

« J’ai trouvé la solution pour hacker l’algo d’Insta pour percer. » Ah, ça! Je l’ai entendu des dizaines de fois.

Déjà, pas sûr qu’il existe ce fameux algo, ou du moins pas sûr qu’il puisse être réduit à une formule mathématique facilement changeable et immuable dans le temps. Selon Sarah, le secret ne serait pas de chercher à formater ton contenu (durée, thèmes, cuts…) pour qu’il rentre dans le moule de ce qui « plaît aux gens », mais de simplement être consistant·e et de faire du contenu qui te plaît sur le long terme.

« Après, toutes les micro-optimisations me paraissent inutiles: est-ce qu’on met des hashtags, est-ce qu’il faut que la vidéo fasse plus de 30 secondes? Un compte de qualité a généralement de nombreux formats différents, c’est l’histoire racontée qui compte!« 

Et justement, n’est-ce pas rassurant? C’est comme la musique, ouf! Un bon morceau ne doit pas forcément faire 2:18 minutes avec un premier refrain avant 0:43 minute et un hook en boucle qui arrive dès le départ… Peut-être que c’est vrai pour une frange des musiques commerciales, mais est-ce ce que tu vises?

Et si tu prenais soin de ta santé mentale?

Et pour terminer, si on parlait un peu de bien-être mental! La musique devrait être un des plus beaux des métiers mais j’ai l’impression de constater beaucoup de souffrance dans mon entourage musical. Conserver son équilibre est clef pour avoir une belle carrière… mais aussi une belle vie.

Et les réseaux sociaux peuvent grandement influer sur cet équilibre. Il a été prouvé de nombreuses fois que surconsommer sur les réseaux était un facteur aggravant de dépression.

« La santé mentale liée au digital, c’est un de mes chevaux de bataille ici, dans le sens où on peut très vite tomber dans le piège de l’épuisement lié à la surconsommation des écrans. Sur TikTok, les recommandations de poster plusieurs fois par jour, c’est excessif. Et donc, effectivement, dans cette thématique-là, du côté des artistes, il y a un vrai enjeu émotionnel et une ligne à ne pas franchir!

Voilà, sans prétendre t’avoir donné une masterclass complète sur le marketing digital et comment mieux dompter les réseaux sociaux, j’espère que cette interview avec Sarah d’Algorythmes a pu t’aider à mieux te sentir dans tes pompes et à mieux comprendre comment avoir une présence sur les réseaux plus saine et authentique sur les réseaux. Respecte tes limites et fais-toi plaisir.

Et si tu veux prolonger cet articles et approfondir tes connaissances… je ne peux que te conseiller de prendre directement RDV avec Sarah ici! Elle te conseillera bien mieux que moi.

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algorythmes Sarah gaessler

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