Pigments 7: le test de l’update gratuit du plugin synthé incontournable d’Arturia
Pigments 7: un gros lot de nouveautés pour une MAJ gratuite!
Ah, Pigments… je l’utilise depuis 2019 sur toutes mes productions depuis la version 2. Un synthé plugin polyvalent, impossible à faire sonner « faux », à l’interface exemplaire et aux fonctionnalités déjà très, très riches. Je me demandais donc si une septième version arriverait à me surprendre mais, force est d’avouer qu’Arturia a vraiment bien fait les choses avec Pigments 7!
Sommaire

Pigments: un rythme de mise à jour effréné!
Je ne vais pas te le cacher, j’ai travaillé chez Arturia pendant deux ans, de 2020 à 2022. Je connais bien et possède plusieurs produits de la marque (surtout en software), que je trouve très souvent pertinents et bien adaptés aux budgets et aux besoins des musicien·nes. Un peu comme le Novation Launch Control XL 3 que j’ai testé il y a peu (désolé de ce placement produit!).
Pour info, deux ans chez Arturia, cela équivaut à peu près à 77 sorties hardware, 12 mises à jour software gratuites majeures et 34 nouveaux plugins. Blague à part, je ne suis pas loin de la vérité! Dans le cas de Pigments 7, il a été mis à jour chaque année gratuitement, avec de nouveaux moteurs, effets, interfaces, sons et bien plus. Bravo au chef·fe produit de la bête, il·elle n’a pas chômé! 😉
Petit à petit, Pigments est passé de challenger (de Serum et consorts) à alternative parfaitement légitime, crédible et au rapport qualité prix imbattable. On trouve Pigments et ses presets partout en pop, musiques électroniques, cinématiques et autres depuis des années. Un incontournable!
Mais comment arriver à faire encore grandir un si chouette plugin sans le rendre tentaculaire ou trop complexe. On t’explique la masterclass de mise à jour gratuite donnée par Arturia avec cette version 7.
Plus de productivité et moins de CPU au menu
Oui, tu commences à me connaître. Je pourrais parler du son en premier, c’est le plus important pour nous autres compositeur·rices, non? Mais dans mes nombreux chevaux de bataille, il y a le temps disponible des musicien·nes. Dans une industrie impitoyable où l’artiste doit assumer 700 métiers et gérer une économie extrêmement dure et inégalitaire, on a besoin d’outils fiables, efficaces et adaptés à tous les budgets.
C’est déjà ce qu’était Pigments depuis quelques versions (depuis qu’il a la vue Play et une consommation de CPU réduite), mais la version 7 améliore encore ces deux points.

J’ai multiplié les instances de Pigments et franchement le gain de performance est notable. Déjà assez efficient par le passé, on peut maintenant encore pousser la bête. C’est vraiment génial pour gagner du confort en sound design ou juste si tu as un PC peu puissant. Pigments réagit bien à la polyphonie et même sur des patches relativement complexes, il reste raisonnable sur mon MacBook Pro 14″ M2 de 2023.
La nouvelle vue « Play » est encore plus rangée: tout est clair, le code couleur respire et les nouvelles animations sont très sympathiques même si un peu gimmicks. Pas de révolution ici, mais des améliorations notables. On va juste dire que c’est le serpent qui se mord la queue: en passant de la nouvelle vue Play à Synth, on est paradoxalement un peu plus étouffé par le nombre de knobs et de sections de la vue détaillée que par le passé. Mais ne boudons pas notre plaisir, peut-être qu’un peu d’épuration sur la GUI de la vue principale est prévu pour la version 8? Ça reste efficace mais très, très compact.

De nouveaux effets énervés
J’ai regardé la démo officielle (ci-dessous) d’Arturia avant de me plonger dans la bête et les sons entendus avaient tendance à « brailler » (dans le bon sens, hein!): de la résonance, des distos vraiment audibles, des sons très percussifs… on voit la volonté des Grenoblois·es d’encore plus venir challenger Serum sur ses terres avec Pigments 7. Allons explorer ces sons pas contents!
Cette orientation est clairement visible dans trois fonctionnalités amenées par Pigments 7.
D’abord, le nouveau filtre Rage. Avec un nom comme ça, sonne-t-il doux, à ton avis? J’y ai senti une forte inspiration venant de Roar, le filtre natif d’Ableton: c’est une de mes distorsions multi-bande préférées. La grosse particularité de Rage est qu’il possède 5 couleurs différentes (diode, softclip, tape, transistor, diode) mais surtout un potard éponyme (nommé Rage donc) qui permet de rajouter de la distorsion sur la boucle de feedback propre à ce filtre. C’est excellent, ça part très vite en sucette et les fans de bass music vont adorer. Pas de dentelle ici, juste du gros sons abrasif et qui sort dans tes mixes.
Numéro deux de la liste, le filtre Ripple, spécialisé dans les sons résonants et de « lasers », dixit le communiqué de presse d’Arturia. Basé sur un décalage de phase entre différentes fréquences de filtrage et des pics de résonance généreuses, ce filtre va vite ressortir dans tes mixes et sera un allié parfait du séquenceur de Pigments pour créer des séquences acides! Il sonne très bien et est très reconnaissable.
Et pour compléter la trilogie de Pigments 7, l’effet (Giorgio) Corroder. Si ton anglais est fatchigué, voici une traduction de la définition terme to corrode, basée sur le dictionnaire Oxford (on ne rigole pas avec la langue chez gearnews.fr): « détruire ou endommager (métal, pierre ou autres matériaux) lentement par action chimique. »
Vu le champs lexical utilisé, ça devrait sonner très violent, non? Et bien, dans les faits… l’effet est plutôt versatile. Tu choisis une fréquence donnée, tu gères ton dry/wet et tu ajoutes divers paramètres de distorsion à cette fréquence donnée (drive, largeur stereo, modulation FM, forme de la modulation, bruit,…). Extrêmement pratique pour faire ressortir une fréquence et/ou texturer ton son sans déséquilibrer tout le signal. Évidemment, cette effet va du subtil (pour mixer) à une annihilation totale de la bande choisie. On adore!
En bonus, on trouve aussi un nouveau filtre sur la réverbération, pratique pour nettoyer tes mixes sans plugin additionnel, ainsi que des enveloppes offrants des timings (réglages temps de tes paramètres) plus extrêmes pour aller chercher de l’attaque ou des releases très, très secs. Parfait pour des musiques qui cassent des genoux sur le dancefloor.
Beaucoup de nouveaux sons gratuits et payants
« Y sont oùùùùù, les nouveaux presets? ». Et oui, même si j’adore plonger dans les entrailles de nombreux synthés, je dois confesser que j’aime les presets. Voilà, c’est dit et je n’en ai pas honte. Oui, le sound design, c’est génial mais franchement pour composer rapidement, faire une esquisse ou trouver un son pour tes lives… c’est si pratique! Et rappelle-toi qu’en modifiant un peu tes presets, tu peux déjà leur donner beaucoup de personnalité. Sois curieux·se et ne t’arrête pas à ce qu’on te propose. Modifie, triture, explore et amuse-toi.
150 nouveaux presets gratuits, 50 tables d’onde, 30 samples, et 20 bruits différents… on est vraiment gâté·es, ici! Si ça ne te suffit pas, un pack de 450 presets (axé bass music, trap et IDM) est dispo sur le sound store Arturia pour 89€.
Bonne exploration sonore à toi!
Des tutorials pour mieux comprendre la synthèse
Enseigner est une de mes passions! J’estime que plus on aide les musicien·nes à prendre en main de nouveaux outils, plus la qualité globale de la musique qu’on écoute en bénéficie.
À cet effet, Arturia a intelligemment rajouté des tutorials pour t’apprendre à créer tes propres sons. Tous les plugins de la marque possèdent déjà des tutoriels pour apprendre à utiliser leurs fonctionnalités depuis 4-5 ans mais là, c’est un autre pas. Si tu veux apprendre comment faire des stabs EDM ou une grosse basse UK wobble, tu disposes de 15 tutoriels pas à pas, directement dans Pigments.
C’est génial, car même si ces sons spécifiques ne t’intéressent pas, faire les tutoriels te permettra de comprendre comment sculpter n’importe quel son, en empruntant les méthodes de ces tutoriels pour faire tes propres presets. Personnellement, je vais suivre tous ces tutoriels pour rafraîchir mes connaissances.

Conclusion: une mise à jour gratuite généreuse et très musicale pour un plugin déjà au sommet
Quand un update est gratuit, il est très difficile de le critiquer. Quand de surcroît, cet update est vraiment riche, généreux et musical… ça devient carrément impossible.
Sons gratuits, nouveaux effets barrés, charge processeur réduite, vue Play efficace, tutoriels: Pigments était déjà un synthé très mature et polyvalent, mais là il franchit encore un cap. On aimerait des updates comme ça sur tous les produits.
À 199€ (hors soldes!), Pigments est juste imbattable sur son segment de synthé-tout-en-un. Bravo, Arturia!
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