Du contenu vite et bien : 5 tips pour ne pas subir la création de contenu musical en 2026
À l'assaut! On t'apprend comment mieux maîtriser les réseaux sociaux.
Arrête de subir les réseaux sociaux, ou du moins subis-les moins : telle est l’intention de ce petit guide que je t’ai préparé ! Avoir une présence en ligne pour ton projet musical est fortement conseillé en 2026, mais ça ne veut pas non plus dire qu’il ne faut faire que ça ou y laisser son âme. On démystifie ici les idées reçues sur Insta et consorts, mais surtout, on t’aide à créer des astuces pour que ça te pèse moins sur les épaules.
Sommaire
Dans cet article, on parle productivité et plaisir, pas direction artistique. Le but ici est de te faire gagner du temps et de te donner, je l’espère, plus de plaisir dans la création de contenu. Pour un article dédié à la DA, demande-nous en commentaires ! On sera ravi·es de te faire un article dédié.
La création de contenu, plaie n°1 de la musique moderne
« Mais comment tu veux *insérer but professionnel* sans avoir au moins 1 000 (ou 10 000 soyons fou·lles) abonné·es sur Instagram? »
Ah, la, la… que je l’ai entendue un paquet de fois, cette phrase. Que ce soit pour choper des concerts, des interviews, des subventions… tous·tes les professionnel·les de l’industrie sont obnubilé·es par les réseaux sociaux et les streams. Peu importe la qualité de ton travail et de tes sons, tu deviens un numéro, une statistique.
Je vais d’emblée mettre les pieds dans les plats : pour la réussite de ton projet et ta santé mentale et physique, il est crucial que tu te détaches de cette logique que je mentionne ci-dessus. Tu n’es pas tes réseaux sociaux et tu n’es pas juste un nombre de followers et des analytics de vues et d’engagement.
Un projet peut également se défendre dans le monde réel : agacé de ne jamais avoir de réponses quand je démarchais poliment et assidument des salles de concert marseillaises par DM ou mail, j’ai eu de très bons résultats en passant simplement voir les programmateur·rices en physique. Plus les années passent, plus je me rends compte que les réseaux sociaux sont moins importants que ce qu’on ne croit : oui, ils constituent un portfolio fantastique pour résumer ta musique, et oui ils permettent de toucher un autre public que celui que tu connais déjà.
Mais cela reste un canal comme les autres (démarchage, appels, newsletters, YouTube, clips, salons pro, etc.), un moyen de promotion à utiliser, mais à ne pas vénérer de manière exagérée.
Certain·es artistes qui percent ont une personnalité adaptée aux réseaux sociaux, et en font leur focus principal. Mais pour la plupart d’entre nous, être influenceur·se n’est pas le but final. On a déjà beaucoup de tâches à gérer, et animer une communauté ainsi que créer du contenu engageant régulièrement peut être une grande source de stress.
Mais alors, comment produire intelligemment pour Instagram, TikTok et consorts sans passer sa vie à faire ça ? Je te montre !
Créer bien et vite : deux buts irréconciliables?
Le problème de base est que créer du bon contenu est souvent long et qu’en tant qu’artiste, tu as déjà peu de temps. Il faut donc se poser les bonnes questions:
Quelles plateformes te correspondent?
- Tu aimes discuter directement avec ta communauté lors de longs lives comme sur Twitch ?
- Tu aimes monter des vidéos et des carrousels cool qui résument bien ton projet, comme sur Instagram ?
- Tu es plutôt dans le super spontané avec des petites vidéos sur tes sons ou à visée humoristique ? TikTok peut te convenir.

Chaque plateforme a ses codes, ses formats et c’est déjà une bonne idée de commencer avec une ou deux plateformes pour s’échauffer. Laquelle correspond le mieux à tes désirs, ta personnalité et tes compétences techniques ? Choisis-en une et fais les choses bien avant de te lancer à l’assaut d’une autre plateforme… ce sera plus facile et gérable.
Combien de temps peux-tu allouer aux réseaux?
Si tu as un job à côté, (comme rédacteur en chef de gearnews.fr par exemple), il va falloir produire intelligemment pour ne pas t’épuiser. Le contenu devra être plus simple à produire mais pas forcément moins bien (réfléchis toujours à ta narration et à ce que tu racontes à ton auditeur·ice). Ce qui est cool, c’est que si ton job te permet de réinvestir un peu d’argent dans un peu de matériel, tu pourras te démarquer par la qualité de tes reels.
Si tu es totalement libre de ton temps, partir sur du contenu plus régulier ou ambitieux peut être un bon calcul… car la régularité est généralement récompensée sur les réseaux.
Trouve ton équilibre : sois régulier·e, pas acharné·e et fais ce qui te plaît !
Je l’ai déjà dit plus haut: les réseaux sociaux et ton projet musical sont un marathon, pas un sprint. Vois comment poster à intervalles réguliers (mais pas forcément souvent, ça peut être une fois par semaine), comment faire du contenu qui te plaît et que tu es à l’aise de produire.
J’entends souvent des pseudo-coaches expliquer à tout va que « c’est crucial de poster 3x par jour sur TikTok pour nourrir l’algorithme et percer ». Mais ça me semble très peu tenable pour la plupart des artistes qui veulent avoir une vie saine, travailler sur les autres aspects de leur projet et respecter leurs standards de qualité. C’est d’ailleurs le propos que me tenait Sarah de la boîte Algorythmes, spécialisée dans l’accompagnement des musicien·nes qui veulent mieux comprendre le marketing digital. Je t’en dirai plus dans une prochaine interview à paraître.
Donc, on oublie les approches extrêmes et on part sur de bons conseils réalistes ! Let’s go 🙂
Astuce n°1 : industrialiser la production de contenu…
Avoir des méthodes, ça peut te faire gagner un temps fou.
Entre nous, créer du contenu (filmer, s’enregistrer, ect.), n’est pas si horrible que ça. La vraie horreur du processus, c’est qu’on y perd beaucoup de temps et qu’en tant que musicien·ne, on a déjà 27 autres métiers à gérer.
Il faut donc être intelligent·e et organiser ta production de contenu :
- Alloue une plage temps de ta semaine où tu installes proprement ton matériel et shootes tout le contenu d’un coup pour perdre moins de temps
- Créé une liste ou un document avec toutes tes idées (par exemple sur ton téléphone pour compléter dès que l’inspiration vient)
- Trouve ton app/logiciel vidéo ou photo favorite pour créer tes propres modèles (police d’écriture, couleur, etc.) et aller plus vite (j’utilise pour ma part PREQUEL pour rajouter des filtres aisément aux photos et DaVinci Resolve pour les montages vidéos plus sérieux)
- Pareil, tu peux définir des formats récurrents (facecam, reprises, behind-the-scenes…) cohérents avec ton projet que tu pourras répéter de semaine en semaine

Google Calendar, mon ami depuis que je fais de la musique ! Etre bien organisé·e te permet de moins perdre de temps et de moins stresser sur le long terme.
Plus le temps passera, plus tu deviendras naturel·le sur les réseaux et surtout plus efficace ! Finies, les sessions interminables pour finaliser un reel qui fera 7 vues (et demi tout de même !) sur Insta.
Voici une petite sélection personnelle des produits qui m’ont aidé à gagner le plus de temps : le micro Shure MV7+ pour avoir un super son sur mes vidéos smartphone, un trépied pour poser ledit smartphone partout en répète ou encore une softbox pour avoir une super qualité vidéo (l’éclairage est plus important que tout !) même avec un smartphone.
Astuce n°2 : …mais pas tout le temps !
Même si j’ai parlé « d’industrialiser ta production de contenu », ce n’est pas McDonald’s ici : on fait de la bonne cuisine de terroir goûtue et pleine de saveurs ! Si tu fais tout à la chaîne, comme un robot, avec des modèles, des emplois du temps de publication ou autre… ce n’est pas forcément bien non plus. Ça met la pression, ça peut étouffer la créativité ou éroder ton image d’artiste.
Tout est une question de modération. S’organiser, oui ! Mais il faut de la place pour la spontanéité.
Tu as une chanson que tu kiffes ces temps-ci ? Mets ton planning de côté et fais une petite reprise. C’est musical, c’est cool, ça te fera du bien ! Tu as une vu une actu d’un·e artiste ou une news industrie qui t’a interpellé·e ? Parles-en, tout simplement !
À une heure où la technologie déconnecte de plus en plus les gens des uns des autres, tu serais surpris·e de voir à quel point produire du contenu humain et sincère peut te faire du bien et faire du bien à tes audiences.
Bref, reste spontané, fidèle à tes valeurs… et surtout fais ce que tu veux sur les réseaux. Si tu te forces à trop poster, ou à poster du contenu « pour percer », tu risques de te dégoûter, sur le long terme ! C’est un marathon, pas un sprint. Sois régulier·e, mais pas obsédé par une fréquence de publication trop importante.
Astuce n°3 : alterner simple/régulier et ambitieux/peu fréquent
On sous-estime souvent la puissance du “petit contenu” : une mini facecam, un extrait d’une répète, une impro filmée au téléphone, une phrase inspirante sur un visuel simple. Ça ne paye pas toujours en vues, mais ça entretient la relation avec tes audiences. Ça crée un fil rouge. Ça te permet aussi de garder un pied dans les réseaux sans sacrifier 3 jours à chaque publication.
Et même si je dis « que ça ne paye pas toujours en vues » un peu plus haut, j’ai également quelques contre-exemples. À ma modeste échelle (872 abonné·es en ce 31 décembre 2025), j’ai régulièrement de bons engagements avec des carrousels « post-concert », qui permettent aux absent·es de vivre la la vibe de la soirée sans te demander de grosse mise en scène ou moyens de production: tu shootes avant et après de monter sur scène avec ton téléphone et tu demandes 2-3 extraits du live à tes fans (ou ami·es au départ !). Alternativement, tu peux mettre ton téléphone sur trépied pour filmer le concert. N’oublie juste pas d’appuyer sur « enregistrer » !
Voici un exemple de carrousel ci-dessous.
À l’inverse, sortir un contenu plus ambitieux de temps à autre peut vraiment faire du bien à ton image : un clip stylé, une vidéo studio, une captation live de qualité, un mini-docu, une vraie capsule storytelling. Ces contenus là prennent du temps, mais marquent durablement ton image, te différencient et servent de “piliers” à ton univers.
Le combo gagnant que je te conseille donc est :
- du simple mais régulier, pour rester visible et vivant·e
- de l’ambitieux mais moins fréquent, pour installer ton identité artistique
Essaie de penser en “rythme” : un peu comme pour ta setlist. Tous les morceaux ne sont pas censés être des bangers (je faisais cette erreur par le passé) : des morceaux plus calmes, plus longs et plus simples aident aussi à donner du relief à tes hits et permettent à l’audience de respirer et de se connecter à toi. Et bien sur les réseaux c’est pareil ! Il faut différents types de contenu.
Astuce n°4 : avoir le bon équipement et la bonne installation
Pas besoin d’un studio digne de Netflix pour faire du bon contenu. Mais il faut un minimum de confort pour éviter que chaque session devienne un enfer logistique.
L’objectif, c’est que ton setup soit prêt en 2 minutes, chrono. Plus il y a d’étapes avant de créer, et plus tu perds en créativité et en spontanéité. Si c’est épuisant de juste mettre en place ton setup vidéo, comment veux-tu t’amuser et produire du contenu régulièrement ?
Quelques investissements malins (et souvent abordables) :
- Un petit trépied stable (ou un support articulé pour téléphone)
- Une lumière (softbox, ring light… même une fenêtre bien placée fait des miracles)
- Un micro-cravate ou USB pour avoir un son propre quand tu parles
- Un coin “fixe” chez toi : un mur neutre, un rideau sympa, un coin studio rangé… quelque chose que tu n’as pas à installer à chaque fois
- Une app montage simple que tu maîtrises vraiment (CapCut, VN, Premiere Rush, ce que tu veux, mais reste fidèle à une seule pour développer des habitudes)
La vraie ressource à gérer ici, c’est ton énergie mentale : ça doit être simple ! Moins tu passes de temps à tout installer, charger, configurer, et plus tu gardes d’énergie pour être toi, naturel·le, créatif·ve.
Un bon setup n’est pas du luxe : c’est une économie de fatigue. Et ça se verra à l’écran, fais-moi confiance. N’hésite pas si tu veux que je te concocte une petite liste de recommandations de matos supplémentaire ou à petit budget, ce sera avec plaisir.
Astuce n°5 : l’union fait la force
L’erreur classique : vouloir tout faire seul·e. Alors que la musique… est littéralement un sport collectif. Et je me permets d’en parler car j’ai commis cette erreur pendant de nombreuses années. Tu veux produire plus (et mieux) sans y laisser ta santé ? Collabore et sors de ta grotte, tout simplement.
Voici quelques idées simples et efficaces, je l’espère :
- Fais des sessions contenu à deux ou trois artistes. Chacun repart avec plusieurs vidéos, ça booste la motivation, et vous vous filmez entre vous.
- Co-crée avec des potes vidéastes ou photographes. Beaucoup cherchent à enrichir leur portfolio. C’est win-win. Si tu n’as pas ça dans ton entourage, contacte des gens qui se lancent (étudiant·es ou autres), ils peuvent faire des prix très intéressants et te produire du super contenu, tout en t’économisant beaucoup de temps.
- Échange vos idées, vos scripts, vos lieux de tournage, vos tips. Une personne trouve une bonne méthode ? Tout le monde en profite.
J’insiste sur ce dernier point: les musicien·nes ne mettent pas du tout leurs ressources en commun comme ils le devraient. Chacun travaille dans son coin et beaucoup d’énergie commune est perdue ! Encore une fois, l’union fait la force.
Créer seul·e peut être très lourd. Créer ensemble, c’est fun. Et c’est souvent meilleur. Fais juste attention à bien choisir tes collaborations : il faut que les deux personnes soient à l’aise entre elles, que l’organisation soit facile et que musicalement ça marche bien ! Collaborer oui, forcer ou se forcer non.
Astuce bonus importante : aller dans le monde réel
Et oui, ton projet n’existe pas uniquement via les tableaux statistiques de Meta Ads. Heureusement, d’ailleurs. J’ai déjà abordé ce point dans l’intro mais je me permets de repasser une couche !
Ton projet vit avant tout dans les salles, les cafés-concerts, les studios, les rencontres fortuites, les jams improvisées, les discussions avec programmateur·ices, journalistes, DJ, booker·euses… Les réseaux sociaux ne remplaceront jamais le regard d’un·e professionnel·le, un échange avec des fans à la fin d’un concert, ou un gros groove sale avec tes musicien·nes en live.
Beaucoup d’opportunités que j’ai eues ne venaient pas de mes réseaux sociaux : elles venaient d’un démarchage assidu des salles dans ma ville par téléphone, de ma curiosité en parlant à d’autres artistes en jam (et en s’intéressant à leur projet surtout),… tout est possible !
Pour moi, le numérique reste un outil parmi tant d’autres pour amplifier ce que tu as créé et solidifié dans le réel. Rien de plus, rien de moins.
Rappel final : tu es musicien·ne, pas créateur·rice de contenu ! 😌
Petit rappel final, car on a tendance à sur-amplifier l’importance qu’ont les réseaux sociaux dans le développement artistique : tu n’es pas là pour devenir influenceur·se malgré toi, mais bien pour faire de la musique, raconter une histoire et porter ta vision musicale.
Quand tu as commencé la musique, je suis quasi-sûr que tu ne t’es pas dit: « Je veux me lancer dans la musique car mon rêve est de faire 3 TikToks par jour sur les coulisses de mes sons. »
Le contenu doit servir ton art — pas l’inverse. Si tu arrives à publier suffisamment pour rester visible, tout en respectant ton énergie, ton rythme et ton identité artistique… tu as gagné la partie.
Et n’oublie pas que de belles opportunités se cachent aussi dans le monde réel : aller voir des salles et des professionnel·les en physique peut-être parfait bien plus payant que de s’épuiser sur la création de contenu. Ta carrière doit rester une source de plaisir, ne l’oublie pas !
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